08 Feb 2010
Au tableau : De l’emploi des jeunes
Le 04 février 2006, le Service œcuménique pour la paix (Sep), lançait en collaboration avec les Réseaux de Dsrp-jeunesse, un plaidoyer pour l’emploi des jeunes. Pour ces deux entités, le chômage comme le sous-emploi «donne naissance à une véritable calamité nationale qui a pour nom la pauvreté». Et la mal-vie dont il était question, continue comme il y a quatre ans d’entraîner ce que l'on appelle la subsistance. Une indigence qui a généré l'esprit de subsistance, devenu le stimulus d’un ensemble de comportements auto destructeurs dont les plus dangereux pour la survie de l'individu en quête de survie, sont la tendance à consommer ses semences et à accaparer de tout. Y compris des biens communs.
A cause de défaut d’emploi, et du chômage endémique, la peur de périr de manque ou de l'insuffisance s’est emparée, on dirait de l’ensemble de la jeunesse camerounaise. Au point que «détruire pour empêcher d'autres personnes de jouir d'un bien qu'il convoite et chercher à s'en accaparer, se substituer à une action initiée par autrui afin d'obtenir le bénéfice même hypothétique, faire obstacle à toute action non organisée autour des bénéfices propres». Ainsi vit-on dans le Cameroun d’aujourd’hui. Est-ce également ceci que le chef de l’Etat, Paul Biya appelle «inertie»? Difficile de répondre à cette interrogation. Toujours est-il que les problèmes liés à l'emploi des jeunes continuent de s'étendre tant dans les pays industrialisés que dans les pays en développement, avec un nombre toujours plus élevé de jeunes femmes et de jeunes hommes exposés au chômage ou cantonnés dans des emplois précaires, temporaires ou de mauvaise qualité. Les jeunes issus de groupes sociaux défavorisés sont particulièrement touchés, perpétuant ainsi le cercle vicieux de la pauvreté et de l'exclusion sociale.
Dans les pays en développement et singulièrement au Cameroun où le diplôme ne garantie pas automatiquement un emploi conséquent, le problème se pose davantage en termes de sous-emploi et de travail mal rémunéré ou médiocre dans le secteur informel. Le pays qui fait ainsi face à une forte croissance démographique depuis les indépendances compte par ailleurs, une population camerounaise est essentiellement jeune: Environ deux tiers de la population camerounaise est âgé de moins de 25 ans. La moitié de ces jeunes participe au marché du travail, tandis que les autres sont soit inactifs, soit encore scolarisés. La population active jeune représente près de 20% de la population active totale. Depuis lors, l'analyse du marché du travail des jeunes au Cameroun révèle des situations préoccupantes aussi bien pour ceux en activité que pour ceux en situation de chômage. En effet, l'environnement économique qui est redevenu favorable (en terme de croissance économique) ne produit pas encore les effets attendus sur le marché du travail.
Les mécanismes de répercussion des fruits de la croissance sont bloqués par le système administratif et politique. La volonté politique de placer la problématique de l'emploi en général et de l'emploi des jeunes en particulier au coeur de la problématique de développement est encore faible. Comme le relevaient les auteurs du plaidoyer en 2006, les procédures administratives, l'environnement juridique, le cadre réglementaire ne sont toujours pas favorables au développement de certains secteurs économiques potentiellement sources de création des emplois nouveaux. Par ailleurs, l'insertion professionnelle, comme période d'entrée dans la vie active, comme processus de transition de la scolarité vers l'activité, s'est fortement allongée et complexifiée sous l'effet conjugué de plusieurs facteurs: Diminution des emplois, fort recul des investissements, multiplication des formes de chômage de longue durée pour les primo demandeurs d'emploi, précarité de l'emploi dans le secteur informel en pleine expansion, inadéquation entre formation et emploi. Des réalités toujours en vigueur en cette veille de la 44e fête nationale de la jeunesse.
Par Léger Ntiga
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