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VIVRE AUJOURD'HUI | 06 Oct 2008
Bafoussam : Un gendarme abat un taximan
La victime aurait refusé de débourser 300 francs Cfa à un poste de contrôle.
Michel Ferdinand

Le climat social a quelque peu été perturbé à Bafoussam, le 4 octobre dernier. Puisque, plus de 300 conducteurs de moto ont bloqué la circulation routière dans trois carrefours. Ces derniers voulaient organiser des marches pour protester contre le décès d'un ''moto taximan'', Dieudonné Kongne, 30 ans, froidement abattu par un gendarme. L'incident macabre s'est produit vers 8 heures, en contrebas de l'immeuble siège de la Société camerounaise des provenderies (Spc) à Bafoussam, sur l'axe routier menant vers Foumbot.

D'après des recoupements concordants, Benjamin Bessong, maréchal des logis chef en service à la brigade de gendarmerie à Baleng, est en compagnie de son collègue. Les deux procèdent à un contrôle des véhicules sur cet axe lourd. Deux dames, des sœurs utérines, Chimène Moufang et Carine Nouton, en provenance de Famtchouet, village situé près de Bafoussam, ont pris place derrière la moto de la victime. Elles ont des bagages. Selon les mêmes sources, Dieudonné Kongne a été interpellé au niveau du poste de contrôle. " Il a dit qu'il ne peut pas s'arrêter ", témoigne Chimène Moufang. Il force la barrière de gendarmerie, en entraînant une herse. Dans le même intervalle, Benjamin Bessong, son bourreau, saute derrière une moto qui les suivait. Après avoir demandé à deux passagers de descendre.

Le second conducteur se met à poursuivre le premier, sous la menace du gendarme. Il veut avoir les raisons de cette folle course. L'homme en tenue, selon des témoins, lui aurait répondu qu'il a affaire aux brigands. La course se poursuit. 300 mètres après le poste de contrôle Benjamin Bessong sort son pistolet et ouvre le feu. Dieudonné Kongne est atteint au coup. Les uns parlent d'un coup de feu, les autres disent qu'il y en a eu deux. Toujours est-il que Dieudonné Kongne perd le contrôle de son engin et s'écroule sur le macadam. Tout comme ses deux passagers tombent et se blessent. Le conducteur de la seconde moto n'y comprend rien. Son collègue vient de passer de vie à trépas. Il veut en savoir davantage en maîtrisant Benjamin Bessong au sol.

Certaines langues se délient pour dire que le matin, Dieudonné Kongne a avancé 200 sur les 300 Fcfa exigés par le gendarme en termes de frais de ''péage''. Et que l'homme au béret rouge attendait encore de percevoir 100 Fcfa. Ce qui n'aurait pas été fait. Une autre version laisse plutôt entendre que la victime n'a rien avancé. La foule est de plus en plus nombreuse. " La majorité voulait qu'on tue le gendarme, auteur de cette bavure", rapporte un témoin. Des cailloux fusent des différents coins. Benjamin Bessong est torturé. Il a été grièvement blessé à la tête. Des sources soutiennent que son état de santé est critique. Aux dernières nouvelles, il aurait été évacué à Yaoundé.

La tension monte au sein des conducteurs de moto. Ils essayent de s'organiser pour paralyser Bafoussam. Des forces du maintien de l'ordre les en empêchent. Ils se servent à quelque endroit de gaz lacrymogène pour les disperser. Le préfet de la Mifi, Bernard Atébédé, en compagnie de son staff, descend sur les lieux pour obtenir le retour au calme. Reste que la sortie de ce gendarme n'est pas la première du genre. Le 20 janvier 2007, un officier de police nommé Williams Etengue, a abattu un chauffeur au volant de son taxi, à l'aide d'un pistolet automatique (Pa) de service.
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