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| Directeur de la Publication Alain Blaise Batongue |
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» Quotidienmutations
DOSSIER DE LUNDI | 03 Nov 2008
John Sydney Mccain : Un libéral chez les conservateurs
Ses prises de position et ses actions au sénat ne vont pas toujours dans le sens voulu par sa famille politique. Junior Binyam
Quand on est sorti vivant des geôles des Viêt-Cong après plus de six ans (octobre 1967- mars1973) de détention rythmés par une torture physique et morale permanente, on ne renonce jamais et ne peut que croire au miracle et être conforté dans ce que rien n'est acquis d'avance. C'est cette foi là qui guide John McCain, le candidat républicain à la présidentielle américaine prévu demain. Réagissant hier, dimanche 2 novembre, aux divers sondages qui continuent à donner à son adversaire démocrate Barack Obama gagnant avec une avance de six points, John McCain a affirmé, "Les experts ont écrit que nous étions finis comme ils l'ont déjà fait de nombreuses fois avant. Que Dieu les bénisse !". Il n'a d'ailleurs pas manqué il y a quelques semaines de s'insurger contre le traitement de faveur dont bénéficiait de la part des médias son vis-à-vis.
Sa démarche claudicante, le bras gauche quasiment immobile qui lui donnent parfois des airs d'automates, sont les traces indélébiles laissées sur ce fils d'amiral de la US Navy, né sur une base militaire le 29 août 1936, par les années passées sous le drapeau en qualité de pilote. Le 27 octobre 1967 quand son avion est atteint par un missile au dessus du Nord-Vietnam et qu'il réussit à s'éjecter du cockpit il se brise les deux bras et une jambe. Il échappera à la noyade grâce à des villageois qui le recueillent pour mieux l'éprouver en le bastonnant copieusement, avant de le remettre aux forces vietnamiennes qui lui réserveront le traitement du à un individu.
La sphère politique qu'il intègre ne sera pas non plus un long fleuve tranquille. Là aussi c'est par son abnégation, cette capacité à se relever après une chute, qu'il réussit à 72 ans à obtenir l'investiture républicaine à la Maison-blanche. Sa première tentative en 2000 s'est avérée infructueuse face à un certain George W. Bush qui s'est imposé dans les primaires républicaines pas toujours à la régulière. A la veille des primaires en Caroline du Nord, "McCain est victime d'une campagne de calomnie orchestrée par des proches du gouverneur Bush. Il est ainsi accusé d'avoir fait un enfant à une femme noire, d'avoir trahi au Viêtnam, d'avoir transmis la syphilis à sa seconde épouse ou d'avoir perdu la raison en captivité". Ses antécédents de play-boy crédibilisent quelque peu les informations véhiculées sur ses mœurs passablement libérales. Déjà à l'académie navale d'Annapolis entre 1954 et 1958, il avait pris quelques libertés avec la discipline pour faire le joli cœur avec un mannequin brésilien ou en se pointant avec une stripteaseuse à un cocktail et en grande tenue de l'amirauté, s'exposant à un renvoi.
Une situation de rupture dans laquelle il s'est retrouvé à plus d'une occasion avec les ultraconservateurs du parti républicain qui le considère comme un ennemi dans la maison le traitant même de "républicain de nom" tout simplement. Certains d'entre eux n'avaient d'ailleurs pas manqué d'indiquer au plus fort des primaires démocrates qu'ils porteraient leur choix sur Hilary Clinton si elle était nominée parce que donnant plus de gage de conservatisme que John McCain. Ce dernier, sénateur de l'Arizona depuis 1982, a presque toujours pactisé au parlement avec des sénateurs démocrates pour proposer et faire adopter des lois. En 2004, son ami le sénateur démocrate John Kerry, investi pour porter les couleurs de son parti à l'élection présidentielle envisage à un moment d'avoir McCain, dont l'expérience sur les questions de sécurité et de politique internationale sont avérées, comme colistier.
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