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| Directeur de la Publication Haman Mana |
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» Quotidienmutations
ECONOMIE | 06 Mar 2007
Esthétique : Ce que coûte la beauté chez les femmes
Selon leurs bourses, les camerounaises ne lésinent pas sur les moyens pour entretenir leurs corps. Eric Vincent Fomo (Stagiaire)
Carine est une jeune adolescente de teint clair. Dès qu’elle a eu l’âge de prendre soin de son corps, elle est allée à Caprice institut, un salon d’esthétique et de coiffure situé au quartier Mendong, à Yaoundé. Et c’est là qu’elle s’est rendue compte que l’entretien de son corps n’était pas une affaire de charité. "On m’a demandé dans ce salon 25.000 Fcfa juste pour me maquiller", raconte cette jeune fille rencontré hier au Salon d’esthétique et de la beauté baptisé Kosmética 2007, qui se déroule actuellement sur l’esplanade de l’hôtel de ville de Yaoundé. Conséquence, elle a préféré se rabattre dans un petit salon à Ekounou, pour "se faire belle" à sa façon.
Cette expérience, Flore l’a aussi vécue. "Quand j’ai voulu avoir une peau claire (se décaper), je suis allée dans un salon de coiffure, et les prix qu’on m’a indiqués m’ont laissé ahurie. Il était question de suivre un traitement d’au moins un mois pour changer complètement de peau. Et pour cela, il me fallait prévoir 60.000 Fcfa, ce que je n’avais pas". Mais, afin de satisfaire son envie, Flore est allée voir une esthéticienne de son quartier à Mendong, qui lui a demandé "tout juste 20.000 Fcfa". Tout ceci montre combien est coûteux la beauté des femmes. "C’est une question de moyens. Si une femme n’a pas assez d’argent, elle ne peut prétendre se maquiller dans un salon d’esthétique et coiffure", explique Brigitte Solène Teledjina, esthéticienne à In coiffure, un salon d’esthétique situé au quartier Bastos à Yaoundé. Et comme pour corroborer ses propos, cette dernière révèle que "quand une femme veut garder son teint ou l’entretenir, je lui compose un lait de toilette qui coûte 40.000 Fcfa". Un million Fcfa Cette difficulté rencontrée par Carine et Flore pour accéder aux soins du visage, des pieds et des mains, de la peau et des cheveux, etc. à cause de la modicité de leurs moyens, Jeanine M., cadre dans une société de la place, ne les connaît pas. "Je dépense à peu près 750.000 Fcfa par an pour l’entretien de mon corps, dont 500.000 Fcfa pour mes cheveux et 250.000 Fcfa pour le reste". Le coût de ses soins corporels est dû au fait que, précise-t-elle, elle "utilise des produits naturels faits à base d’Aloe vera et d’amende douce". Gaëlle T. fait également partie de cette catégorie des privilégiés, c’est à dire ces femmes dont les coûts des soins corporels peuvent représenter annuellement dix fois le budget de l’alimentation dans certains ménages au Cameroun. Cette employée de banque confesse qu’elle dépense "3.000 Fcfa par jour pour son maquillage à l’Institut de beauté Julia’a", situé en face de l’Ambassade d’Arabie Saoudite au quartier Bastos. Soit près d’un million FCfa par an. "Mon mari veut me voir belle, et il ne lésine pas sur les moyens que ça nécessite", confie-t-elle, l’air suffisante.
Mais, depuis l’ouverture (le 1er mars dernier) du salon international de l’Esthétique et de la beauté (Kosmética), qui s’achève ce jour, Carine, Flore et les autres femmes plus nanties, ont été logées à la même enseigne. Elles ont bénéficié de tarifs préférentiels pour se faire belle: 1000 Fcfa pour la pédicure et la manucure au lieu de 3 à 4.000 Fcfa comme d’habitude. Mais, la réalité ne tardera pas à reprendre ses droits. Et certaines seront obligées de suivre l’exemple de Christiane Azegue, qui a trouvé une solution pour ne pas trop dépenser toutes ses économies dans les soins corporels: elle utilise le Fair and White (un lait de toilette qui coûte 3500 Fcfa) et compose une potion pour le traitement des cheveux, fait à base de miel, de jaune d’œuf, d’avocat et de cholestérol. Le tout lui revient à 1000 Fcfa seulement.
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