Directeur de la Publication Alain Blaise Batongue
   

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Spécial Fenac 2008 | 24 Dec 2008
Eullalie Nyom Nsecke : Je suis heureuse
Epis de bronze du concours de photographie, elle dit son espoir de voir son art plus valorisé.
Propos recueillis par Dorine Ekwè

Vous êtes photographe et avez reçu l'épi de bronze au concours de photo organisé en marge du Fenac 2008…
Je suis heureuse, tout simplement. Je le suis d'autant que pour moi cette consécration est importante parce que, à travers un objectif, peut faire vivre à une population des choses qu'elle ignore. De même, la photo joue un rôle capital dans la culture. Grâce à la photo on fait tout et grâce à la photo, on peut tout. Vous avez vu ce matin [hier, mardi], dans mon atelier un arbre historique que j'ai photographié. Il n'existe plus mais grâce à cette photo, on peut savoir qu'il y eut un arbre sur lequel fut pendu le roi Duala Manga Bell c'est déjà quelque chose. Donc, c'est important de faire participer les photographes à ce type de rencontres culturelles. Nous sommes nombreux à être venus au Fenac mais nous avons tous pris un angle particulier à traiter. Moi j'ai pris les arbres un de mes collègues à penser tradition. Il filme les costumes et l'autre a pensé à la vie en société.

Justement en parlant de vos photos, on se rend compte que vous puisez dans le quotidien. Un coup ce sont les danses traditionnelles après ce sont des images de ville et autres. Qu'est-ce qui explique cette démarche ?
Je suis reporter à la base et lorsque je filme, je scinde ensuite. Il y a des animaux, la mode, les danses traditionnelles ça dépend de mon inspiration parce que ici, l'art et l'histoire se mêlent. C'est ce que je préfère. J'aime remplir mon objectif de tout ce que je fais et je vois. Même si je n'utilise pas les clichés sur le moment, c'est toujours une richesse que je conserve précieusement.

Pensez-vous que l'institution de ce genre de compétition puisse imposer la photographie comme un art dans notre univers ?
Oui je pense parce que, en dehors des personnes très proches de la culture, personne ne pense que c'est un art. Lorsque je me retrouve par exemple dans la rue à faire des photos des bâtiments ou d'animaux, des gens me demandent si je n'ai rien à faire. Pour eux, c'est superficiel. Nous sommes dans une société pleine d'incrédules et pour intéresser les gens, je multiplie les expositions. C'est grâce à cela que les gens pourront comprendre. Il faudra sensibiliser le public sur cette question car on peut faire connaître notre histoire juste à l'aide d'un cliché.
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