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| Directeur de la Publication Haman Mana |
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» Quotidienmutations
VOUS | 25 Oct 2007
Gouvernant : Discours et agir en politique
Esquisse d'une compréhension du triomphe de la démagogie. Par Josué Ngako *
C'est trivial d'affirmer qu'à travers le monde, on élit à une fonction politique sur la base d'un programme, d'un projet de société, d'une idéologie. Ainsi chaque parti politique, chaque homme qui s'engage dans la course à une charge sociale, à une responsabilité publique, doit se présenter au peuple, aux populations. Ce sont celles-ci qui en tout état de souveraineté l'éliront suivant son discours, suivant ses promesses, selon son charisme, suivant ses principes, son mode de vie et selon ses actions concrètes réalisées dans le passé éventuellement. C'est pourquoi la politique est aujourd'hui tout une science, tout une école, une envie, un attachement au peuple, aux valeurs que l'on voudrait défendre, partager avec la majorité des concitoyens .C'est pourquoi ceux qui chez nous et partout ailleurs en Afrique qui refusent de commencer quelque part ont tort .En effet la politique se résume-t-elle au simple discours? Est-elle pure idéologie? Le retard criard observé en Afrique n'est -il pas la conséquence directe de la réduction de la politique au discours creux/ démagogique? Comment justifier ce hiatus qui existe entre les promesses électorales et les agirs des hommes politiques? La spéculation, la démagogie font-elles partie intégrante du jeu politique?
De façon graduelle, analysons les comportements des hommes politiques en Afrique et au Cameroun en particulier. Nous constatons simplement qu'ils n'ont jamais pensé une véritable mutation sociale, une idéologie forte pouvant forcer l'adhésion immédiate et inconditionnelle de la majorité du peuple. Il faut noter pour le condamner avec la dernière énergie que l'atmosphère de morosité économique et sociale dans laquelle nous vivons n'est guère favorable au triomphe du bien sur le mal, de l'amour sur la haine .Le combat pour la primauté de la bonne conscience, de la vertu est et demeure une personnel. Il est le vôtre, il est le nôtre, mais à condition que l'instigateur soit l'autorité en place, et qu'il ne soit pas mal élu. Les mots, les discours, les promesses ne sont rien s'ils ne trouvent un écho favorable dans les cœurs et n'éveillent le désir d'agir chez les hommes. Cette action doit être impulsée en amont par le politicien dans ces discours, pour q'en aval la masse y participe en transformant, en contribuant de façon engagée à la matérialisation des idées élaborées.
Le Cameroun est constitué d'êtres humains et c'est uniquement par la volonté des hommes politiques à changer les choses, à transformer que les camerounais développeront leur pays. Un développement fondé sur discours vrai, et qui passe par un esprit de solidarité, basé sur le respect de l'autre quelle que soit ses convictions, c'est une entreprise délicate, souvent ingrate mais indispensable à l'épanouissement de tout camerounais. Le politicien est celui dans ces promesses électorales, établit une frontière entre le réalisable et l'irréel. Autant sur le plan économique que des droits et libertés. Le droit au travail, au repos, à la protection de la santé, à la sécurité matérielle dans la vieillesse en cas de maladie, au logement ne doit pas être un slogan purement vide, sans contenu ne visant qu'à tromper le peuple. Les libertés de parole, de presse, de réunion, de manifestation, de protection de la famille, de l'inviolabilité de la personne humaine, du domicile, sont inconditionnellement des actions qui relèvent de la politique. Et quotidiennement, nous entendons ce discours à la veille de chaque échéance électorale.
Respect des Droits de l'Homme comme principe politique C'est pourquoi nous plaidons ici pour faire cesser ces méthodes très peu orthodoxes et condamnables dans la pratique du jeu politique, qui est plus tôt un jeu sérieux. La violation flagrante des doits et des libertés a considérablement émoussé la ferveur militante et l'engagement des camerounais par rapport à la chose politique. Tout cela doublé du grand mépris qui consiste à ignorer, à violer leur choix de façon assez régulière lors des consultations par vote pour le choix des représentants locaux du peuple ou du président de la république. Les hommes et les femmes sont déçus de la politique politicienne et sont prêts à donner à leur vie toute une autre orientation, tellement ils ont été manipulés et violentés dans leur orgueil propre. C'est pourquoi il faut faire une différence entre l'idéologie pure et la politique dont la mission est la gestion harmonieuse, equilibré, rationnel des affaires de la cité, tout en sauvegardant les intérêts de tous et de chacun. S'il est vrai que le vote est un droit inaliénable, il est aussi vrai que le choix issu du de cette opération doit scrupuleusement être respecté. Ne pas le faire c'est porter atteinte à la dignité humaine.
Car voter c'est manifester son humanité. La démission, l'abandon, la désertion, la non inscription sur les listes électorales que nous observons chez nous est une preuve patente, désolante et ecoeurante de la politique démagogique qui mine notre système .La politique consiste en effet, à ce que l'homme devienne toujours plus homme, qu'il puisse "être" davantage et pas seulement qu'il puisse "avoir" davantage, et que par conséquent, à travers ce qu'il a tout ce qu'il possède, il sache de plus en plus pleinement être homme. Pour cela il faut que les politiciens épousent l'action et mettent un accent particulier sur le respect inconditionnel des droits de l'homme tel que édité et prescrit dans la Déclaration universelle des Droits de l'Homme d'une part et d'autre part tel que les circonstances l'imposent. Le respect des droits fondamentaux est inhérent à la politique: c'est la nouvelle donne et chaque politicien doit s'y conformer dans un monde où l'international commande le national désormais. Autant on peut saluer le nouveau code de produire pénal, on autant on peut relever pour le déplorer la lenteur et la discrimination dans son application.
Ce qui met à nu la justice sociale à deux vitesses, une pour les nantis et l'autre pour les démunis destinés à croupir en prison pour des peccadilles. Le respect des droits consiste aussi et surtout à se soumettre à la séparation des pouvoirs et que chaque instance puisse agir comme les lois le prévoir, c'est d'ailleurs la condition sine qua none pour un fonctionnement harmonieux de la société sur le plan politique. Il est de notoriété international que les élus les ministres sont au service de ceux qui les ont élus ou pas dans une nation. C'est pourquoi le peuple assoiffé de concrétude, de l'effectivité attend la réalisation, la matérialisation des idées avec lesquelles Paul Biya et ses amis nous ont bourré le tête depuis plus de 25ans. Le politicien doit s'affirmer par l'action pour que la chose politique devienne véritablement affaire de tous. Le faisant il aura réconcilié le peuple avec son destin. Jean Fourastié pense que si le politicien devient homme d'action, la révolution économique de notre temps sera engagée . Ne le faisant pas il embarrassent les citoyens qui savent où se trouvent leurs intérêts. Cet état de chose peut avoir des conséquences malheureuses. Les citoyens peuvent ainsi s'opposer rester passifs face à tout.
3-Plaidoyer pour une politique de l'action et de l'action en politique. D'ailleurs la résistance et l'obéissance sont les vertus du citoyen, par l'obéissance il assure l'ordre, par la résistance il assure la liberté. On constate que pour l'absence d'action en politique, les masses peuvent être amenées à organiser une résistance. Et cela si le peuple l'ignore c'est dangereux, car la résignation en politique est un suicide au quotidien comme l'affirme Platon in Gorgias. Il faut que la politique nous offre toujours le temps de la paix, de l'abondance, et de la douceur de vivre qui dure, et cela n'est possible que si tous les politiciens camerounais s'engagent à matérialiser les projets de société qu'il nous propose une fois élu. L'action en politique est comme un but en football. C'est la finalité de la pratique politique. Donner sa parole c'est faire preuve confiance, mis la respecter c'est valoriser l'autre et reconquérir son estime pour les prochaines échéances. Chez nous la parole vaut de l'or. Dire la vérité faire ce que l'on a dit "c'est rendre grâce à son discours" , c'est ouvre de politicien et non se situer dans une "éloquence politique qui est une flatterie et qui est laide". Le politicien est toujours en face de deux genres de vie, celle qui plaît et celle qui vaut. La première est ce que l'auteur de La République appelle démagogie, le discours des sophistes et qui malheureusement n'est pas toujours bien apprécié par les citoyens, qui ignorent qu'en politique l'utile vaut mieux que l'agréable.
Les propos de Démosthène leur sont adressé: "je crois que le bon citoyen doit préférer les paroles qui sauvent aux paroles plaisent" Cette affirmation vient bien opportunément outiller nos compatriotes qui se sont déjà enlisés dans les discours ponctués de belles paroles de nos veneurs d'illusions de tout bords; que di-je de nos politicards sans foi ni loi. Ce dont on a besoin aujourd'hui au Cameroun ce ne sont pas les promesses mais des réalisations concrètes qui viendraient diminuer les souffrances des populations et leur offrir des conditions beaucoup plus meilleures de vie. Les populations qui ne doivent plus s'accommoder des peines aussi lourdes à supporter que la croix du christ et se détourner de tous les démagogues, pour s'allier exclusivement aux dirigeants qui sont à mesure de transformer les rêves en réalités et de bâtir des projets autour desquels toutes les populations se mobiliseraient pour changer leur destin en bien. La politique a toujours été de tout temps le passage des idées à l'action. La réalisation d'un espoir commun, fédérateur d'énergie pour impulser le développement. Il est temps que les politiciens de notre pays exaucent les vœux des citoyens qui les ont portés à la charge de la de gestion des affaires publiques dans la cité.
Nous constatons que nos " mal élus " aux différentes échelles sociales, et à divers degré de responsabilité sont des inactifs insolents qui pensent qu'ils n'ont pas de comptes à rendre à ceux qui les ont élus. Et il faut que cela cesse forcément, que les maires assument les responsabilités pour lesquelles ils ont sollicité les suffrages. Car s'ils l'ont fait, c'est parce qu'ils avaient quelque chose à offrir, un objectif, une finalité vers laquelle ils se proposent de conduire le peuple par des actes précis. On ne peut donc pas justifier la politique de l'inertie qui caractérise les administrateurs municipaux, qui dans leur localité ont tant de chose à faire, tout à reconstruire, tout à bâtir, tout à semer et à planter. On nous parlera des moyens pour l'accomplissement ces tâches et nous répondrons que ceux disponibles peuvent être exploités, utilisés, répartis rationnellement.
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