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VOUS | 21 Feb 2007
Souveraineté : Pour une monnaie nationale
Quitter la zone franc pour créer une monnaie nationale suscite l'angoisse des groupes sociaux qui en tirent profit au Cameroun.
Par Robert Nyom *

Pourtant, il est impératif pour les pays africains de créer chacun leur propre monnaie nationale. A son stade actuel de sous- développement, il est suicidaire pour le Cameroun de continuer de jour à cache-cache sous le label fallacieux de l’intégration monétaire La politique monétaire et la politique fiscale constituent les deux outils les plus puissants de toute politique économique. Or, le Cameroun n'utilise aucun d'entre eux. Son économie est fragile et extravertie car basée sur les produits de rente.
La surévaluation du franc Cfa ne permet pas de développer les industries locales. Cette monnaie n'est qu'un "instrument de pouvoir au service des élites urbaines". Le mythe de la convertibilité totale et illimitée qui a longtemps justifie son maintien est maintenant dépassé. Le franc Cfa n'est plus convertible au sens où le prévoit l'article 9 de l’accord de novembre 1972. Depuis août 993, sa transférabilité est également très limitée.
En fonction de son volume de réserve de change, chaque pays peut créer te monnaie qui soit convertible à un taux et dans les conditions fixées en fonction du volume des réserves, de la cohérence des politiques macro-économiques mises en œuvres et de la crédibilité des dirigeants.

On ne peut pas dire que les marchés africains soient trop étroits et peu viables pour de nouvelles monnaies, car il existe désormais un seul marché mondial de plus de 5 milliards de consommateurs auquel s’adressent tous les producteurs de chaque pays. Les anciennes républiques soviétiques ont chacune leur monnaie, mais elles n'ont rien de plus que le Cameroun, le Gabon, le Bénin, etc. Ces pays (la Lituanie, la Lettonie etc.) ont pourtant bénéficié du soutien financier et technique de la communauté internationale et des bailleurs de fonds pour la création de leur monnaie. Les pays africains qui se portent mieux aujourd'hui (Iles Maurice, le Botswana) sont des marchés réduits. La monnaie nationale leur permet justement de s’attaquer au marché mondial.

Abandonner le franc Cfa n’est pas un renoncement au processus d’intégration économique de l'Afrique. Le franc Cfa n’a pas été créé pour renforcer l’intégration en Afrique. Bien au contraire, la principale fonction de cette monnaie, c'est de diviser les peuples africains. L’Umoa a été créée en 1994 entre un petit groupe de pays francophones pour combattre et affaiblir la Cedeao créée en 1975 et réunissant les pays anglophones, francophones, lusophones. De même, la CEMAC qui a été créée la même année entre les pays francophones d'Afrique centrale nourrit les objectifs déJà assignés à l'Udeac et à la Ceeac et exclut le Zaïre et l’Angola.

La création d’une monnaie nationale constitue une affirmation de la souveraineté d'un état. Le Cameroun ne devrait, sous aucun prétexte, abandonner une partie de sa souveraineté à une puissance étrangère. Le Cameroun a payé tr cher le prix de son indépendance en sacrifiant beaucoup de ses meilleurs fils.
Economiquement, l'appartenance du Cameroun à la zone franc ne lui a rien apporté de positif à notre connaissance. Bien au contraire, cette appartenance l'a beaucoup plus fragilisé son économie au moment où la crise économique internationale a éclaté. Une monnaie nationale pour le Cameroun est donc une nécessité impérieuse.
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