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18 Dec 2009
Message : Paul Biya, l'avocat du Bassin du Congo

Le chef de l'Etat camerounais a plaidé pour des financements en faveur de ce patrimoine mondial.

Arrivé hier en début d'après-midi à Copenhague, le président de la République au cœur de nombreuses concertations à différents niveaux en marge des travaux de la 15e conférence des Nations unies sur le changement climatique (Cop 15), a été introduit à la tribune à 16h50, jeudi, 17 décembre 2009. Dans son costume sombre assorti d'une chemise blanche et d'une cravate à rayures, Paul Biya est intervenu après le tonnerre d'applaudissements qui a suivi l'adresse du président français, Nicola Sarkozy qui a dit à l'assemblée que "l'échec est interdit et impensable à Copenhague".

Dans son propos, le chef de l'Etat, Paul Biya qui a enfin mis en place deux jours plus tôt l'Observatoire national du changement climatique, promis au monde sur la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies le 24 septembre 2007, a fait part à l'assistance des impacts visibles du changement climatique en Afrique au Sud du Sahara. A côté de la désertification, le chef de l'Etat camerounais cite la raréfaction de l'eau, les migrations des populations accablées par "les effets dévastateurs du changement climatique", la perturbation de l'activité et la fragilité des conditions de vie des populations.

Au Cameroun, notamment au Nord du pays, "la détérioration de la qualité de vie des populations s'en ressent", a-t-il relevé. Et de poursuivre que "la production agricole déjà affectée, baisse drastiquement. L'activité pastorale n'est guère mieux lotie. La désertification s'accélère et devrait s'amplifier à en croire des études récentes". L'assèchement des eaux dans les principaux cours d'eau s'intensifie. Le changement climatique au Cameroun perturbe donc durablement divers secteurs de la production économique, a soutenu Paul Biya.
Face à ces réalités cruellement vécues par les populations, "le Cameroun a mis en place des mesures pour y faire face. C'est ainsi qu'un plan national de l'Environnement a été élaboré.

Le Cameroun a, en outre mis sur pied un plan sectoriel et un plan national de lutte contre la désertification", a indiqué Paul Biya qui a rappelé que son pays a par ailleurs pris part à l'ensemble des concertations internationales sur les grandes questions de l'environnement. Le chef de l'Etat cite à cet effet Rio, Kyoto et surtout les Assemblées des Nations unies sur le changement climatique. A chaque fois, le pays "s'est inscrit dans droite ligne des engagements internationaux". D'où ses attentes vis-à-vis de "cette cruciale conférence sur le changement climatique". Et elles se déclinent en des financements dont les pays sous-développés sont en droit d'attendre des pays industrialisés. Il s'agit également d'accompagner les pays du sud dans leur effort d'atténuation d'impact du changement climatique. De même que le Nord doit aider le sud à accéder aux technologies moins polluantes. Car, l'Afrique n'a pas participé à la destruction. Elle ne participe que très faiblement à la pollution de la planète", lance Paul Biya qui a surtout renouveler l'urgence de d'aide à la protection du Bassin du Congo.

Le deuxième plus grand massif forestier tropical de la planète après celui du bassin de l'Amazonie, attend de ce point de vue des financements. Car, les pays du Bassin du Congo consentent à d'énormes sacrifices pour la préservation de ce patrimoine mondial. Paul Biya rejoint de ce point de vue, l'appel de Nicolas Sarkozy hier lors du "déjeuner de travail" qui les a réunis à Paris. "Les efforts consentis par les pays du bassin du Congo pour protéger leurs forêts devraient être reconnus, soutenus et récompensés d'une manière juste et équitable", alors martelé le président français qui promis de soutenir les pays concernés et de plaider cette cause auprès des autres leaders du monde industrialisé.

Il s'agit notamment d'obtenir des financements appropriés et consistants pour le renforcement des capacités, la participation efficace au marché du carbone et la mise en œuvre des programmes d'adaptation au changement climatique. Il s'agit notamment de compenser les sacrifices à consentir par les peuples des pays de l'Afrique centrale. Paul Biya qui a été suivi à la tribune par le Tchadien, Idriss Deby, a aussitôt quitté la salle des travaux et probablement le Bella Center pour différentes consultations en coulisses. Un peu comme Nicolas Sarkozy parti pour une réunion de travail et avant une autre conférence de presse dans un hôtel du centre ville de Copenhague.

Léger Ntiga, à Copenhague

   
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