30 Jul 2010
Marie Claire Minboe Ndi Samba : Humaniser la prison pour les femmes et mineurs
La présidente de l’association Relais Enfants-parents précise les préoccupations de l’association qu’elle dirige depuis quatre ans.
Depuis le 23 juillet, vous avez initié une vente dite «solitaire» pour venir en aide aux enfants dont les mamans sont incarcérées. Quel bilan en faites-vous ? Bien qu’elle ait commencé timidement, nous vendons, en moyenne, un peu plus de15% par jour, mais mardi dernier, nous avons reçu plus de 20 clients. Les recettes tournent autour de 12. 000 francs Cfa par jour, et j’ai besoin de trois millions pour faire fonctionner mon parloir. Le reste de l’argent nous aidera à créer un centre Rélais –ouvert, lequel accueillera les enfants pour les jeux, les formations et biens d’autres choses. Déjà, nous avons engagé cette initiative l’année dernière et cela était vraiment appréciable. Je pense que la vente ira mieux avant le 22 août prochain. Je continue de sensibiliser les gens.
Cette vente solitaire répond-elle à vos attentes ? Oui, elle répond à nos attentes. Nous espérons toujours que des personnes vont venir faire des achats. Nous distribuerons tous les articles qui resteront dans les orphelinats, parce que nous ne voulons rester avec les articles sous la main. Je suis vraiment contente. L’initiative que nous avons prise nous évite de faire du porte à porte afin de demander 1.000 francs aux parents. Je demande aux associations sœurs de faire comme nous. Aussi, il faut être bien disponible pour le faire, afin de bien fixer les bases pour être soutenu.
Depuis 4 ans que votre association existe, que pensez-vous avoir apporté dans l’univers carcéral ? Nous avons humanisé la prison au quartier des femmes. Nous avons contribué au changement physique et mental des femmes détenues. Sur le plan phycologique, elles ne se font aucun souci, ceci parce qu’elles voient aisément grandir leurs enfants. Nous leurs offrons à ces derniers des bourses scolaire, nous mettons à leur disposition tout le nécessaire pour leur scolarisation, nous les amenons voir leurs parents de temps en temps. Et pour cela, les mamans ne se font aucun soucis une fois que la rentrée scolaire approche, encore moins lors des fêtes de d’année. Sur le plan sanitaire, ces enfants ont des médecins qui les suivent au quotidien. Tous les deuxième samedi du mois, nous les amenons faire des consultations. Sur le plan physique, nous faisons comprendre à ces mamans qu’elles ne doivent pas se négliger parce qu’elles sont dans les mûrs des prisons. Elles doivent se faire belles chaque fois et surtout lorsqu’elles reçoivent leurs enfants. Ces visites seront plus accentuées une fois que le parloir va fonctionner. Et, nous pensons que c’est pour très bientôt, parce que nous avons le soutien de plusieurs institutions, des autorités administratives et de nos partenaires. On a l’impression que vos efforts se concentrent sur la ville de Yaoundé, où il reste beaucoup de choses à faire, les autres prisons du pays n’ont pas droit à votre soutien ? Si mais il faut noter que nous n’avons pas encore assez de moyens pour nous occuper de toutes les prisons. Aussi, j’avais demandé l’autorisation au vice premier ministre chargé de l’administration territoriale pour les 72 prisons que compte le Cameroun, -il a dit qu’on ne pouvait pas assurer le poids de ces prisons. Alors, il a donné son accord pour la prison de Kondengui et celle de Mfou. Et lorsqu’il nous a félicités nous avons demandé l’autorisation pour le reste des prisons, et il a déjà accordé pour la prison centrale. Nous attendons toujours des autorisations pour d’autres et cela nous permet de mieux nous préparer.
Quels sont les autres volets que couvre votre association ? Au début, nous nous sommes dit qu’on ne va que faire l’accompagnement psyco-social. Mais dans nos entretiens avec les mamans, nous nous sommes rendus compte qu’elles venaient des zones très pauvres, et nous nous sommes chargés de leurs offrir des bourses et d’assurer leurs suivi médical. Aussi, nous avons redynamisé l’école à la prison, où nous avons fait des dons de 8 tableaux et plus de 100 tables bancs. Nous aidons également les jeunes détenus, qui ont été jugé à payer leurs amendes. Nous voulons garder les liens parentaux et ouvrir un centre d’accompagnement de fin de vie, c’est-à-dire les personnes âgées. Pour les mineurs qui sont dans les prisons, nous leurs avons offert des ordinateurs et, nous leurs faisons de temps en temps des buffets.
Propos recueillis par Josiane Afom (stagiaire)
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