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Vivre aujourd'hui

09 Feb 2010
Logement : Résidence Ongola reste enfouie

18 mois après la signature de la convention de construction de cette cité, Timbal Immobiliare le constructeur peine à livrer les premiers bâtiments.

Ce jeudi après midi, le patron de la société Timbal Immobiliare, Simon-Pierre Njeng, constructeur des Résidences Ongola, est venu sur le site de Tsinga s’enquérir de l’état d’avancement des travaux de construction de la cité. Avec le directeur des travaux, il discute des dernières évolutions et règle certains détails. Une aubaine pour le reporter venu rencontrer les responsables du chantier et discuter de l’évaluation des travaux. Ce qui n’est pas du goût du vigile qui refuse l’accès du chantier à ce dernier. Néanmoins, après quelques hésitations, Joan Carles, le directeur des travaux, accourt à la guérite laissant le directeur général de Timbal à l’intérieur. «Qu’est-ce que vous voulez ?» s’enquiert-il, inquiet. Une fois le fil du dialogue établi, Joan Carles peut dérouler le quotidien de son chantier. «Nous travaillons beaucoup tous les jours. On sait que les délais s’approchent, c’est pourquoi on a très envie de revoir à la hausse nos effectifs», explique le directeur des travaux.

A l’intérieur du chantier, l’on peut apercevoir des ouvriers s’affairant à différentes tâches. Autour d’une bétonnière, quelques uns s’activent à la préparation du béton. D’autres plus loin, tissent des fers pendant qu’un autre groupe monte un mur. Le chantier qui a fait une toilette depuis l’arrêt de travail du mois d’octobre, est encombré à différents endroits de semelles rouillées, des parpaings, des trous de semelles, et des montagnes de terre qui jonchent les trois quarts du site. Le chantier compte environ 60 ouvriers selon les estimations de Joan Carles. Pour booster le rendement de ses ouvriers, il envisage de mettre sur pied des équipes de nuit. «Nous sommes encore au niveau de la fondation. Pour que les travaux s’accélèrent, il faut qu’on multiplie les effectifs par deux ou par trois», indique le directeur des travaux.
Pour le directeur des travaux, les délais de livraison annoncés par les responsables de la société au mois de décembre dans la presse ne l’engagent pas. «Je n’ai pas annoncé de délai. Si on a dit que c’est en janvier peut-être que les gens voulaient parler de janvier de l’année prochaine. En ce qui me concerne, je ne peux pas annoncer un délai pour l’instant étant entendu qu’on n’a pas encore sorti la fondation d’une seule maison», se défend Joan Carles.

Pourtant, le 17 décembre dernier, un responsable de Timbal Immobiliare indiquait dans les colonnes de Cameroon tribune qu’ils vont «livrer quatre bâtiments de 20 appartements d’ici fin janvier. Nous avons 17 000 parpaings, toutes les portes et fenêtres ont déjà été montées en Espagne». Pour ce responsable qui avait requis l’anonymat, l’absence de réels financements rendait difficile l’avancement des travaux dont le taux de réalisation était de 5% d’après ce même responsable.
D’après les termes de la convention de partenariat signée le 30 juillet 2008, Timbal le constructeur devait livrer les premiers bâtiments à la Communauté urbaine de Yaoundé en décembre 2009. Dans l’interview accordée au même confrère, Gilbert Tsimi Evouna s’était montré menaçant, en indiquant notamment que «si Timbal ne construit pas, on va tirer les conséquences qui s’imposent. (…) Une belle femme ne manque pas prétendants». Au rythme actuel des travaux, difficile de dire avec exactitude quand les premières maisons sortiront de terre, si l’on s’en tient au fait que le chantier ne dispose que d’une bétonnière qui crache laborieusement du béton pour 200 appartements.

Pierre Célestin Atangana

   
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