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| Directeur de la Publication Haman Mana |
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» Quotidienmutations
SUPPLEMENT COM | 12 Dec 2006
Michel Tjade Eone : Le mimétisme n'est pas acceptable
Le chef de département Radio à l'Esstic donne son avis sur la similitude des programmes dans l'audiovisuel camerounais. Propos recueillis par J.B.Akono
Ecoutez-vous les différentes radios ou regardez-vous les différentes télévisions locales ? Oui. Mais, pas de façon systématique. Je me sens intéressé et interpellé par certaines catégories de programmes. Notamment lorsqu'il s'agit de l'interactivité ou lorsqu'il s'agit du débat. Je n'ai pas mené d'enquête ou de sondage pour faire un constat, car c'est à mes moments perdus que je me surprends en train de suivre telle ou telle radio. Je pense d'abord qu'il y a une diversité des émetteurs, dont le rayon de certains de ces organes est local.
Nous avons constaté qu'il y a une sorte de mimétisme dans les différents programmes. Qu'est-ce qui pourrait expliquer cela ? Sur la base de votre constat, je dirais que ce sont des radios et télévisions jeunes, qui s'essaient à une activité intellectuelle à laquelle les acteurs ne sont pas suffisamment préparés. L'autre raison tiendrait à la paresse, tout simplement.
Quelles pourraient en être les conséquences ? Leur mort lente. Je suis désolé d'être aussi pessimiste. Si le phénomène que vous évoquez devait être pérennisé, il est clair que les radios qui en seraient rendues coupables auraient du mal à avoir un public et surtout à fidéliser leurs publics. D'une manière générale, la remarque que je peux faire sur les radios qui émettent au Cameroun, anciennes ou nouvelles est que toutes fonctionnent dans une totale méconnaissance des besoins de la société, ceux de leurs publics. Or, il faut leur rappeler que toute activité de communication ou de simple diffusion unilatérale met en scène deux acteurs : un émetteur et un récepteur. Il est bon que l'émetteur se soucie en permanence de ce qu'attend le récepteur. Il n'est pas utile d'émettre à tout prix. Pour confectionner une grille de programmes, il faut savoir ce que le public attend. D'où une étude préalable des publics qu'on appelle encore étude d'audience. Au Cameroun, on offre arbitrairement ce qu'on croit que l'auditoire attend. De mon point de vue, c'est une faute professionnelle parce que les producteurs ne peuvent véritablement servir la cause de la communication sociale qu'en sachant écouter la respiration du peuple. Par ailleurs, il faut respecter les créateurs. Une attitude mimétique n'est pas acceptable.
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