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SUPPLEMENT CULTURE | 25 Oct 2007
Dieudonne Ossegue : Redonner du sourire aux enfants malades
Le directeur artistique du théâtre de la Marjolaine parle du concept “Rire médecin”.
Propos recueillis par Priscille G. Moadougou

Loin des salles de spectacle, c’est plutôt dans les couloirs des hôpitaux qu’on retrouve les acteurs du théâtre de la Marjolaine. Qu’est-ce qui explique cette mutation ?
C’est vrai, depuis la création de notre troupe théâtrale en 1988, nous nous produisons dans les salles de spectacle et les écoles. Et puis, un jour, nous entrons en contact avec Caroline Simon, plus connue sous le nom de Dr Girafe aux Etats-Unis, qui faisait rire les enfants malades dans les hôpitaux américains. Elle avait essayé d’exporter cette idée vers le Gabon, mais ça n’a pas marché. Elle est donc entrée en contact avec nous et cette expérience nous a tout de suite accroché. D’où la naissance du concept de rire médecin.

C’est quoi le rire médecin ?
Il s’agit, à travers des prestations de clowns, de redonner du sourire aux enfants malades et, surtout, de les aider à mieux supporter leur séjour à l’hôpital. C’est une manière de les faire rire par le pantomime, le spectacle des marionnettes et de ventriloquie. La poupée répond à toutes les questions qui lui sont posées par les enfants.

Comment s’effectue le choix des hôpitaux ?
Nous ciblons les hôpitaux défavorisés, c’est-à-dire ceux dans lesquels il est difficile de trouver un téléviseur dans les chambres, par exemple. La semaine prochaine, nous irons ainsi à l’hôpital Ad Lucem d’Efok. Généralement, nous entrons en contact avec le directeur de l’établissement hospitalier pour lui expliquer le concept. Cinq mois après le début de cette opération, la plupart d’entre eux sont toujours réceptifs. Nous avons commencé dans la Lékié et la Haute-Sanaga. Après les fêtes de fin d’année, nous allons sillonner les villes de Douala et de Yaoundé.

Parlez-nous du déroulement d’une prestation dans un hôpital…
Généralement, on nous fait faire le tour du pavillon, en nous expliquant de quoi souffre chaque enfant. Après ce passage, Adonia, le prestidigitateur, entre en scène en faisant apparaître des pigeons, des friandises et des jouets lors des séances d’illusion. Si on constate que les enfants malades sont réceptifs, c’est à ce moment que les clowns entrent en scène. Au départ, on essaye de faire participer les enfants. Puis, ils deviennent acteurs. Pendant 20 à 30 minutes, on leur raconte des histoires sur des enfants malades, qui recouvrent la guérison. Nous leur apportons aussi un message d’espoir.

Quelle tranche d’âge constitue votre cible privilégiée ?
Nous travaillons avec les enfants qui ont entre 4 et 15 ans. Même s’il est vrai que ces animations font également rire les parents et le personnel de santé.

Pensez-vous à l’avenir de rire médecin ?
Avec le temps, nous comptons vulgariser ce concept sur toute l’étendue du territoire. Il a un bon impact sur les enfants malades. Nous pensons qu’avec le soutien de certains organismes nationaux et internationaux, ce concept pourra perdurer. Nous n’avons malheureusement pas encore ce soutien, mais nous espérons que ça ne saurait tarder.
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