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Economie

03 Jul 2009
Agriculture : La filière tabac s'élève à l'Est

Avec 45% débloqué sur 2 milliards du financement Ppte, 900 tonnes de tabac ont été produites en 3 ans.

Le projet d'appui à la relance de la tabaculture à l'Est Cameroun, en abrégé Partec, est incontestablement parmi les plus importants projets de la société civile, pour avoir bénéficié d'une importante subvention de 2,076 milliards de fracs cfa en Novembre 2003. L'objectif principal du projet, explique son coordonnateur, est d'améliorer les conditions de vie des populations des zones tabacoles par une pratique rationnelle de la culture de tabac de cape. Trois ans après le lancement de ce projet en 2006, le moins que l'on puise dire c'est que malgré les efforts déployés, plusieurs obstacles se dressent encore sur le chemin de la relance de cette filière.

C'est du moins le constat qui ressort de la toute première réunion du comité de pilotage tenue à Bertoua au siège de la Fédération des planteurs du Tabac du Cameroun (Fptc), maître d'œuvre du projet. C'était vendredi le 26 juin 2009. Réunion présidée par Mvondo Nna Patrice, Directeur des études, des programmes et de la coopération au ministère de l'agriculture et du développement rural et représentant du président dudit comité, le secrétaire général du Minader. Le comité avait pour objectif l'évaluation des activités 3 ans après le début de la mise en œuvre du Partec, et l'examen de l'avant projet d'exécution 2009. Au rang des obstacles rencontrés dans la mise en œuvre de ce projet, Hubert Jean Kellé, Directeur général de la Fptc et coordonnateur du Partec, a cité en premier lieu, le retard des financements.

Sur une enveloppe globale de 2 milliards, 1,5 milliards de Fcfa devraient entrer dans l'investissement direct, mais à un an de la fin du projet, seulement 698 millions de Fcfa, soit 45% de l'enveloppe ont été effectivement débloqués. Cette somme, révèle-t-il, a servi au financement des activités prioritaires pour la relance de la production, dont trois campagnes de sensibilisation ainsi que la structuration de 800 nouveaux planteurs en 76 Gics et la création d'une union de groupes d'initiative commune dans l'arrondissement de Kétté, dans le département de la Kadey. Ainsi qu'à la a distribution du petit matériel et intrants agricole de 2006 à 2009 soit, 4150 houes, 4280 machettes, 3400 limes, 2250 arrosoirs, 2500 pèles bêches, 3500 pioches, 2000 râteaux, 130 vélos, 650 pulvérisateurs, 105 motopompes, 2200 kg de nématicide, 2500 kg de fongicides, 3000 litres d'insecticide, 50 tonnes d'engrais. Dans le même sillage, la somme déjà débloquée a également servi à l'appui à la construction des séchoirs, avec 500 000 nattes de raphia, et au conditionnement de tabac.

Liquidation
En somme, au cours de ces trois dernières années, affirme Hubert Jean Kellé, le projet Partec a permis à 2500 planteurs organisés en 176 Gics et 12 unions de Gic de produire 900 tonnes de tabac. Laquelle production est commercialisée au Honduras, au Nicaragua, à Porto-Rico, aux Etats Unis, en Belgique et en Allemagne. Malgré ce tableau flatteur, le projet Partec souffre cependant de nombreux problèmes. En premier lieu, les pistes rurales qui servent à la collecte et à l'acheminement du tabac dans les magasins ne sont pas entretenues. Ensuite, il y a la méconnaissance du projet par ses potentiels bénéficiaires, malgré les campagnes de sensibilisation et d'information faites par dépliants, radio etc. En effet, beaucoup de planteurs ne comprennent pas qu'une organisation paysanne se substitue à l'Etat pour la relance d'une filière.

Même certaines sociétés de conditionnement sont surprises que des planteurs s'organisent pour produire, transformer et exporter comme le fait la fédération, dans la mesure où avant la Fptc, le seul rôle du planteur était de produire simplement le tabac. En rappel, suite à la faillite de la société Camerounaise des tabacs (Sct) en 1992, les planteurs et les employés de cette société se sont organisés en Gic, Union et puis fédération, et ont acheté les actions lors de la liquidation de cette entreprise en 1997, afin de reprendre la production à leur compte. En 2003, la Fédération des planteurs des tabacs (Fptc) rédige et présente son projet de relance (Partec) au gouvernement, lequel a été validé par le comité consultatif de gestion des fonds Ppte, qui a ainsi décidé d'accorder 2 milliards de Fcfa à ce projet.

Sebastian Chi Elvido

   
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