Directeur de la Publication Haman Mana
   

» Quotidienmutations
SUPPLEMENT SPORT | 02 Mar 2007
Salomon Dibombé : Les sports nautiques ne sont pas la natation
Le Sg de la fédération des sports nautiques revient sur les raisons de l'annulation de l'ouverture de la saison le week-end dernier à Yaoundé.
Propos recueillis par Dippah Kayessé

L'ouverture de la saison des sports nautiques était prévue dimanche dernier au Lac municipal de Yaoundé, mais l'événement n'a pas eu lieu. Pourquoi ?
L'organisation d'un tel évènement met aux prises trois parties, le ministère de tutelle, la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy) et la fédération. A notre niveau, toutes les dispositions administratives et organisationnelles avaient été prises par la fédération pour faire de ce lancement une véritable fête sportive. Ce d'autant plus que c'est la première fois que Yaoundé accueillait un tel évènement. Le ministère des Sports avait donné son accord, sans aucun problème. Contre toute attente, à 48h de l'évènement, nous recevons un courrier confidentiel du délégué du gouvernement auprès de la Cuy dans lequel il nous interdisait l'utilisation du Lac municipal pour mille et une raisons.

Avez-vous effectué les démarches nécessaires en direction des responsables de la Communauté urbaine e Yaoundé ?
Bien évidemment. Il y a un mois, nous avons rencontré M. Gilbert Tsimi Evouna, le délégué du gouvernement, lequel nous a mis en contact avec son 2e adjoint qui s'occupe des activités culturelles et sportives. Dans la suite logique des démarches entreprises, une autre mission est repartie de Douala pour Yaoundé où elle a rencontré tour à tour les 2e et 6e adjoints de la Cuy. Je n'oublierais pas les différentes correspondances. Point par point, nous sommes finalement tombés d'accord et la date prévue pour le lancement est restée inchangée. Croyez-moi, après la dernière séance de travail avec la Cuy, la mise à disposition du Lac municipal de Yaoundé ne souffrait d'aucune contestation.

Pour le délégué, les eaux boueuses et les bactéries qui inondent ledit lac sont nocives au contact avec le corps humain…
De toutes les façons, le nettoyage des lacs municipaux n'incombe pas à la fédération des sports nautiques. Celle-ci ne dispose non plus des experts en analyse chimique ou bactérienne. Au sein de la fédération, nous avons un médecin, c'est tout. Je suis surpris que le délégué parle de bactéries et autres saletés dans le lac. Nous savons tous que dans ce lac, des gens pêchent du poisson et vont le revendre aux populations. Les enfants, à longueur de journée, y prennent leur bain… Jamais la Cuy n'a pris des dispositions pour interdire ce type d'activités. Cette interdiction, c'est tout simplement la méconnaissance de nos activités. Il ne faut pas confondre les sports nautiques à la natation. Nous ramons et ne nageons pas. Dans leur bateau, les athlètes peuvent facilement parcourir 2 000m sans recevoir la moindre goutte d'eau sur le corps.

Pourquoi tenier-vous à ouvrir la saison à Yaoundé?
Depuis que nous organisons cette compétition sur le Wouri où les entreprises déversent au quotidien des immondices, aucun de nos sportifs ne s'est plaint des problèmes de peau. Le Lac municipal de Yaoundé serait-il plus sale que le Wouri, la Sanaga, le bras mort de Tiko?. En allant à Yaoundé, nous tenions à faire connaître aux populations la pratique des avirons, nos activités et leur offrir une belle fête. Ce déplacement devrait aussi rentrer dans le cadre de la promotion et de la vulgarisation des sports nautiques et le Lac municipal de Yaoundé était un endroit bien indiqué. Avec cet échec, nous ouvrirons la saison le 4 mars prochain à Edéa. Puis, nous nous rendrons à Ebolowa où tout est mis en œuvre pour offrir aux populations une fête.

Quel serait l'impact d'un tel rendez-vous manqué pour votre fédération?
Les pertes se situeraient à tous les niveaux de l'organisation. Pour ce lancement, une palette d'activités avait été retenue sur le lac, avec la présence de nombreux rameurs venus de plusieurs villes du pays. Le public devrait vivre des courses de pirogues, le kayak, le canoë des séries des courses d'avirons... Après des semaines de préparation et l'annulation de la compétition à la dernière minute, ce fut la mort dans l'âme chez nos athlètes. Sur le plan financier, c'est prés de 4 millions de Fcfa tombés dans l'eau surtout quand on sait qu'avec l'autonomie imposée aux fédérations, ce n'est pas facile de trouver de l'argent. Maintenant, il faudrait repartir vers les mécènes sans oublier les autres engagements de la fédération cette année: prochains Jeux africains en Algérie, éliminatoires pour les Jeux olympiques en 2008.
Réagir à l'article

   
Content Management Powered by CuteNews

 

ARCHIVES