09 Feb 2010
Douala : Lundi sombre à l’université
Les conditions de travail et le statut du personnel administratif à l’origine de la grève.
Les attroupements d’enseignants devant le bureau du recteur de l’université de Douala ne sont pas passés inaperçus hier en matinée. De part et d’autre de la cour, sur les espaces verts, l’on pouvait voir un groupe de cadres de l’administration, impatients d’en savoir un peu plus sur ces attroupements. La curiosité était d’autant plus aiguisée que certains bureaux administratifs étaient hermétiquement fermés. Impossible pour certains étudiants de retirer ou de valider leur quitus de paiement des droits universitaires hier lundi à l’Université de Douala. Et même si certaines facultés ont continué de dispenser des cours, la grève était perceptible. Pendant que les épreuves des différents examens de fin du premier semestre se poursuivent dans le calme, une partie du personnel, appelé «personnel d’appui», observait un débrayage.
Les grévistes ont déclaré qu’ils revendiquent la clarification de leur situation en tant que personnel administratif. «Nous ne sommes pas ici pour faire la guerre. Nous n’avons pas de statut et travaillons dans des conditions précaires. Notre souhait est que notre convention des personnels d’appui des universités d’Etat du Cameroun, qui l’ont à leur tour soumise à l’attention de notre hiérarchie, soit signée», a expliqué un délégué. Les réclamations tournent ainsi autour de l’amélioration des conditions de rémunération, la responsabilisation des cadres administratifs dans des postes administratifs à l’université et la redéfinition du terme qui les désignent. Car en réalité, «nous ne sommes pas personnels d’appui, mais plutôt personnel administratif», soutient le délégué coordonnateur.
Convention collective En effet, «lors de la présentation des vœux au ministre de l’Enseignement supérieur, le 28 janvier 2010, nous lui avons adressé un préavis de grève. Et même, notre convention collective a été déposée auprès des autorités par les responsables de notre syndicat le 17 septembre 2009. Sans aucune suite. Et ce matin, tous les personnels d’appui des universités d’Etat du Cameroun sont entrés en grève», a indiqué Jean Ndjengue, l’un des meneurs de la grève. Certaines sources ont indiqué du reste que les bureaux administratifs de l’université de Douala, qui sont généralement ouverts le samedi, à l’approche des examens, sont restés fermés, le 6 février dernier. Conséquence, des étudiants ne s’étant pas encore acquittés des frais de scolarité, qui ont souhaité se mettre en règle, n’ont pas pu le faire. Hier, lundi 8 février, de nombreux étudiants qui souhaitaient retirer des relevés de notes et autres documents n’ont pas pu rentrer en possession de leurs pièces. A la faculté des Lettres et des Sciences humaines (Falsh), la même torpeur a été observée. «Je suis arrivé ce matin et j’ai constaté comme tout le monde que le personnel est en grève. Pour le reste, il faut vous adressez à eux pour en savoir plus. Moi, je ne suis au courant que depuis ce matin», a précisé Joseph Mbongo, Doyen de la Falsh.
Aristide Ekambi (stagiaire)
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