Directeur de la Publication Haman Mana
   

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ENQUETE | 15 Feb 2007
Commentaire : Crédibilité
Que s’est-il donc réellement passé et jusqu’où la vague actuelle au sein du barreau veut-elle entraîner ses principaux responsables ? S’il est difficile de le dire avec précision, une chose semble cependant sûre : la crise ouverte par ce qu’on appellera désormais "l’affaire Hervé Nkom" est bien plus profonde qu’il n’y paraît.
A.B.B.

D’abord, parce que, malgré le secret des délibérations, il est désormais su de tous les avocats que Me Tchoungang, le bâtonnier, a voulu faire passer "au forceps" un dossier qui, manifestement, avait des problèmes. Car, selon des sources crédibles, et comme il est prévu dans les procédures internes, l’examen du dossier Hervé Nkom a d’abord été confié à Me Marthe Massot qui, dans ses propositions, l’a jugé irrecevable. Me Tchoungang l’a alors repris pour le soumettre à quelqu’un de plus sûr, le secrétaire général adjoint, Me Tchakounté Patié, celui-là même qui s’était illustré il y a quelques mois en signant, au nom du bâtonnier, un communiqué engageant tout le barreau sur une affaire strictement privée qui concernait Charles Tchoungang et son ex-épouse, Yolande Ambiana.

Et même si, aujourd’hui, le bâtonnier évoque les pouvoirs qui lui permettent, "seul, d’admettre au tableau de l’ordre, un postulant, à condition que le dossier de celui-ci ait été en souffrance depuis longtemps dans le pipe", il reste évident que sa manœuvre pose, pour l’ensemble de la profession, un problème de probité qui ne manquera pas d’avoir de graves répercussions sur sa conduite future des affaires.
Si, relève un avocat à Yaoundé, "le bâtonnier est capable de garder sa sérénité parce qu’il faut aider un copain, peut-il, dans ces conditions, conduire avec équité l’organisation du concours d’entrée dans la profession que l’on dit imminent?" La question, dit-on avec insistance, doit désormais se poser publiquement et en toute liberté, quitte à prendre des résolutions conséquentes.

Il y a également le bras de fer qui oppose désormais Me Charles Tchoungang au procureur général près les tribunaux de Douala, qui a décidé, sur la base d’éléments en sa possession, de faire appel de la décision prise en conseil de l’ordre. Le bâtonnier a beau dire que l’appel n’est pas suspensif, il est clair que Hervé Nkom ne peut pas encore se considérer comme avocat au barreau du Cameroun, puisqu’il lui faudra d’abord prêter serment auprès de celui qui conteste les modalités de sa admission au sein du barreau du Cameroun.
En réalité, Me Tchoungang, dans son opposition avec M. Djodo, a voulu jouer sur le bloc des avocats contre un corps étranger, alors qu’il s’appuyait sur une décision déjà contestée pa une frange importante de la corporation, et qui l’a lui-même mis en minorité, fragilisant de ce fait son pouvoir. Tout le monde, au sein du barreau comme de l’opinion publique, est désormais curieux de savoir comment cette affaire sera réglée en appel. Car, de son verdict pourrait dépendre la crédibilité, et donc l’avenir de l’actuel bâtonnier qui, manifestement, a joué gros.
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