09 Feb 2010
Regard : Le serpent se mord la queue
Le personnel administratif des universités d’Etat refait donc parler de la grève dans ce milieu jadis présenté par un ministre de la République, Titus Edzoa, pour ne pas le citer, comme clos. Cette fois, il ne s’agissait pas des étudiants. Encore moins de leurs enseignants. Mais du personnel dit d’appui. Un débrayage qui était annoncé au moins depuis le mois de décembre si l’on s’en tient aux différents échanges de correspondances entre, d’une part, les syndicats et le président de la Conférence des chefs des institutions universitaires d’une part, le ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup) et les syndicats d’autre part.
Le mouvement était d’autant plus attendu que le personnel de l’université de Buéa a annoncé les couleurs au tout début de l’année. Mais davantage parce que le président du syndicat desdits «personnels d’appui» a remis en main propre le préavis de grève au Minesup lors de la cérémonie de présentation des vœux, le 28 janvier 2010. Le même jour, Jacques Fame Ndongo a pris langue avec la direction du syndicat pour une tentative d’examen des revendications de cette catégorie du personnel des universités d’Etat. Le conclave qui s’est tenu le lendemain 29 janvier s’est soldé par un échec. D’où le mot d’ordre maintenu dont l’application a été effective hier dans toutes les six institutions universitaires ciblées. Si l’on peut saluer la réaction de la direction de l’Université au Cameroun pour sa mobilisation prompte à travers la réunion, à l’université de Yaoundé II d’une session extraordinaire de la Conférence des chefs des institutions universitaires, il est surtout à encourager la volonté de désamorcer la bombe qui a permis une rencontre entre les chefs des universités et la direction des syndicats.
Seulement, comme très souvent et notamment avec l’actuel management du pays, on ne peut ne pas déplorer la tentative de détournement de l’attention orchestrée par le ministre Fame Ndongo qui a entrepris de rendre publique, le même jour, la grille de répartition des aides accordées par le chef de l’Etat aux étudiants. Une démarche qui consiste à ne faire dire aux médias d’Etat que cette «marque de sollicitude du président de la République». Or, dans le même temps, des responsables de l’institution universitaire camerounaise crient leur ras-le-bol. Ils veulent notamment un statut particulier et une convention collective devant améliorer leurs conditions de vie et de travail. L’arrêt de travail observé hier, même s’il ne se poursuit pas comme prévu pendant les deux prochains jours, a ceci de positif qu’il a réussi à attirer l’attention. Bien plus, il donne aux syndicats de rester éveillés. D’ailleurs, ils souhaitent que leurs revendications trouvent des solutions idoines au plus tard le 28 février. Et ce n’est pas un fait du hasard. Les galops d’essai auront débuté. Une quadrature de cercle en perspective.
Léger Ntiga
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