03 Jul 2009
Au tribunal : La défense demande la nullité du procès verbal
Cette requête en rapport avec l’arrestation de l’enseignant accusé de l’outrage au chef de l’Etat est en parti à l’origine du renvoi de l’affaire.
Le procès de l'enseignant de chimie, Fube Roland Fonwi Tita, jugé pour outrage au président de la République, n'a pas repris ce jeudi 2 juillet au Tribunal de première instance (Tpi) de Yaoundé, à cause de l'indisponibilité de la juge. L'affaire, mise en délibéré le 4 juin dernier, a donc été renvoyée au 16 juillet prochain. Le tribunal devra ainsi se prononcer sur les exceptions soulevées par la défense lors de la dernière audience. "On s'est rendu compte qu'il n'y avait pas de Pv [procès verbal, Ndlr] de notification de garde à vue" affirme Me Mangwa. L'avocat ajoute que non seulement son client "n'a pas été notifié de son droit d'être assisté d'un avocat s'il le veut", mais que, M. Fube s'exprimant dans un français rudimentaire car étant de langue anglophone, "on ne lui a pas dit qu'il avait droit à un interprète.
Le Pv est écrit dans un excellent français qu'il ne peut pas avoir compris". Autant "d'anomalies constatées dans le dossier" qui sont à l'origine des exceptions soulevées, indique Me Mangwa. Lors de son interpellation en janvier dernier, un collègue du prévenu déclarait à Mutations que ce M. Fube avait dit avoir "été obligé de signer un procès-verbal où il était marqué qu'il est sans-emploi". En guise de rappel, Fube Roland Fonwi Tita avait été arrêté à bord d'un taxi le 30 janvier, selon les témoignages de membres de sa famille et de ses collègues de l'English High School of Yaoundé, au moment où le chef de l'Etat et son épouse revenaient de Libreville où Paul Biya et ses pairs résolvaient la crise née des placements de la Banque des Etats d'Afrique centrale (Beac) à la Société générale en France. D'après son collègue, le prévenu aurait fait le commentaire selon lequel il n'est pas "normal" que les routes soient ainsi bloquées et qu'il était "préférable pour tous qu'il [le chef de l'Etat] prenne le chemin des airs avec un hélicoptère".
C'est alors qu'un passager (on parle d'un gendarme) du taxi qui devait le transporter à la Christian Comprehensive High School à Nkolmbong où il dispense également des enseignements de géologie et de chimie, ordonne au conducteur de se diriger à la Direction de la police judiciaire (Dpj). "Il [le passager] aurait brandi une arme et menacé le chauffeur", explique encore un collègue de l'infortuné professeur de sciences diplômé de l'Ecole normale supérieure de Bambili et de l'université de Yaoundé I où il a obtenu une licence. Après la Dpj, le prévenu est ensuite renvoyé à la présidence de la République, puis à la brigade de recherches "qui l'a envoyé au parquet", soutient l'avocat. Placé sous mandat de dépôt le 4 février 2009 à la prison de Kondengui, M. Fube a été libéré sous caution le 5 mars dernier, après un mois de détention. C'est donc libre qu'il comparaît au tribunal.
Patricia Ngo Ngouem
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