08 Feb 2010
Université : L’homme n’est rien sans son bord
De plus en plus d’étudiants se livrent à la tricherie en milieu universitaire pour valider les unités d’enseignement.
Ngoa Ekellé. Il est environ 10h du matin en ce mardi 5 janvier 2010 au campus de l’université de Yaoundé I. Les étudiants de cette institution académique reprennent à peine les cours après la pause de Noël. Ils campent dans les salles de cours, sur les esplanades des amphis et couloirs de la faculté des arts, lettres et sciences humaines. L’air concentré et le regard bien fixé sur les documents qu’ils tiennent à bouts de bras, on voit bien qu’ils sont en pleine révision. Les examens de fin de premier semestre approchent à grands pas. Ils auront lieu à partir du 15 février prochain. Devant l’amphithéâtre 300, les visages épanouis, des étudiants se racontent les potins des fêtes de fin d’années et ne semblent guère inquiétés par la question des examens de fin du premier semestre.
Parlant de la tricherie, Gérard Ebodé, étudiant à l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic), niveau 3 indique : «Dans le monde académique, il y a en qui passe par cette voie pour arriver à leur fin et un meilleur résultat académique. Pour ce fait, ils utilisent généralement plusieurs méthodes qui passent par des coups d’œil directement sur la copie du voisin. D’autres font des cartouches préalablement préparées chez eux qu’ils sortent pendant l’épreuve».
Un autre étudiant semble plutôt porter le doigt accusateur sur les jeunes filles sont dit-il, «les déesses de la tricherie». «Elles se servent souvent de leur lotus sur lequel, elles écrivent le condensé du cours et à l’heure de l’épreuve, elles le sorte et font semblant de se moucher alors qu’elles y jettent des coups d’œil. D’autres, quant à elles, écrivent l’intégralité du cours sur leurs cuisses et s’arrangent à porter des minijupes qu’elles soulèvent de temps en temps pour lire», raconte Oscar Djeudji, étudiant en philosophie. A quelques encablures de l’Institut Siantou supérieur au quartier dit ancien cami Toyota, les étudiants ne semblent pas surpris par le phénomène de la tricherie dans ce milieu puisque certains expliquent que cela relève généralement de la paresse. «Il y’en a qui ne prennent pas la peine de lire leur cours pendant les vacances et lors des examens, ils se retrouvent coincés et n’ont plus d’autres choix que de tricher », explique julienne Matip, étudiante en communication d’entreprise à l’Institut Siantou.
Enseignants Selon Antoine Beauvard, président des étudiants de la faculté des arts, lettres et sciences humaines de Yaoundé I, les causes du phénomène de la tricherie dans nos universités sont de plusieurs ordres : «il y a d’abord, la facilité en ce qui concerne l’étudiant qui veux tout avoir, sans toutefois souffrir, pour lui c’est plus facile d’avoir une cartouche préparée d’avance pour retranscrire le cours, il y a également les conditions d’évaluations des étudiants qui sont de tel enceinte qu’on ne peux ne pas tricher, car voyez-vous, lorsqu’on évalue 1500 étudiants dans un amphi de 100 places, a quoi s’attend t-on ?, les étudiants sont assis les uns sur les autres et toutes les conditions sont réunies pour permettre aux étudiants de tricher, il y a enfin le phénomène d’annotation il est difficile à l’université d’ avoir la mention, tout donne l’impression que quoi qu’on fasse ou dise dans nos copies, cela ne sera pas accepté par le professeur, donc certains préfèrent retranscrire fidèlement le cours au professeur», a t-il expliqué. D’après Vivien Njoungui, étudiant en lettres modernes françaises, «l’étudiant a un manque de confiance en lui-même, et cela s’explique aussi par le fait que les enseignants demandent aux étudiants d’acheter les cours, que ceux-ci n’expliquent pas bien et à la fin l’étudiant a des difficultés de compréhension».
Georges Alain Boyomo et Carine Marthe Guiliyack (Stagiaire)
|