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ECONOMIE | 25 Oct 2007
Consommation : Le plantain se raréfie sur les étals à l’Est
Malgré l’existence d’un programme de relance de la culture de cette denrée, la pénurie s’installe sur le marché.
Sebastian Chi Elvido

Le week-end dernier, Mme Marie Blaise Nyassie, attaché commerciale dans une entreprise de Bertoua, capitale provinciale de l’Est, à l’habitude de faire consommer du plantain à sa famille trois fois par semaine. Mais, depuis près d’un mois, cette dernière à revue ses prétentions à la baisse du fait de la rareté de cette denrée dans les marchés de la ville de Bertoua, qui a elle-même provoqué la hausse des prix de ce produits vivrier. Dimanche dernier, par exemple, cette grande consommatrice de plantain a dû débourser 800 Fcfa pour acquérir un minuscule régime de plantain habituellement vendu à 400 Fcfa.
Interrogée sur cette hausse des prix du plantain dans une région pourtant considérée comme un bassin de production de cette denrée, Collette Zangué, vendeuse de plantain au marché de Bertoua, explique que "le plantain coûte très cher maintenant en brousse [zones de production]. En plus, il faut payer le transport qui est aussi devenu cher".

Pour étayer ces propos, la vendeuse affirme que le régime de plantain qui se vendait habituellement au prix de 800 Fcfa à Ndeng Ndeng, localité située à une trentaine de kilomètres de Bertoua où le plantain est produit en abondance, revient désormais à 1200 Fcfa. Lorsqu’on y ajoute les frais de transport, les vendeuses de Bertoua qui se ravitaille à Ndeng Ndeng, pour se faire une petite marge bénéficiaire, sont obligées de céder le même régime à au moins à 1500 Fcfa, apprend-on. A côté de tout ce qui précède, Seidou Mouchili, transporteur reconverti dans la vente du plantain, évoque un autre problème: la sécheresse qui, cette année, a provoqué des feux de brousse ayant dévasté des plantations entières dans l’arrondissement de Mbang, un autre grand basin de production de plantain à l’Est. Par ailleurs, des investigations menées par le coordonnateur du projet plantain du ministère de l’Agriculture à l’Est ont révélées qu’il y a un mois, des clients venus du Gabon avec des camions ont investi les villages du département du Haut-Nyong, où ils ont raflé, à des prix très intéressants, la petite production existante. D’où la pénurie observée de ce côté là.

700.000 plants
Par voie de conséquence, face à la rareté du plantain qui a entraîné le relèvement des prix, les ménages sont contraints de changer leurs habitudes alimentaires. Si Marie Blaise Nyassie, elle, a simplement décidé de réduire la consommation du plantain dans sa famille, Henry Ngwashi, commerçant au marché de Bertoua a, quand à lui, opter pour le retrait de cette denrée dans ses repas. "Je ne mange plus le plantain", confie-t-il, dans un air de dépit. Le plantain a également disparu au menu du restaurant que gère Odette Nguemessi à Beretoua. La pénurie de plantain observée dans la ville de Bertoua et l’ensemble de la province de l’Est intervient 4 ans seulement après la mise en oeuvre du programme de relance de la filière plantain (Prfp) par le ministère de l’Agriculture et du développement (Minader).

Ce programme, selon des sources internes à la délégation provinciale du Minader pour l’Est vise à accroître et à garantir la production des semences de qualité, à augmenter la productivité des exploitations, à assurer la disponibilité régulière du plantain sur les marchés domestique et sous régional. Avec pour conséquence, au bout du compte, l’augmentation des revenus des différents acteurs de la filière, notamment les petits planteurs et les commerçants. Selon Jean Claude Mekoak Mebolou, coordonnateur du Prfp pour l’Est, même s’il est difficile d’évaluer l’impact du programme à l’Est par manque de statistiques, plusieurs actions sont déjà menées dans le cadre de la relance de cette filière depuis 2003. Il s’agit, entre autres initiatives, de la distribution d’environ 600.000 plants et 39 tonnes d’insecticide aux planteurs. Malheureusement, confesse Jean Claude Mekoak Mebolou, toutes ces actions sont restées sans effets palpables, dans la mesure où depuis 2003, le programme fonctionne à l’Est avec un personnel très réduit. Ce qui, affirme le coordonnateur du Prfp, a rendu insuffisant le suivi des producteurs.
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