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| Directeur de la Publication Alain Blaise Batongue |
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» Quotidienmutations
INTERNATIONAL | 18 Dec 2008
Barak Obama : Le nouveau visage de l'Amérique
Son vent de changement souffle sur Washington et le monde. Aurélie Louchart (Evene.fr)
Il était une fois une Amérique qui, par deux fois, avait élu un président néo conservateur et qui envisageait de donner le pouvoir à un homme en tous points différent de son prédécesseur. Un certain Barack Hussein Obama, encore inconnu sur la scène nationale il y a quatre ans. Un homme qui fait campagne sur des valeurs d'espoir, de changement. Un homme qui tente de redonner foi à ses concitoyens en l'american dream. Barack Obama laisse au second plan la couleur de sa peau. L'important se trouve dans son programme, son projet pour les Etats-Unis, pas dans ses origines. Sans se révéler essentiel, cet élément marque malgré tout un tournant dans l'histoire. Il y a cinquante ans, une personne de couleur n'avait pas le droit de s'asseoir à l'avant d'un bus dans le sud des Etats-Unis.
Aujourd'hui, en Louisiane, dans le Mississippi ou en Georgie, les électeurs démocrates ont tous préféré Barack Obama à des candidats blancs. On ne peut nier l'importance d'un tel changement. D'autant que Barack Hussein Obama n'est pas seulement noir mais métis. On le trouve tantôt trop noir, tantôt pas assez. Ainsi, lorsqu'il se présente au sénat en 2000 face à Bobby Rush, ancien leader des Black Panthers, une partie de ses opposants le traitent d'"Oreo", ce biscuit au chocolat fourré à la vanille. Obama est un "sang-mêlé". Certains n'apprécient guère, mais il reflète le visage de l'Amérique de demain : en 2050, les Blancs seront minoritaires aux Etats-Unis.
Le changement, Obama le signifie aussi à l'étranger. Le sénateur de l'Illinois représente l'Amérique multiculturelle dont beaucoup rêvent. En France, l'"Obamania" bat son plein. En 2004, l'Hexagone s'enthousiasmait pour le démocrate John Kerry mais cette fois, l'ampleur est tout autre. Un comité de soutien français au candidat a même été monté. On y retrouve Olivier Duhamel, Jack Lang, Sonia Rykiel, Bernard Henri-Lévy, Frédéric Mitterrand ou Bertrand Delanoë. A l'étranger, aujourd'hui, une personne sur deux a une opinion négative des Etats-Unis. Ce score les relègue juste derrière la Corée du Nord. Comme l'explique Joseph Nye, le théoricien du soft power: "Une présidence Obama serait le meilleur moyen de faire progresser le pouvoir d'attraction de l'Amérique dans le monde."
Avec un père kenyan musulman, une mère texane agnostique, un passé partagé entre Hawaï, Chicago, l'Indonésie, Barack Obama offre une image différente, nettement plus ouverte sur le monde. Avant même qu'il n'ouvre la bouche, le sénateur change déjà tout. Un homme dont le deuxième prénom est Hussein inspire moins d'a priori négatifs qu'un Bush texan et blanc et qui n'avait jamais mis les pieds à l'étranger avant son élection. D'autant que le Hussein en question s'oppose depuis le premier jour à la guerre en Irak et prône le multilatéralisme. Il laisse imaginer qu'une nouvelle ère est possible. Et au-delà du symbole, elle l'est peut-être vraiment.
Barack Obama se distingue très clairement de la ligne politique de l'actuel locataire de la Maison Blanche. Il lui apparaît essentiel de rétablir le dialogue avec tous les Etats, sans conditions préalables. Il se dit notamment prêt à rencontrer Mahmoud Ahmadinejad ou Hugo Chavez dès la première année de son mandat. Obama voit l'Europe et le Japon comme des alliés, la Chine comme un concurrent, non un ennemi. Ce diplômé en sciences politiques et relations internationales de l'université de Columbia a écrit une thèse sur les relations Nord-Sud et est adepte du soft power et du multilatéralisme: Il désire renforcer l'Otan et fait de la lutte contre la pauvreté dans le monde l'une de ses priorités. Le sénateur de l'Illinois souhaite investir 150 millions de dollars en dix ans pour encourager le recours aux biocarburants et promouvoir les énergies renouvelables.
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