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| Directeur de la Publication Alain Blaise Batongue |
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» Quotidienmutations
ENQUETE | 15 Dec 2008
Gicam : Le temps de la suspicion et des soupçons
Candidat à sa propre succession, Olivier Behle refuse la mise en place d'une Commission électorale proposée par M. Ayangma. Les élections du Bureau exécutif programmées le 17 décembre prochain ne s'annoncent pas sous de bons auspices. AGA Minc (12 décembre 2008)
C'est par une correspondance datée du 30 novembre 2008, la veille même de la publication des listes officielles et définitives des candidats en compétition pour les élections du Gicam, que M. Olivier Behle, le président intérimaire et candidat à la succession de André Siaka, a rejeté l'idée de création par le Bureau du groupement d'une Commission électorale ad hoc, proposée une semaine plutôt par la tête de la liste concurrent, Protais Ayangma. Selon la correspondance dont AGA MEDIAS Inc a pu prendre connaissance du contenu, le Président intérimaire du Bureau du Gicam, soutient qu'une telle Commission n'est pas prévue par les textes (Règlements intérieur et statuts) du Gicam.
Interrogé par nos reporters, l'équipe de campagne de la liste Gicam en mouvement que conduit M. Ayangma s'est dit " troublée par la réaction unilatérale du Président Behle qui n'a même pas daigné réunir le Bureau exécutif à qui la demande était destinée ". Pour M. Ayangma et les membres de sa liste, - qui étaient réunis à Douala jeudi dernier pour examiner les conditions et l'environnement d'organisation de l'assemblée générale élective du 17 décembre prochain - , "en s'enfermant, sur cette question, dans un juridisme de circonstance, là où les textes, s'agissant des règles d'organisation équitable des élections au groupement, sont du reste muets, le président intérimaire ne rassure pas les membres adhérents du Gicam sur sa volonté de contribuer à des élections crédibles ". Pour autant, les membres de la liste "Gicam en mouvement", maintiennent leur décision de participer aux élections prévues au cours de l'assemblée générale prévue mercredi prochain au siège de l'organisation à Douala.
Prenant acte de la position du Président intérimaire, et de fait de l'incapacité du Bureau exécutif, qui est candidat à sa propre succession, à se mettre au-dessus de leurs intérêts partisans, des membres de la liste " Gicam en mouvement " n'excluent pas de soumettre leurs exigences à l'ensemble des adhérents à l'ouverture de l'Assemblée générale, instance suprême du groupement. D'autant que, des manœuvres de déstabilisation de cette liste sont de plus en plus perceptibles. Selon des informations glanées dans l'entourage de M. Ayangma, le 5 décembre dernier, soit cinq jours seulement après la publication officielle des deux listes définitivement arrêtées pour participer à la compétition électorale, sur ordre du président intérimaire, le Secrétaire exécutif du Gicam, M. Martin Abega, a adressé à plusieurs patrons investis pourtant le 1er décembre 2008 dans les deux listes en compétition, de choisir, toutes affaires cessantes, une seule des deux. Constitués pour la plupart de représentants d'organisations et syndicats patronaux affiliés au Gicam, la plupart d'entre eux auraient ainsi été obligés de jeter leur dévolu sur "la liste de l'establishment et du statu quo" - dixit Ouest Echos. Cette liste dans laquelle figure M. André Siaka est conduite par M. Behle. L'on sait que c'est l'Adg des Brasseries du Cameroun qui en avait coopté l'essentiel des représentants des syndicats et organisations patronaux, pendant ses mandats précédents à la tête du Gicam.
Or, aussi bien le Secrétaire exécutif que les présidents sortant et intérimaire, de même d'ailleurs que tout membre avisé du Gicam, sait pourtant qu'il n'existe pas suffisamment de syndicats et organisations patronaux adhérents pour figurer séparément dans chacune deux listes, à concurrence de 8 par liste. Les statuts du Gicam, qui ont été adoptés en période de non concurrence, prévoient pourtant que chaque liste, pour être régulière, doit comporter 8 syndicats et organisations patronaux, sur les 24. Le Gicam jusqu'ici compte seulement une douzaine d'organisations et syndicats patronaux. Ce qui peut justifier que les deux listes- et pas seulement celle de M. Ayangma comme l'ont écrit certains confrères- comprenant des doublons avaient pourtant été validées ainsi, comme le révélaient d'ailleurs AGA MEDIAS Inc dans sa dépêche du 6 décembre dernier. Dans le camp de M. Ayangma, on se veut serein malgré ces désistements survenus en milieu de semaine. Non seulement les listes, qui ont été examinées pendant au moins 1 mois, par l'organe statutairement compétent qui les a publiées par le biais du secrétaire exécutif, mais les statuts du Gicam donnent la possibilité au président élu de coopter de nouveaux membres pour compléter son équipe en cas de désistement.
Déposées comme l'exigent les textes du Gicam au plus tard le 30 octobre, les deux listes ont été publiées le 1er décembre 2008. Soit un peu plus de 15 jours avant le scrutin comme le prévient les mêmes textes. S'il venait à l'issue du Bureau sortant de tenter une disqualification de la liste "Gicam en mouvement", comme le subodorent certains observateurs, à l'effet de ne pas affronter une concurrence à laquelle les pratiques séculaires au Gicam n'avaient pas préparé ses membres, il sera toujours temps d'invoquer devant l'assemblée générale le principe général de droit " nemo auditur… ". Traduction : " nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes ". C'est en effet le Bureau sortant qui a examiné et arrêté " définitivement " les listes qu'il tente aujourd'hui de contester.
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