12 Jun 2009
Insécurité : Des malfrats carbonisent deux maisons à Douala
Les dégâts de cet incendie survenu hier sont estimés à une dizaine de millions de francs Cfa.
C'est la consternation au quartier Bangué, non loin de Kotto (Douala) ce jeudi, 11 juin 2009. Les riverains n'en reviennent manifestement pas. Vêtu d'une culotte kaki et d'un tee-shirt de couleur jaune visiblement noirci par les flammes, l'une des victimes assise sur une touffe d'herbes à l'esplanade de sa résidence, tient sa tête entre les mains. "Je n'arrive toujours pas à comprendre ce qui s'est passé", dit Samuel Elowane Metuge, l'occupant de la maison incendiée. Non loin de lui, son frère, téléphone portable collé à l'oreille, est en pleine conversation avec ses collègues. "Je viens d'arriver à la maison. Tout est parti en fumée…", hurle-t-il dans l'appareil.
Un tour effectué sur les lieux du sinistre permet de se rendre compte de l'ampleur des dégâts. La vaisselle, les appareils électroménagers et les meubles sont partis en fumée. Il ne reste plus que des décombres éparpillés dans tous les recoins de la maison. "Nous n'avons rien récupéré dans la maison", rapporte Samuel Elowane Metuge. Les occupants de cette concession ont, en effet, reçu la visite inopinée des malfrats dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, aux environs de 3h. N'ayant pas obtenu les clés du véhicule du propriétaire des lieux, ces malfrats ont incendié volontairement la maison. "Lorsque j'étais endormi cette nuit, j'ai entendu des bruits dehors. Ces individus que je n'ai pas identifié m'ont ordonné de leur donner les clés de ma voiture que je garais à quelques mètres d'ici. Embrouillé dans mon sommeil, je ne savais vraiment pas ce qui se passait", confie la victime. Cherchant en vain ces clés dans la pénombre, les malfrats ont pris le soin de couper la fourniture d'électricité, ils vont d'abord verser quelques gouttes d'essence dans la cuisine et claquer les allumettes.
Les flammes vont envahir les rideaux et poursuivre leur course dans la salle de séjour. Les visiteurs, qui s'impatientaient manifestement devant la porte du séjour encore fermée, vont asperger la maison du liquide avant de s'enfuir. "La fumée qui avait envahi la maison m'étouffait. Je suis donc rentré à la douche où j'ai imbibé la serviette d'eau pour me protéger les narines. A l'aide d'un pilon, j'ai forcé en vain la porte. C'est finalement résigné que j'ai commencé à crier pour demander de l'aide", confie Samuel Elowane Metuge. Lequel sera sauvé par son voisin qui aurait entendu les cris. "Ensemble, nous avons réussi à défoncer la porte", soutient M. Kana, le voisin. Les sapeurs-pompiers qui se sont déportés aussitôt sur les lieux, ont neutralisé les flammes. "Malheureusement, nous n'avons rien pu sauver", regrette la victime.
Il n'y a pas eu de perte en vie humaine, mais les dégâts matériels sont, quant à eux, énormes. Certains membres de la famille parlent d'une dizaine de millions Fcfa partis en fumée ! Cette maison d'habitation n'est pas la seule résidence qui a reçue la visite des malfrats cette nuit-là. Une mini-cité située à quelques encablures de la maison incendiée a également été cambriolée quelques minutes avant, vers 2h. "Ils m'ont demandé de leur donner de l'argent et les téléphones portables. Je leur ai dit qu'ils n'auront rien. Ils ont menacé d'incendier la maison. J'ai dit qu'il le fasse et ils ont aspergé la maison d'essence et ont claqué l'allumette", rapporte Moses Mesumbe. Ce dernier et son épouse auront, heureusement, réussi à maîtriser le feu après la fuite des pyromanes. Sandrine Tonlio
Affaire Diboulé Le procès du meurtre du militant du Sdf Grégoire Diboulé, pour lequel John Fru Ndi, le président de ce parti et une vingtaine de ses camarades sont dans le box des accusés du tribunal de grande instance du Mfoundi, se poursuivra le 11 juillet prochain. C'est la décision qu'a prise le tribunal hier après avoir rejeté l'exception soulevée par les avocats de la défense lors de la dernière audience, et qui tendait à éliminer le dossier de procédure dont les éléments n'ont pas été produits et discutés avant d'être admis. Si les juges n'ont pas longuement argumenté leur décision, le président du tribunal a annoncé que la défense pourra consulter dès lundi le contenu de leur délibération. Mais, d'ores et déjà, les avocats de M. Fru Ndi ont décidé de faire appel.
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