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DECOUVERTE | 10 Dec 2008
Baham : De nouvelles classes pour le Cetic
Cet établissement qui squattait les locaux du lycée bilingue de la ville, vient de recevoir trois salles de classe supplémentaires.
Michel Ferdinand

La route qui y mène traverse le centre administratif. Là où un boulevard en construction donnera bientôt plus de vie à Baham. Ville linéaire qui, progressivement, justifie son statut de département, acquis le 5 octobre 1992. Là où des bâtiments publics et privés sortent des terres comme des champignons. A l'instar d'un nouvel immeuble abritant des services déconcentrés de l'Etat. Baham est en chantier depuis quelque temps.
A près de quatre kilomètres de la brigade de gendarmerie à Baham, le Collège d'enseignement technique, industriel et commercial ne donne pas l'impression d'être à la traîne.

Une dame se plait à dire que c'est ici qu'elle est née. A Djemgheu. Ce village qui accueille le Cetic du coin. D'où sortiront des jeunes prêts à manipuler des outils de maçonnerie et autres. Et à servir plus tard sur le marché du travail. Il a plu la veille. Ce qui est un signe de bénédiction quand on sait qu'on traverse une saison sèche. L'épaisse couche de poussière qui montait vers le ciel au passage des véhicules a cédé la place à une latérite légèrement trempée. La savane arborée s'étend sur les massifs et les raphias dans les bas-fonds. Elle succède aux champs de haricot, et en rajoutent au décor. La végétation est complétée par des reboisements d'eucalyptus, d'arbres fruitiers disposés en bocages. Visiblement, Djemgheu n'a pas dormi. Tout le monde ou presque était dans l'attente de ce qui était frappé sur une grande banderole : " Remise d'un bâtiment scolaire au Cetic de Baham… ".

Dans la foule, des jeunes filles et garçons s'impatientent déjà de fréquenter le long bâtiment objet de cette cérémonie. Quelques-uns ne tardent point d'y aller jeter un coup d'œil : " Ce sera ma salle de classe ici ", projette un élève de deuxième année. "On pensera d'abord à nous, les grands de la quatrième année", réplique celui d'une classe supérieure. Rien n'a été oublié. La messe commence. Un collège de trois prêtres catholiques donne de la voix. Un concert de louanges monte pour traduire la gratitude des uns et des autres à l'endroit du donateur. Les différents orateurs sont unanimes à reconnaître que, les trois salles de classe nouvellement construites et offertes au Cetic de Baham par Maurice Kamto, par ailleurs ministre délégué auprès du vice-premier ministre chargé de la Justice et Garde des sceaux, viendront réduire énormément les difficultés infrastructurelles que connaît cet établissement scolaire. C'est sans doute la raison pour laquelle près de 2000 personnes se sont déployées le 6 décembre dernier sur le site de ce Cetic.

Bonnes volontés
Un geste qui arrive au moment où le Cetic de Baham, logé dans deux salles de classes opérationnelles, en avait besoin de douze. Afin de permettre à ses élèves, évalués à 340 pour l'année en cours, de travailler dans des conditions acceptables. " Je puis dire que c'est un cadeau de Noël. Nous sommes très heureux d'accepter ce don. Surtout que ce n'est pas tous les jours qu'on en voit", réagit le directeur du Cetic de Baham, Gabriel Sando. Il était d'autant plus ému que ces salles de classe sont construites en matériaux définitifs. Et que, deux semaines après la rentrée scolaire 2008/2009 son établissement scolaire fonctionnait encore sur le site du lycée bilingue de Baham, à cause de l'absence de bloc pédagogique. Les besoins sont énumérés sur le champ, question d'attirer l'attention des bonnes volontés à investir dans un établissement qui a été transformé en lycée technique, et qui n'attend que d'autres textes pour s'ouvrir au second cycle : absence de courant triphasé pour les électriciens et d'équipement lourd pour les ateliers de maçonnerie, de menuiserie etc. Ou encore le déficit en personnel.

Le Cetic de Baham compte actuellement cinq enseignants fonctionnaires et vingt-deux vacataires rémunérés par l'Association des parents d'élèves (Ape). Il attend si possible d'avoir seize professeurs en enseignement général, dix-neuf en enseignement technique, trois surveillants de secteur et une secrétaire. La demande n'est pas tombée dans des oreilles de sourds. Le préfet des Hauts-Plateaux, Joseph Fover Tangwa, préside la cérémonie de remise des trois salles de classes flambante neuves au Cetic de Baham, ouvert 2005. Il en profite pour souhaiter que les élites du coin fassent autant, pour que Baham soit dotée d'infrastructures scolaires pouvant répondre à une demande croissante. Le maire de Baham, Elias Tchadje, le rejoint dans cet appel, tout en indiquant que ce don entre dans une logique de partage. " Il y a dans Baham des personnes qui peuvent réaliser 100 fois ce que j'ai pu accomplir bien modestement ici au Cetic. C'est pourquoi l'ouvrage que nous inaugurons n'est rien d'autre qu'une exhortation et un encouragement de ces braves hommes et femmes de Baham et des Hauts-Plateaux à poursuivre leurs généreuses actions de modernisation de Baham, ainsi que de développement et de lutte contre la pauvreté ", répond Maurice Kamto. Ce n'est pas tout.

Maurice Kamto annonce également des chantiers qui seront ouverts par le gouvernement. Il parle de la construction d'une prison et l'ouverture du Tribunal de première instance de Baham ou du Tribunal de grande instance des Hauts-Plateaux. Il rêve de doter Baham d'un centre international de technologie appliquée. " Je l'ai toujours dit et je voudrais le répéter : nul ne peut remplacer l'Etat dans l'œuvre grandiose du développement national. Nous ne pouvons que l'accompagner en toute modestie ", poursuit-il. Avant d'ajouter : "C'est pourquoi la réalisation qui nous rassemble ici ce jour ne peut être interprétée autrement que comme une manière d'exprimer notre reconnaissance au gouvernement qui, en dépit des sollicitations multiples provenant de tous les coins du pays, n'oublie pas le département des Hauts-Plateaux et son chef-lieu".

Le don du week-end dernier vient s'ajouter à d'autres réalisations faites en décembre 2005 par Maurice Kamto, au cours d'un périple qualifié de " Tournée sociale ". Sous sa double casquette de ministre délégué et de président du comité de gestion de l'Association pour la promotion économique, sociale et culturelle du département des Hauts-Plateaux (Apesc), il avait ainsi remis des matériels de santé dans des centres de santé, construit un pavillon au centre de santé de Bangou et six salles de classe à l'école catholique de Pekwa. Il avait aussi offert 500 tables bancs répartis dans neuf groupements des Hauts-Plateaux. La priorité étant à la formation des jeunes et à la santé.
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