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11 Mar 2010
Répression : Plus de 100.000 tracts pour "tuer" le pays

L'auteur de " L'Antécode Biya " et l'imprimeur de ces prospectus gardés à vue à la légion de gendarmerie du Littoral.

Depuis son arrestation le dimanche dernier, 7 mars, Bertrand Teyou, l'auteur du livre "L'Antécode Biya" est en garde à vue à la légion de gendarmerie du Littoral à Douala. A en croire le mis en cause, il lui est reproché la distribution illégale des tracts. Des tracts qui, à en croire le commandant du groupement de compagnie de gendarmerie de Douala, incitent à la violence et sont de nature à détruire le pays à l'instar des émeutes de février 2008. Sur l'entête de ces tracts, on peut lire, en gros caractères : "Opération Pays mort". Pour les hommes en tenue, ce message sonne comme un appel à la révolte, à la violence. Ces derniers craignent en effet, que ressurgisse la flambée de violence des émeutes de février 2008. "On sait comment cela commence, mais on ne sait jamais quand cela va s'achever. Encore moins le bilan et les conséquences", lance un gendarme.

Pourtant pour le mis en cause, Bertrand Teyou, ces tracts servent tout simplement à montrer que "le carburant pourrait par exemple coûter 395 Fcfa sans nuire à l'économie". Ces tracts invitent à un "réveil des citoyens compte tenu de l'attitude du gouvernement qui reste superficiel ou indifférent aux dérives de gestion et aux souffrances". L'auteur de "L'antécode Biya" invite donc à "une grève illimitée, opération pays mort le lundi 15 mars 2010" pour les revendications suivantes : la baisse du prix du carburant à 395 francs Cfa le litre ; celui du gasoil à 361 Fcfa et le pétrole à 243 Fcfa le litre. Il réclame aussi la sécurisation du vote pour rendre au citoyen le pouvoir de sanctionner toute mal gouvernance.

Pourtant, depuis son arrestation, Bertrand Teyou a déjà fait l'objet de multiples auditions. Au cours de ces auditions, "il m'a été demandé si j'avais des relations avec Mila Assouté ; quelles sont mes ambitions politiques et les gens qui me soutiennent ", révèle-t-il. Pourtant, Bertrand Teyou dit ne pas connaître le concerné. Il ne comprend pas pour autant l'objet de son arrestation. Ce dans la mesure où, dit-il, "avoir des tracts qui décrient une situation de mal-être n'est pas illégal". Plusieurs de ces tracts ont été saisis par la gendarmerie. "Plus de cent mille", confie un gendarme au reporter. Pourtant, l'auteur de ces lignes à été retenu toute la journée et entendu par des gendarmes jusqu'aux environs de 18h. Quant à l'auteur et l'imprimeur, ils sont toujours en garde à vue.

Blaise Djouokep (Stagiaire)

   
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