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Vivre aujourd'hui

30 Jul 2010
Extrême-Nord : Le choléra fait une centaine de morts

Malgré la riposte des personnels sanitaires, l’épidémie continue sa série meurtrière.

Le choléra est loin d’avoir arrêté de faire des ravages dans la région de l’Extrême Nord. Selon Dr Djao Rebecca, délégué régionale de la Santé publique pour l’Extrême Nord, "à ce jour, (jeudi 29 juillet 2010 Ndlr) 13 districts de santé sont touchés parmi les 28 que compte la région. On dénombre 1 285 cas déclarés et 92 décès dont 55 en communauté. On note un pic à Mokolo où on enregistre 643 cas pour 42 décès, Kolofata avec 195 cas pour six décès, Kousseri avec 196 cas pour neuf décès, Koza avec 86 cas pour neuf décès".
Une constance se dégage tout de même. La majorité des décès sont enregistrés dans les familles. Preuve que les populations ne mesurent pas encore l’urgence de référer les malades dans la formation sanitaire la plus proche. Un personnel médical en service à Mokolo note que "malgré les messages de sensibilisation, les gens ne veulent pas prendre des précautions. Quand la maladie se déclare ou quand un décès est signalé, l’entourage manipule le corps malgré les consignes fermes du personnel médical. Et c’est cela qui favorise la propagation de l’épidémie".
A l’heure actuelle, on redoute encore l’épidémie en raison de la saison des pluies diluviennes qui s’abattent sur certaines localités de la région.

Points d’eau
Il est donc très fréquent de voir des enfants et même des adultes déféquer en plein air, des enfants qui se lavent dans les mares d’eaux stagnantes, des populations qui s’affairent dans le lit des mayo et qui consomment de l’eau impropre à la consommation. "Nous continuons la sensibilisation à travers les medias, les églises et les mosquées, nous procédons au traitement des points d’eau, nous avons également mis sur pied un système d’alerte permanente et nous renforçons la surveillance épidémiologique.
Les cas déclarés sont pris en charge gratuitement. Mais il y a des facteurs difficilement contrôlables comme l’insalubrité, les pluies qui accentuent le phénomène, les mouvements des personnes dans les zones touchées. Il faut également noter que 05% de la population de l’Extrême Nord disposent d’une latrine. Le reste défèque en plein air", déplore Dr Djao Rebecca. A ces difficultés, il faut également noter le manque de moyens logistiques pour accéder aux localités enclavées, le manque de personnel sanitaire mieux outillés à la prise en charge de la maladie. Ce, malgré toutes les bonnes volontés de l’organisation mondiale de la santé et de l’Unicef qui ont ont mis à la disposition du ministère de la Santé publique des médicaments.

Jacques Kaldaoussa

   
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