11 Mar 2010
Financement : Les services du Trésor se tournent vers les bourses
C'est l'un des enseignements du 3ème colloque international réservé à ces institutions de l'espace francophone qui s'est ouvert hier à Douala.
Les modèles successifs de gestion de la trésorerie de l'Etat dans différents pays de l'espace francophone ont montré leurs limites. C'est la principale remarque qui ressort des premiers exposés déroulés hier, 09 mars, à l'ouverture du 13ème colloque international des services du trésor. Au Cameroun, par exemple, la prédominance du principe de l'unicité de caisse, la pratique des mouvements de fonds entre comptables et plus récemment le recours aux avances statutaires de la banque centrale (Beac), jadis utilisés par le Trésor public, ne sont plus adaptés. D'où la nécessité de moderniser la gestion et le contrôle du budget de l'Etat.
En partageant, au cours des trois jours de travaux, les expériences des participants venus des autres pays d'Afrique subsaharienne, du Maghreb, du Moyen Orient, d'Asie du Sud-Est et surtout de la France, les responsables de la direction du Trésor et de la Coopération financière et monétaire du Cameroun auront à cœur de savoir comment l'Etat va mobiliser l'argent pour les grands projets annoncés, à savoir les barrages de Lom Pangar et de Memve'ele, du Port en eau profonde et de la centrale à gaz de Kribi, de la mini centrale de Mekin sur le Dja, la réhabilitation et l'extension des adductions d'eau de Yaoundé, Douala et des autres villes, sans oublier la modernisation des voiries de plusieurs localités.
A cet égard, il incombe aux services du Trésor de veiller particulièrement à optimiser la gestion de la trésorerie de l'Etat, c'est-à-dire à prévoir à l'avance le montant des disponibilités liquides en fonction du montant des dépenses à payer, à prendre à l'avance des mesures adéquates pour que les dépenses à payer soient effectivement payées par une trésorerie de l'Etat liquide et disponible de façon à éviter à l'Etat tout retard de paiement. Le recours aux marchés financiers qui sera débattu au cours de ce colloque se présente donc comme un moyen moderne de mobilisation des financements pour ces grands travaux.
Emprunts obligataires "Le Cameroun est engagé dans des chantiers de réformes. Le temps est venu pour solliciter les marchés financiers. La loi de finances 2010 autorise à ce titre le gouvernement à faire recours aux emprunts obligataires", explique le ministre des Finances, Essimi Menye, qui présidait la cérémonie d'ouverture, en présence de l'ambassadeur de France au Cameroun, Bruno Gain. "On ne peut pas se lancer dans cette voie sans les expériences des autres", a soutenu le Directeur du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Hamadou Sambo. Normal, car selon le représentant du Directeur général des Finances publiques du ministère du Budget, des comptes publics, de la Fonction publique et de la réforme de l'Etat de France, "le monde bouge, les techniques évoluent rapidement, le budget de l'Etat doit s'adapter". La Douala Stock Exchange (Dsx), la bourse du Cameroun basée à Douala, et la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale (Bvmac) à Libreville sont les deux marchés financiers où le Trésor camerounais peut se tourner pour les besoins de financement de tous les projets annoncés. Le rapprochement entre les deux bourses décidé par la conférence des chefs d'Etats au dernier sommet de la Cemac à Bangui vient faciliter les opérations qui devraient finalement connaître les mêmes procédures.
Lazare Kolyang
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