03 Jul 2009
Diaspora : 13 millions Fcfa divisent le Rdpc au Canada
Des tensions sous forme de rivalités tribales sont nées autour de l'argent que le président a offert lors de son voyage en octobre 2008.
Les membres de la section québécoise du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) se regardent en chiens de faïence depuis quelques jours. Ils n'arrivent pas à s'entendre sur la répartition de 13.000.000 Fcfa octroyés par le président Paul Biya, lors de son séjour au Québec, à l'occasion du 12è Sommet de la Francophonie en octobre 2008. Selon notre source au Canada, l'argent remis à l'ambassadeur du Cameroun à Ottawa, Solomon Azoh-Mbi, avait été déposé dans un compte à Montréal par le trésorier, Fidelis Folefack, malgré la forte résistance de certains militants venus des sous-sections. Lesquels militants auraient voulu que l'argent soit immédiatement réparti.
Cette discorde a provoqué une guéguerre et les clans aux couleurs tribales ont vu le jour. Notamment les originaires des régions de l'Ouest et du Nord-Ouest d'un côté, contre les originaires du Centre et du Sud de l'autre. Le comité central, informé, a dépêché sur place Fabien Monkam, le conseiller du secrétaire général du comité central du Rdpc René Sadi, qui a décidé que l'argent soit partagé entre les sous-sections. Déçus, certains membres du bureau de la section qui craignent que l'argent ne serve qu'aux dépenses personnelles des responsables des sous-sections, auraient décidé de quitter le Rdpc. Sans président depuis environ deux ans, cette section Rdpc fondée sous la direction d'un certain Fonkam Azu, a du mal à vivre.
Cela avait mal commencé pour les Camerounais, en général, qui avaient déjà fait le déplacement à Québec pour accueillir leur président le 16 octobre à Québec. Le président avait tout simplement évité la communauté camerounaise venue l'accueillir à l'aéroport Jean Lesage de Québec. Beaucoup espéraient à un rattrapage du président Biya à Montréal. Mais, hélas, une fois de plus les 250 Camerounais qui s'étaient bousculés au Centre Mont-Royal au 2.200 rue Mansfield Montréal, et qui espéraient rencontrer le président de la république à Montréal, devront encore patienter longtemps. Le président Biya s'est fait finalement représenté à Montréal par le ministre de l'Economie, de la Planification et de l'aménagement du territoire, Louis Paul Motaze. Le Chef de l'État avait aussi annulé sa participation au grand déjeuner-causerie- conférence de l'Afrique francophone à Montréal du 20 octobre.
Cette grande rencontre organisée par le Conseil canadien pour l'Afrique (CCAfrique). Selon certaines indiscrétions, le président aurait choisi de rester à Québec que de se déplacer à Montréal, car très fatigué par ses récents déplacements. D'ailleurs il n'aurait quitté le Québec que très tard dans la soirée pour l'Europe. Ce qui explique l'absence du Haut Commissaire du Cameroun au Canada, Solomon Azoh -Mbi à la rencontre de Montréal. Cet autre rendez-vous manqué de Paul Biya avec la communauté camerounaise a été d'autant plus mal vécu par certains Camerounais à cause des frais engagés pour une telle opération. Toutes les dépenses relatives à l'accueil du président Biya au Canada (transport, hébergement, rafraîchissements, etc.) étaient prises en charge par le Haut commissariat du Cameroun au Canada. Et le désistement de Paul Biya avait alors sonné comme un pur gaspillage de l'argent des contribuables camerounais.
Justin Blaise Akono
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