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Avenir

08 Feb 2010
Germain Salla : L’enseignant qui rêvait de devenir prêtre

Outre l’Institut des matières premières dont il est le promoteur, il enseigne dans plusieurs écoles supérieures de Douala.

Son projet de mettre sur pied l’Institut des matières premières (Imp), une école supérieure qui forme sur la nature, la qualité et le comportement sur le marché international des produits de base non élaborés issus d’opérations d’extraction, de distillation ou de récolte, Germain Salla le tient des remarques effectuées durant ses années d’enseignement. Après avoir longtemps observé le travail effectué par une poignée d’étudiants dans leurs rapports de stages, le promoteur de l’Imp s’est dit qu’il était temps d’agir, surtout pour cet amateur du commerce international qu’il aime tant. Avec aisance et beaucoup d’assurance, il justifie sa motivation par le fait que ce sont les enseignements qu’il dispense sur le commerce international depuis 2004 dans les cycles Bts qui ont été le déclic.

«Je me suis rendu compte qu’il y avait une pénurie d’informations dans le domaine, et qu’il fallait combler le vide à temps. Surtout, il fallait intéresser davantage les étudiants qui, d’ailleurs, effectuent très peu de rapports dans le domaine», avoue-t-il.
Ce titulaire d’un diplôme d’étude professionnelle approfondi (Depa) en gestion internationale du commerce extérieur, obtenu à l’Ecole supérieure des Sciences économiques et commerciales (Essec) de Douala, ainsi que d’une maîtrise en Droit des affaires, rassure que tout jeune, il souhaitait devenir prêtre, pour répondre à vœux de sa mère. Puis, il avait vu sa carrière s’orienter vers une profession d’avocat, après sa sortie de l’école. Métier qu’il avait «juste côtoyé» comme stagiaire dans un cabinet. Las d’attendre, le jeune Salla va tenter de s’engager pour son propre compte.

C’est alors que l’idée lui vient de créer Bureau Emploi, un cabinet de placement du personnel temporaire. Mais auparavant, la volonté débordante de s’occuper l’avait déjà obligé, avec la collaboration de quelques amis, de mettre sur pied Africa Pure, un magazine gratuit qui a fait long feu.
Cependant, ce fils de Bikalla, village de l’arrondissement de Lolodorf, dans le département de l’Océan, est à ce jour partagé dans ses multiples activités, qui tournent autour de la formation, tant académique que professionnelle. Celui qui enseigne depuis cinq ans déjà à l’Institut supérieur de Management (Isma) est aujourd’hui enrôlé pour le même travail par l’Institut supérieur de tourisme, des arts et métiers (Istam), par l’Institut supérieur de technologie et du design industriel (Istdi) et bien d’autres.

Pour ce père de deux enfants, amateur de musique et de lecture, il est toujours important de prendre la vie avec beaucoup de philosophie chaque fois qu’on s’engage dans un travail. Parce que, dit-il; «on se rend compte qu’on a un peu plus de responsabilité. Qu’on ne peut plus faire marche en arrière et on se doit de doubler d’effort pour satisfaire les partenaires et les étudiants qui ont placé leur confiance en nous. On n’a plus droit à l’erreur et là, il faut respecter les engagements pris…», tranche-il. Pour arriver à réaliser son projet de création de l’Ipm, M. Salla indique avoir consacré beaucoup de temps. «Nous nous sommes donnés la peine d’en faire un projet en rédigeant de prime à bord un plan d’affaire, qui définit les contours que nous respectons jusqu’ici, bien qu’avec quelques difficultés», soutient-il.

Wilfried Joël Tankeu (Stagiaire)

   
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