09 Feb 2010
Douala III : 1000 familles menacées de déguerpissement
Les populations de Pk 14 à 17 sont sommées de quitter les lieux en faveur de l’Université de Douala.
En écoutant la radio le jeudi 4 février dernier, Jean-Baptiste Bontstebe n’en croit pas ses oreilles. Le président de l’Association groupement de défense des intérêts, différends individuels socio-économiques et fonciers des habitants de Pk 14 à 17 (Agrodicedifah), se dit surpris d’apprendre à travers les ondes, que le préfet du Wouri entend procéder au déguerpissement effectif des occupants du «site de l’Université de Douala». Laquelle université projette d’y construire la faculté de Génie civil industriel et celle de Médecine et des sciences pharmaceutiques. Le communiqué du préfet du Wouri semble sans appel.
Pourtant le différend qui oppose les populations du site concerné et l’administration est, à l’observation, une montagne russe. Le feuilleton débute en effet le 22 décembre 2009, lorsque les forces de l’ordre et les agents préfectoraux débarquent à Pk 14. Sous le regard impuissant des riverains, ces derniers apposent des croix de Saint André sur les habitations. Le processus concerne précisément les maisons situées dans la zone Pk 14 à Pk 17, route Razel (Bassa). Environ 1000 membres, se disent désabusés car, une note signée de la Conservation foncière du Wouri, stipule que les «populations victimes de l’expropriation sur le terrain convoité par l’Etat, seront indemnisées par l’Université de Douala conformément à la législation en vigueur». Déboussolée, l’Agrodicedifah a fait recours à un cabinet d’avocats. Notamment Me Jules Binyom, qui a adressé un recours gracieux préalable (demande de surseoir à la décision administrative) au préfet du Wouri, Bernard Okalia Bilaï.
Les avocats-conseils saisissent par ailleurs la Chambre administrative de la Cour suprême. «Le 22 janvier 2010, la Chambre administrative s’est prononcée en demandant de surseoir à la mise en demeure en attendant qu’elle se prononce», confie Me Jules Binyom en brandissant le document qui l’atteste. Une parcelle de terrain de plus de 61 hectares, située dans l’arrondissement de Douala 3ème et occupée depuis des décennies par une population d’agriculteurs pour la plupart, appelés les «Pionniers planteurs». 140 tombes ont par ailleurs été recensées par voie d’huissier sur le site. Les arguments semblent cependant ne plus avoir de poids pour leurs vis-à-vis. Même pour la presse, les portes de la préfecture du Wouri sont restées fermées pour ce motif. Bessinga Elie, le 3e adjoint préfectoral, donne plutôt rendez-vous ce jour 09 février 2010, pour le début des casses.
Monique Ngo Mayag
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