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| Directeur de la Publication p. i. Alain Blaise Batongue |
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» Quotidienmutations
POLITIQUE | 08 Jul 2008
Répression : La police encercle le Sdf
Une conférence de presse de cette formation politique est interdite par les forces de l’ordre déployées sur le site. Jean Francis Belibi
Joseph Banadzem avait du mal à trouver des mots pour expliquer ce déploiement des forces de l’ordre au siège provincial du Social democratic front (Sdf) au quartier Olezoa, où le groupe parlementaire qu’il dirige à l’Assemblée nationale avait convié la presse pour une rencontre où il était question de faire le point sur la situation des militants de cette formation politique interpellés à la suite des événements de mai 2006 et placés en garde à vue à la prison centrale de Yaoundé. Au moment où il recevait les hommes de médias qui avaient le réflexe de le suivre dans ses bureaux de président du groupe parlementaire au palais de verre de Ngoa Ekellé, les éléments du commissariat central n°3 de la ville de Yaoundé étaient toujours déployés sur le site. "Nous avons pourtant organisé des manifestations ici depuis que le préfet a décidé de la réouverture de notre siège le 4 janvier 2008 ", indique-t-il, comme pour faire savoir qu’il n’avait pas besoin d’une autorisation de l’autorité administrative compétente, à savoir le sous préfet de Yaoundé 3, " pour une rencontre qui avait lieu dans notre siège ".
Sa surprise viendrait du fait qu’il n’y a eu aucune correspondance du sous préfet pour indiquer la non tenue de la rencontre, " juste ce déploiement de policiers que vous venez d’apercevoir ". S’ils se voulaient au premier abord très chaleureux, les éléments du commissariat central n°3 se voulaient pourtant très fermes sur la non tenue de cette manifestation. Joint au téléphone hier soir, Martin Motassie Locko, sous préfet de Yaoundé 3, affirme sa surprise quant à la démarche des responsables du Sdf : " C’est au passage que j’ai appris lundi matin par voie de presse, la tenue de cette rencontre. Nous n’avons pas été saisis pour la circonstance ". Il a également réagi, de la manière la plus claire, sur le caractère de rencontre privée excipé par le président du groupe parlementaire du Sdf : " A partir du moment où cette rencontre devait recevoir des personnes étrangères, elle était soumise à l’obligation de déclaration préalable de la part de ses organisateurs, conformément à la loi ".
Les membres du groupe parlementaire Sdf voulaient, à travers cet échange avec la presse, revenir sur le cas de ces personnes " placées en détention provisoire par le tribunal de grande instance de Yaoundé le 11 juillet 2006". Une détention provisoire renouvelée à plusieurs reprises et dont la dernière expirait le 30 juin 2008, comme on peut lire dans le propos liminaire qui a été prévu dans le cadre de cet échange. Les responsables du Sdf indiquent à cet effet que " conformément aux dispositions du code de procédure criminelle, ils auraient dû être libérés le 30 juin 2008 ".
Face à cette situation, les responsables du parti de John Fru Ndi indiquent avoir engagé deux actions. La première devant le juge d’instruction du tribunal de grande instance du Mfoundi, "pour l’application de l’article 221 du nouveau code de procédure pénale et leur libération immédiate ". La seconde " pour l’application du Habeas corpus en ce qui concerne la section 584 du code de procédure criminelle, requérant le président du tribunal de grande instance du lieu d’arrestation ou n’importe quel juge de cette juridiction à recevoir toute demande de relaxe si la détention est illégale et ne respecte pas la procédure décrite par la loi ". Mais Joseph Banadzem indique que son parti a décidé de se tourner vers les autorités, au rang desquelles le gouverneur de la province du Centre, le préfet du Mfoundi et le sous préfet de Yaoundé 3, " pour comprendre les raisons de ce déploiement des forces de l’ordre ".
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