05 Mar 2010
Fonso Peter Cho'o : Le vrai doyen n’a pas crevé l'écran
Sans éclat, le plus vieux député de l'Assemblée nationale a été porté pour la première fois au perchoir depuis le retour au multipartisme.
L'élu Rdpc de la Sanaga Maritime, Joseph Mboui (né le 21 avril 1938), n'a pas présidé aux destinées de l'Assemblée nationale, à la tête du bureau d'âge de l'Assemblée nationale du Cameroun. Et pour cause, en raison du mécontentement exprimé depuis au moins mars 2009 par le groupe parlementaire du Social Democratic Front (Sdf), l'un de ses membres, Fonso Peter Cho'o, le vrai doyen d'âge a été porté, dans l'attente de l'élection du nouveau bureau pour un an, au perchoir. Même si au goût de certains, cet avènement n'a servi à rien, la Chambre a vécu comme un frémissement.
Car, jusque vers 11h hier, 04 mars 2010, le doyen d'âge se disait pas du tout au courant de la plénière élective au terme de laquelle Cavaye Yeguié Djibril a été, une fois de plus, porté à la présidence de la Chambre. Et pourtant, lorsque vers 13h, il est informé de la convocation de la plénière, Fonso Peter Cho'o n'opposera pas de résistance. Tant ces séances doivent être précédées de véritables conférences des présidents. Plus grave, son collègue et ancien président du groupe parlementaire Sdf, Joseph Mbah Ndam, n'a pas été aperçu à l'hémicycle de Ngoa Ekellé hier au moment du renouvellement du bureau. Cette absence peut-elle justifier la docilité du doyen d'âge qui, d'entrée de propos, a mis en garde la Chambre contre toute velléité de débat? Difficile à dire. Toujours est-il que la coïncidence est troublante.
Le comportement de Fonso Peter Cho'o laisse croire qu'il a été "travaillé" par le camp du pouvoir qui, pour éviter toute surprise, a manifestement mis au pas le dissident Adama Modi finalement très docile et coopératif au point de se lancer dans une accolade avec Cavaye dont il s'était jugé d'être l'opposant de toujours à chaque scrutin. Comme le commentait un observateur averti de l'hémicycle de Ngoa Ekellé jeudi soir, la révolution attendue n'est pas venue de l'élu du Sdf. Lui dont les absences à l'occasion des ouvertures des sessions de mars 2008 et 2009, avaient fini par susciter des interrogations. Au point de faire dire au groupe parlementaire du Sdf qu'il était astucieusement mis en mission officielle pour le compte de l'institution en Grande Bretagne et au Gabon respectivement.
Imbroglio C'est donc sans éclat qu'il a présidé l'équipe constituée également de André Parfait Djeumé du Haut Nkam et Adjoudji Ahmadou de la Bénoué Est. Ces deux plus jeunes députés ayant la particularité d'être arrivés à l'Assemblée nationale, comme suppléants de personnes appelées à exercer des fonctions incompatibles avec le mandat parlementaire. André Parfait Djeumé a pris la succession de Christophe Eken nommé à la tête de la Chambre de Commerce tandis que le second remplaçait en décembre dernier, Mme Youssouf Adoum, nommée au gouvernement le 30 juin 2009. Déjà lundi, 1er mars 2010, Fonso Peter Cho n'a donc pas boudé son plaisir en prenant place au perchoir sous les acclamations de la plupart de ses collègues, opposition et pouvoir confondus. Cela apparaissait d'autant plus important que c'était la toute première fois depuis l'instauration du multipartisme, que les travaux sont ouverts par un élu de l'opposition et un véritable doyen d'âge. Car, faut-il le rappeler, ni Atangana Mazé, ni Emmanuel Soundjock Soundjock, encore moins Abba Boukar ne l'étaient vraiment.
On se rappelle l'imbroglio qu'il y avait eu en 1992 pour faire passer l'élu Rdpc Atangana Mazé en lieu et place de Jean Nkouobithé Monthé du Sdf. "Le gouvernement a compris que l'on peut respecter la loi sans que cela pose des problèmes", a lancé, quelque peu satisfait, l'un des élus du Sdf au terme de l'ouverture des travaux lundi soir. Né le 15 novembre 1937, celui qui passe pour être le dépositaire de l'autorité traditionnelle dans sa localité natale à Mbengwi siège à l'Assemblée nationale depuis 1997. Ce père de nombreux enfants a été victime plus d'une fois de la violation des dispositions de l'article 09 du chapitre 3 du règlement intérieur de l'Assemblée nationale. D'où la dénonciation formulée par sa famille politique.
Au sein de l'hémicycle, celui que ses collègues, toutes tendances confondues, présentent comme un homme sans histoire, pour son légendaire éclat de rire, a surpris en juin 2009. Au cours de ladite session, il a vivement interpellé le Premier ministre de l'époque sur la représentativité de la partite anglophone du Cameroun au gouvernement de la République. A la tête des département à caractère social notamment. Incisif que jamais auparavant, Fonso Peter Cho'o avait dénoncé la marginalisation des ressortissants de cette partie du pays des ministères en charge de l'Education. Plus grave, il dit que les anglophones n'étaient dans la plupart des cas que second à la tête des société d'Etat. Une intervention encouragée par le président du groupe Sdf Joseph Banadzem et qui jeta un froid dans l'hémicycle tant le Premier ministre de l'époque était bien le nommé Ephaim Inoni.
Léger Ntiga
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