24 Jun 2010
Gestion durable : Le bassin du Congo à l’heure de la certification
Trois concessions forestières du Cameroun, du Gabon et du Congo viennent d’accéder à cette norme.
Deuxième massif forestier tropical après la forêt amazonienne, l’Afrique n’avait, sur 241 millions d’hectares de forêts, aucun hectare de forêts certifié. En 2009, seulement 1% d’hectare avait été certifié alors que près de cinq millions d’hectares de forêts sont certifiés dans le monde, soit 12% des surfaces allouées à la production forestière. Aujourd’hui, selon l’Association l’interafricaine des industries forestières (Ifia), le bassin du Congo compte trois concessions forestières certifiées au Cameroun, soit 535.000 hectares (Wijma, Trc, Sefac) et deux au Congo-Brazzaville, soit 745.000 ha (Cib). La certification forestière est définie comme un processus indépendant d’évaluation et de contrôle de la qualité de la gestion des forêts sur la base des principes, des critères et des indicateurs préétablis et acceptés.
La lutte contre le bois illégal et l’instauration d’une meilleure gouvernance constituent des préalables nécessaires à l’avancée de la certification chez les forestiers du bassin du Congo. Celles-ci y participent de la gestion durable des forêts, à travers la mise en application des politiques et les législations environnementales et forestières. La certification s’applique à l’ensemble de la filière du bois, de la coupe à la transformation en passant par le transport des grumes et leur expédition au destinataire final. Pour ce qui est du Cameroun, tout bois et produit dérivé exporté vers le marché européen devra désormais avoir une attestation de légalité délivrée à travers un système incluant le traçage du bois tout au long de son itinéraire. En d’autres termes, l’on veut s’assurer de la traçabilité du bois depuis la forêt jusqu’au port de Douala, à travers la production de bois certifiés telles que Azobé/Ekki, Tali, Sapeli, Sipo, Iroko, Movingui et Padouk, essences très demandées sur le marché international. Le Cameroun est condamné à être sur la voie d’une exploitation industrielle du bois plus durable qui contribuera à la réduction de la pauvreté des populations locales.
Car, la certification oblige les entreprises non seulement à préserver la biodiversité en ne prélevant que les arbres dont la régénération est assurée par de jeunes pousses, mais bien plus, à faire bénéficier des retombées de l’exploitation aux populations locales. C’est d’ailleurs dans la même lancée que le Cameroun a paraphé l’Accord de partenariat volontaire «Forest Law Enforcement on Governance and Trade» (Apv Flegt) avec l’Union européenne (Ue) le mois dernier. Cet accord permettra désormais de poursuivre et de développer les exportations des bois tropicaux du Cameroun vers l’Ue dans un cadre légal. De même, le Cameroun prend l’engagement d’éradiquer l’exploitation et le commerce illicites des bois de ses forêts, une pratique qui, jusqu’à présent, engendre la dégradation forestière, ouvre des pistes aux braconniers, donne lieu à la corruption dans le secteur et entraîne des pertes importantes de revenus étatiques. La certification connaît un véritable élan dans le deuxième massif forestier mondial, mais il reste encore beaucoup à faire ; la lutte contre le bois illégal et l’instauration d’une meilleure gouvernance constituent des préalables nécessaires à l’avancée de la certification chez les forestiers de cette région.
Léger Ntiga
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