04 Mar 2010
Me Cécile Mireille Mbiiga Etia : Nous allons doter les prisons de camions cellulaires
La responsable du volet amélioration des conditions de détention et Droits de l'homme parle des spécificités du Pacdet II.
Le programme d'amélioration des conditions de détention et du respect des Droits de l'homme est à sa deuxième phase. Bien que n'étant pas similaires pouvez-vous évaluer les différentes phases ? Ce qu'il faut dire d'entrer de jeu est que la première phase était une phase pilote qui consistait à apporter de l'assistance judiciaire aux détenus de la prison centrale de Douala et de Yaoundé. Parce que à un moment donné, nous avons fait le constat que beaucoup de détenus qui peuple les prisons sont en détention provisoires, plutôt que les personnes condamnées. Ce qui n'est pas normal, et donc, la phase pilote a été lancé pour apporter l'assistance judiciaire à ces détenus là. C'est après cette dernière que la deuxième phase, géographiquement plus grande, parce que concernant les dix prisons centrales situées dans les chefs lieux de régions vient d'être lancée. Et qui débute par la vaccination des détenus de la prison centrale de New Bell contre la méningite. Elle va s'étendre jusqu'au 5 mars, dans la mesure où les détenus qui sont des personnes libres vont être sensibilisés, et auront le choix entre se faire administrer le vaccin oui pas.
Avez-vous rencontré des difficultés particulières lors de l'exécution des différentes phases du Pacdet? Non, dans la mesure nous bénéficions de l'appui technique du ministère de la justice, et de celui de la santé publique. Compte tenu du fait que l'on parle de l'amélioration des conditions de vie des détenus qui relève de la compétence du Ministère de la justice. Ledit ministère est donc bénéficiaire du projet. Il en est de même pour le ministère de la santé qui nous apporte un appui technique dans l'amélioration de la santé des détenus. Avec la mise à notre disposition du personnel médical qualifié, capable de prendre en charge le suivi de la santé des détenus.
Quels sont les buts ou visées d'un tel programme, lorsqu'on sait que beaucoup d'autres avant celui-ci ont exister et connu des échecs ? Le premier but de ce type de programme est de limiter les cas de méningites dans les différentes prisons du cameroun. Suite au décès de certains prisonniers, qui n'ont pu bénéficier de traitement, nous sommes lancés dans un programme préventif, contre ladite maladie. Etant donné qu'en milieu carcéral les risques de contagion sont énormes.
Alors en dehors de la vaccination, quelles ont les autres actions que vous préparez pour la prison centrale de New Bell ? D'ici la fin du mois d'avril, du matériel médical sera livré à l'infirmerie de la prison centrale de New Bell. Des besoins ont été recensés, et nous allons installé un compteur de Cd4, pour assister les personnes malades ou atteints du Vih/ sida. Il en est de même de la prison centrale de Yaoundé. Car le taux des malades du Vih/sida reste très élevé en prison. Et l'Etat prend en charge les malades en les donnant des médicaments gratuits, mais le traitement demeure chère pour les uns et les autres. C'est là que nous entrons en jeu, pour permettre à tous les détenus d'en profiter.
Qui sont vos partenaires et quelles sont les perspectives à venir du Pacdet ? Nous sommes un programme de la coopération Cameroun et union Européenne. Et donc, L'union Européenne est bailleur de fond, et l'Etat du Cameroun est maître d'œuvre, et nous nous sommes maître d'œuvre délégué. Et pour un besoin de pérennisation, nous essayons d'impliquer tout ce monde là. Mais en terme de Fonds, c'est l'Union européenne qui met ces fonds à la disposition de l'Etat du cameroun. Aussi, pour ce qui concerne les perspectives plusieurs choses vont être faites. Dans la mesure où le programme s'achève en fin 2010. Dans l'immédiat, nous allons doter des prisons de camions cellulaires, et le Biogaz sera installé dans les différentes prisons pour moderniser les conditions de préparations des repas des détenus.
Propos recueillis par Aristide Ekambi (Stagiaire)
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