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Economie

30 Jul 2009
Limogeage : Pourquoi le Dg de la Bvmac a été viré

Willy Ontsia aurait porté atteinte à l'intégrité physique d'un inspecteur de la Commission de surveillance du marché financier d'Afrique centrale.

Dans un langage purement boursier, l'on peut soutenir que Willy Ontsia a clôturé son bail à la direction générale de la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale (Bvmac) à la baisse. Et c'est dans des conditions rocambolesques que l'ancien Directeur général de la Bgfi Bourse, la société de bourse appartenant au premier groupe bancaire de la sous région Cemac, la Bgfi, quitte son poste qu'il aura occupé finalement à peine un an, alors que rien ne le prédisposait à partir aussitôt. Les résultats enregistrés sous son mandat, avec l'emprunt obligataire de 100 milliards de francs Cfa de l'Etat gabonais lancé en août 2008 et celui récemment bouclé par la société gabonaise Prix Import à hauteur de 400 millions de francs Cfa, sont à ce titre considérés plutôt comme satisfaisants. En comparaison avec ceux de ses deux prédécesseurs.

Malgré ces résultats encourageants, les activités de la Bourse régionale étaient entourées d'un certain nombre de problèmes. Considéré comme le gendarme du marché financier d'Afrique centrale, au même titre que la Commission bancaire d'Afrique centrale (Cobac) l'est pour les banques, la Commission de surveillance du marché financier d'Afrique centrale (Cosumaf) a commis un contrôle du fonctionnement de la bourse. Un rôle qui entre dans ses prérogatives et inscrit dans le texte qui créée et organise la Cosumaf. Dans un communiqué, le gendarme du marché financier se limite à constater une "interruption de la mission d'inspection de la Cosumaf auprès de la Bvmac suite à l'entrave à ladite mission". Sans plus. Après quelques recoupements, l'on sait finalement pourquoi Willy Ontsia a été viré.

Agression
Au deuxième jour de cette mission initiée par la Cosumaf et composée de ses inspecteurs, rapportent des sources internes à la Bvmac, le chef d'équipe a été physiquement "agressé" par le Directeur général de la Bvmac, Willy Ontsia. "Une agression physique qui est due au fait que le Directeur général de la Bourse n'a pas respecté un rendez-vous pris avec les inspecteurs de la Cosumaf. Lorsque la remarque a été faite au Directeur général, il s'en est pris à ce responsable de la Cosumaf en lui assénant un coup de poing. Ce dernier a par ailleurs, au cours de cette agression, perdu ses lunettes", confie sous anonymat notre source à la bourse régionale. Une mission qui, apprend-on, était en train déceler des "irrégularités" dans la gestion de la bourse.

Pour l'instant, l'on ne sait toujours pas qui dirige la Bourse au quotidien après ce limogeage intervenu à la suite d'un conseil d'administration extraordinaire de la Cosumaf tenu le 22 juillet dernier à Libreville. L'on a toutefois appris, de source sûre, que le conseil d'administration présidé par Henri Claude Oyima, par ailleurs Administrateur Directeur général de la Bgfi Bank, va se réunir très prochainement pour lui trouver un remplaçant. Avec ce départ, c'est le troisième Directeur général qui passe ainsi à la tête de la Bvmac depuis sa création survenue en 2002 à N'djamena au Tchad au cours d'un sommet des chefs d'Etat de la Cemac. Avant le Gabonais Willy Ontsia, ce furent deux Centrafricains qui ont dirigé la Bourse avec plus ou moins de bonheur. Ce furent, d'abord, Marlyn Moulliom et, ensuite, Yvon Psimhis.

Une instabilité et des tensions constantes, qui s'expliquent, selon certains experts des marchés financiers, par une intervention quasi permanente de la Cosumaf dans le fonctionnement de la Bvmac, où, expliquent certaines sources, le régulateur semble vouloir absolument contrôler de près les organes dirigeants de la Bourse sous-régionale. "Avec des fonctionnaires désignés par les Etats membres, la composition même de la Cosumaf constitue le nœud du problème. Pour que les choses avancent sereinement, ces fonctionnaires devraient en effet, tout en assurant le rôle de tutelle qui est le leur, laisser les organes du marché financier se développer sans trop d'interventionnismes…", estime un expert boursier qui a requis l'anonymat. Lequel soutient par ailleurs que Douala Stock Exchange (Dsx), la Bourse de Douala, est épargné de ce type d'antagonisme parce que "La Commission des marchés financier, qui est essentiellement composée des acteurs du secteur privé, se limite à son rôle de régulateur ; tandis que la direction générale se charge de la gestion quotidienne. Et les résultats parlent d'eux-mêmes…".

Lazare Kolyang

   
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