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| Directeur de la Publication Haman Mana |
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» Quotidienmutations
SUPPLEMENT COM | 30 Jan 2007
Syndicalisme : Quand les journalistes défendent leurs intérêts
La signature de la convention collective reste le défi de trois des quatre organisations. Justin Blaise Akono
Le syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc) a été reçu en audience le 17 janvier dernier au Premier ministère. Le secrétaire général adjoint desdits services, Emmanuel Nganou Djoumessi, qui a reçu les membres du Snjc avec à la tête le 1er secrétaire, a promis d'entreprendre des actions promptes dans le sens des desiderata du syndicat, exprimés dans le mémorandum adressé en décembre 2006 au Premier ministre, Inoni Ephraïm. Selon un communiqué du Snjc, Emmanuel Nganou Djoumessi a promis "d'instruire les départements techniques en vue de la reprise des travaux de la commission paritaire chargée d'élaborer, de négocier et d'adopter la convention collective nationale des journalistes " dont les travaux avaient été suspendus en mai 2006.
La démarche du Snjc est celle de trois ou quatre syndicats, qui évoluent dans les couloirs des salles de rédaction. Le Snjc de Jean Marc Soboth, créé en mai 2002 et le Syndicat des journalistes employés du Cameroun (Sjec) de Norbert Tchana Ngante, créés en 2003, comptent chacun une centaine de membres. Ils sont les premiers syndicats du secteur privé. Le syndicat national des travailleurs des médias (Synatme), un syndicat de la Cameroon radio and television (Crtv) existe depuis plusieurs années. Malheureusement, son président, Ngoa Bilounga a estimé qu'il n'avait pas assez de temps pour nous parler de ses activités. Le dernier né, le syndicat national de l'audiovisuel (Synavcam) de Henri Fotso, veut défendre les intérêts des personnels du son et de l'image.
Pour Henri Fotso, " la création d'un syndicat participe de la conquête de l'exercice des libertés ". Jean Marc Soboth indique que le Snjc a pour vocation statutaire " l'amélioration des conditions de vie et de travail dans les médias par la sensibilisation des travailleurs des médias sur les questions de droit du travail, de liberté et droit syndical, le lobbying, la négociation collective ". Mais, sur le terrain, leurs activités semblent inexistantes. " Le rôle d'un syndicat est la défense des intérêts de ses membres. Il sied mal aux fonctionnaires, qui ont aussi des problèmes ", explique Nta à Bitang, enseignant de Journalisme. " Les syndicats ne sont pas inertes. Chaque fois qu'on a arrêté un journaliste ou qu'il a un problème, nous sommes intervenus ", se défend Norbert Tchana Ngante du Sjec.
Le Synavcam de Henri Fotso a organisé une semaine nationale de l'audiovisuel à la fin de l'année dernière. " Ceci nous a permis d'organiser des stages de formation, des échanges et de lancer des projets tels que la mutuelle de santé ", révèle Henri Fotso, qui dit avoir obtenu des bourses de formation pour certains de ses membres. Parmi les activités du Snjc de Jean Marc Soboth, des participations aux tables rondes, aux séminaires internationaux ou au travaux d'autres syndicats, ainsi que des prises de positions traduites par des communiqués, à l'instar de celui d'hier dans lequel le Snjc exprime sa vive préoccupation suite à la vague de licenciements de journalistes et animateurs survenue à la radio Sweet FM en début de semaine. Pour Nta à Bitang, deuxième vice président de l'Union des journalistes du Cameroun (Ujc) chargé de l'éthique et de la déontologie, " les syndicats dans le domaine du journalisme sont des structures jeunes, qui se mettent progressivement en place. L'aboutissement de la convention collective donnerait plus de visibilité à leurs actions ".
Convention collective " La signature de la convention collective est bloquée, car les patrons de presse ont exigé des préalables selon lesquels l'Etat devrait d'abord leur aménager un certain nombre de facilités afin qu'ils puissent bien payer les journalistes ", se plaint Norbert Tchana Nganté, le président du Sjec. " Nous ne bloquons pas la convention collective ", réagit Haman Mana, le directeur des publications " Mutations ", " Situations " et les " Cahiers de Mutations ". Il ajoute que les patrons de presse ont souhaité que l'Etat mette en place les conditions d'établissement d'entreprises de presse viables au Cameroun. Ce qui passe par le respect de la convention de Florence sur l'exonération des produits culturels des taxes et droits. " En baissant les coûts du papier journal, qui coût 30 % plus cher au Cameroun qu'en Côte-d'Ivoire, cela permettra à la presse écrite d'avoir des coûts de fabrication plus bas et un gain important pour l'entreprise ", pense Haman Mana. Il est soutenu dans cette argumentation par Séverin Tchounkeu. Le directeur de La Nouvelle Expression et de Radio télévision Equinoxe pense que les conditions ne sont pas réunies pour la signature de la convention collective. Par contre, Richard Touna, directeur de la publication de Repères, qui n'est membre d'aucun syndicat, estime que " ce sont des organes qui ont leur place pour défendre les intérêts des journalistes. Les journalistes doivent régulièrement être payés et leurs droits respectés ", a-t-il déclaré.
Pesanteurs Les responsables des syndicats reconnaissent que leurs activités n'ont pas toujours été menées tel qu'ils le souhaitent. Henri Fotso du Synavcam évoque les problèmes financiers. " Les journalistes constituent le premier obstacle. Certains estiment qu'ils peuvent se passer du syndicat. D'autres ont peur de s'exprimer du fait de la précarité de l'emploi au Cameroun ", pense Norbass, président du Sjec. Il ajoute que " les patrons de presse stigmatisent leurs journalistes et font obstacle à l'épanouissement des syndicats dans le milieu". En guise de réponse, Séverin Tchounkeu est catégorique : " Dans l'ensemble, les dirigeants des syndicats manquent de crédibilité. Nous indexer est une farce ", a confié le Dp de La Nouvelle Expression.
" Dès le départ, les syndicats des journalistes ont commencé à se regarder comme des chiens de faïence ", selon Nta à Bitang, pour qui, ces syndicats ont même considéré l'Ujc comme un concurrent. Cet esprit de dispute entre les différents syndicats du milieu de la presse a débouché sur la confection de plusieurs moutures de la convention collective. " Depuis qu'ils se sont mis ensemble, les négociations sur la convention collective évoluent ", estime Nta à Bitang. Et pourtant Henri Fotso du Synavcam reconnaît que, " plus il y aura des syndicats, plus il y aura une convergence des pôles de revendications, car la revendication est unique : la défense des intérêts socioprofessionnels des travailleurs ".
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