11 Mar 2010
Déguerpissement : PK 14 à 17 sous la trappe des bulldozers
Les casses se sont poursuivies hier, alors que le procès qui oppose l'Université aux populations est en cours.
Les forces de l'ordre n'ont pas attendu le verdict du juge des référés pour prendre d'assaut le site de Pk 14 à 17. L'affaire opposant l'Université de Douala (Ud) aux habitants de Pk 14 à Pk 17 est pourtant encore pendante au tribunal de première instance de Douala-Ndokoti. L'audience d'hier s'est notamment achevée par un renvoi au 17 mars prochain. La présence d'une centaine d'hommes en tenue hier, mercredi 10 mars 2010, sur les sites de Pk 14, 15, 16 et 17, pourrait ainsi laisser perplexe. L'avocat de l'Association groupement de défense des intérêts, différends individuels socio-économiques et fonciers des habitants de Pk 14 à 17 (Agrodicedifah), crie au scandale.
Ses plaintes sont noyées par le bruit des bulldozers, qui écrasent maison après maison. Les lamentations des familles éplorées sont aussi couvertes par le fracas du béton armé ou des planches. Depuis 6h hier mercredi, les victimes tentent de sauver les meubles, sous la pression des hommes armés. Les contorsions des membres de la famille Bounaga n'empêchent pas la démolition de leurs boutiques, leur maison en location et leur résidence familiale. Une scène qui s'apparente à l'épilogue du différend entre l'Université de Douala et l'Agrodicedifah. Depuis le 22 décembre 2009, les agents préfectoraux ont en effet apposé des croix de Saint André sur les domiciles qui longent un côté de la route dite " Razel ", celle qui s'étend de Pk 14 à Pk 17. Par cet acte, le préfet du Wouri sommait les populations de libérer le site afin d'entamer les travaux de construction de la faculté de Génie civil et industriel et celle de Médecine et des sciences pharmaceutiques de l'Ud.
Un projet que les membres de l'Agrodicedifah contestent, étant donné, expliquent-ils, que l'Université n'a pas indemnisés les résidents de la zone concernée. Pourtant, rajoute leur avocat, en délivrant les titres fonciers de la zone devant abriter les facultés suscitées, le Premier ministre avait avisé que les "populations victimes de l'expropriation sur le terrain convoité par l'Etat -soit 61 hectares-, seront indemnisées par l'Université de Douala conformément à la législation en vigueur". Une indemnisation qui n'est manifestement pas sur la liste de charge de l'Université de Douala. Les 140 tombes qui sont sur le site à déblayer, connaîtront assurément le même sort que les domiciles qui s'y trouvent. L'Agrodicedifah est représenté par Me Jules Binyom. Me Bika Ngana, entre autres avocats, représente quant à lui l'Université de Douala, prise en la personne de son recteur Bruno Bekolo Ebe.
Monique Ngo Mayag
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