30 Jul 2010
Education : Le Probatoire fait de la résistance
Au mépris de la loi sur l’orientation de 1998, cet examen officiel est toujours en vigueur.
Depuis quelques jours, les résultats de la session 2010 du certificat de probation sont affichés dans les différents centres d’examen à travers le territoire national. Faute de s’y rendre, candidats et proches des candidats préfèrent s’accrocher sur les ondes du poste national de la Crtv où les plages d’animation ont été systématiquement dédiées à la lecture desdits résultats. En attendant que l’Office du baccalauréat du Cameroun (Obc) rende public le taux de réussite national, l’on peut deviner au pifomètre des scènes de liesse notées ici et là un réel élan de satisfaction. Le 15 juin dernier, ils étaient en tout cas 141.801 candidats sur la ligne de départ.
Mais, bonne ou mauvaise, la moisson des élèves en lice pour cette session du Probatoire n’occulte pas le débat sur la suppression de cet examen, qui conditionne le passage en classe de Terminale, dans les milieux académiques. La loi de 1998 sur l’orientation de l’Education, promulguée par le chef de l’Etat Paul Biya, avait entr’ouvert une brèche à la suppression du certificat de probation. La condition pour y parvenir était de revoir l’ensemble du système éducatif camerounais. La loi en question prévoyait notamment que le brevet d’études du premier cycle (Bepc) soit passé en classe de 2nde et non en 3e comme c’est le cas actuellement. L’objectif étant d'arrimer le sous-système francophone au sous-système anglophone, deux systèmes jusque-là diamétralement opposés au Cameroun, tant au plan des effectifs, des curricula de formation que des performances scolaires. Si le souci d’harmonisation est explicite dans la loi de 1998, la suppression du Probatoire n’est en revanche pas prônée intégralement.
Bête noire Ministre de l’Education nationale à cette époque, Charles Etoundi indiquait alors qu’une quarantaine de textes étaient nécessaires pour matérialiser la reforme. Ce qui, aux dires de certains cadres du ministère des Enseignements secondaires (l’un des pendants de l’ex ministère de l’Education nationale) en compromet la traduction dans les faits. En avril 2007, à la surprise générale, le ministre des Enseignements secondaires Louis Bapès Bapès annoncera que le Probatoire sera supprimé du calendrier des examens officiels au cours de l’année scolaire 2007-2008. Ceci dans le but d’endiguer la déferlante des candidats camerounais vers le bac tchadien. Dans la même veine, le ministre ordonnera la fermeture des classes de «Terminales spéciales», refuges des recalés du Probatoire et tremplin pour l’admission au bac tchadien. Plus tôt, le gouvernement camerounais avait demandé à l’ambassade du Tchad au Cameroun de n'inscrire au baccalauréat tchadien que les candidats camerounais titulaires du probatoire. Entre les partisans de l’utilité ou de l’inutilité du certificat de probation dans le système éducatif national, le débat fera encore rage, car «la bête noire» de certains écoliers a encore manifestement de beaux jours devant elle.
Georges Alain Boyomo
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