11 Mar 2010
Insécurité : Le pont du Wouri, un danger permanent
Les multiples dérapages des automobilistes ont endommagé une bonne partie des gardes fous.
"Pourquoi ralentissez-vous subitement?", interroge un passager d'une mototaxi hier, mercredi 10 mars 2010. "Vous ne savez pas que c'est le pont de la mort ici? Et je ne souhaite pas être la prochaine victime", lance dans son dos Rodrigue, le conducteur de la moto à cette dernière. Rodrigue n'est pas l'unique automobiliste de la capitale économique à redoubler de vigilance sur le pont du Wouri. "Je ne me rapproche plus du trottoir, vu qu'il y a des gardes fous qui ont sauté à certains endroits du pont", indique Maurice, un autre conducteur de mototaxi.
Les piétons et autres usagers partagent aussi ce sentiment d'insécurité sur ce pont qui relie la capitale économique à la partie Ouest du pays. "Je fais ma prière avant toute traversée parce qu'il suffit d'une petite mauvaise manœuvre d'un automobiliste pour que tu te retrouves dans le fleuve", argue un badaud. Les "pousseurs", quant à eux, sont contraints de déplacer leur engin du trottoir vers la chaussée, lorsqu'ils franchissent le seuil des gardes fous endommagés.
Le pont sur le Wouri construit depuis des dizaines d'années est devenu un réel danger pour les populations. Une bonne longueur de garde-fous a été entraînée dans les eaux du Wouri par les multiples plongées des automobilistes. Trois grandes ouvertures, dont deux du côté droit du pont et la troisième et la plus récente se trouve à gauche de celui-ci. Elle a été causée par une autre chute d'un conducteur d'une semi remorque de marque Mercedes Benz lundi dernier, 8 mars. Ce vide laissé par les véhicules constitue désormais un obstacle à franchir par les populations.
Dérapages Quelques blocs de béton armés sont néanmoins disposés ça et là, pour remplacer provisoirement les grilles endommagées. Une mesure de sécurité temporaire qui commence à s'éterniser dans la mesure où aucune action n'a encore été entreprise par les pouvoirs publics pour arranger les grilles emportées depuis le 24 juin 2009 par un noctambule qui a également achevé sa course dans les profondeurs de ce fleuve. Ce dernier avait, dans son vol plané, entraîné une bonne partie de cette balustrade. Tous ces dérapages dans le Wouri deviennent inquiétants. Faut-il qu'il ait plus de morts sur ce pont pour observer une réaction prompte des autorités?
En attendant de trouver une solution définitive à la situation, des plongées dans le Wouri continueront à paralyser la circulation dans la ville, comme cela a été le cas lundi dernier. C'est finalement mardi, 9 mars dernier dans l'après-midi, soit 24 heures plus tard, que la dépouille de Pierre Kouabiteu, conducteur du camion semi-remorque de marque Mercedes Benz qui a achevé sa course dans le Wouri, a été sortie de l'eau par la marine. Originaire du Haut Nkam, la victime âgée de 56 ans résidait au quartier Dakar, dans l'arrondissement de Douala III. Le corps a été identifié par ses deux épouses avant d'être conduit à la morgue de l'hôpital Laquintinie de Douala. Le second corps repêché des eaux n'a pas encore été identifié jusqu'ici.
Sandrine Tonlio
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