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SUPPLEMENT COM | 22 Jul 2008
Vie chère : Les hommes de marketing font leur mea culpa
La 5ème édition de "La Palabre Marketing " a démontré leur responsabilité dans cette situation.
Lazare Kolyang

L’inflation semble avoir atteint un niveau incontrôlable, principalement sur les marchés des grandes villes du Cameroun, et ceci malgré les ordonnances du chef de l’Etat de mars dernier portant défiscalisation de certains produits et les différentes décisions du ministre du Commerce visant à mieux surveiller le comportement des acteurs qui interviennent sur le marché. Et pendant que les consommateurs subissent, souvent sans préavis, ces augmentations de prix, ceux qui sont en charge de concevoir les techniques de vente des produits au sein des entreprises, c’est-à-dire les hommes de marketing, ont leur part de responsabilité et ont fini par donner leurs avis sur le phénomène.

Ils se sont retrouvés le 26 juin dernier à Douala pour en discuter, au cours de la 5ème édition de "La Palabre marketing", qui portait sur le thème "Quel marketing mix dans ce contexte de vie chère ?". Pour Gabriel Koueni, directeur de l’agence B&C Communication, intervenant sur le sous thème : " Efficacité des Atl et Btl dans le contexte de vie chère au Cameroun", " les hommes de marketing sont aussi responsables de la vie chère". Simplement, "parce que nous communiquons mal ". Pour lui, il existe, par exemple, beaucoup de stratégies de communication inutiles qui participent finalement à alourdir inutilement les budgets des entreprises.

Il cite, par exemple, des cas de supports installés à l’entrée et même sur le pont du Wouri à Douala.
" Au Tchad, par exemple, il existe une association des journaux privés qui a élaboré un tarifaire unique applicable à tous ", poursuit-il, pour s’étonner de ce qu’au Cameroun c’est chaque organe de presse qui pratique ses propres tarifs. "Pourquoi, par exemple, à Douala le mètre carré d’affichage coûte 50.000 francs Cfa, alors que dans les autres villes on débourse 25.000 francs Cfa ?" dit-il. " La principale cause à la vie chère au Cameroun réside dans le fait que l’on ne consomme pas assez camerounais", soutient Patrice Baemble, responsable marketing de la société Camlait.

Approche intégrée
C’est la raison pour laquelle Abéga Bikanda, revendeur régional (Centre, Sud) de Bat pense qu’il faut créer les conditions d’émergence des " marques fortes chez nous en ces temps de mondialisation ". " Est-ce qu’en consommant camerounais les choses seront moins chères", rétorque Patricia Berthelot, Directeur marketing de la Société anonyme des brasseries du Cameroun (Sabc). Pour elle, "il faut simplement promouvoir l’excellence en pensant aux consommateurs ".

"Mais c’est quoi même le marketing ? Les professionnels font-ils du marketing ? C’est quoi le rôle des départements marketing ?", se demande alors Freddy Tchala de Mtn Cameroon. Bef, selon lui, "on passe plus de temps à faire de la communication qu’à concevoir ". Autre chose qui selon Charly Nganou, consultant à l’agence Exp, plombe les stratégies de marketing, c’est le comportement des agences Atl et Btl. " Les agences Atl et Btl ne sont pas briefées au même moment. Dans le contexte actuel de la vie chère, il faut avoir une approche intégrée et ciblée ", affirme-t-il. Bref, pour reprendre Samuel Ngondi Eboua de Orange Cameroun, " il n’y a pas de remède particulier".

Mais face à cette inflation on a tout de même constaté que certaines entreprises ont adopté des stratégies qui contribuent, malgré tout, à atténuer les effets de vie chère. C’est ainsi que depuis quelque temps, l’on observe sur les marchés de plus en plus des produits en détail. C’est le cas de Chococam, avec le produit Matinal. Nestlé a aussi confectionné des petits emballage accessible aux plus petites bourses, tout comme l’entreprise Camlait à travers Nouriss. Dans le secteur de la téléphonie mobile, la parade à la vie chère se trouve dans le fractionnement des coûts des communications.
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