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VIVRE AUJOURD'HUI | 23 Jun 2008
Immigration : Brussels Airlines vole au-dessus d’un nid de clandestins
La compagnie de transport fait face à plusieurs différends nés de l’expulsion de sans papiers de Belgique.
J.B. Ketchateng

Le 30 mai dernier la compagnie de transport aérien Brussels Airlines à travers sa représentation camerounaise a adressé à travers son avocat une lettre à une de ses clientes, Hermine Rigaud, avec qui elle est en conflit. " Je me réfère à la sommation du 22 mai 2008 adressée à la demande de Mme Hermine Rigaud à l’agence Brussels Airlines Yaoundé, écrit Patrick Roofthooft, le directeur général pour le Cameroun. Nous déplorons que votre cliente ait mal interprété l’avertissement qui lui a été donné lors de son vol aller du 16 mai 2008. "
" Votre cliente n’a en effet jamais fait l’objet d’une quelconque interdiction de voyager sur nos lignes et est toujours la bienvenue à bord de nos lignes pour autant qu’elle se conforme aux consignes de sécurité. Nous regrettons également qu’elle ne soit pas présentée comme prévu à l’embarquement du vol du 23 mai 2008. Nous sommes toutefois disposés à lui rembourser ses coupons retour non-utilisés et nous considérons que l’incident est désormais clos ", conclut le patron de Brussels Airlines au Cameroun.

Cette lettre est le dernier épisode du différend qui oppose cette voyageuse au transporteur. Mais à en croire Me Njouonang Youmbi, l’avocat de Hermine Rigaud, c’est plutôt l’avant-dernier épisode. Contrairement aux assurances de la compagnie, Me Njouonang pense que le nom de sa cliente n’avait point été enregistré parmi les passagers au départ du 23 mai. Mme Rigaud avait en effet reçu de la compagnie un avertissement verbal et écrit dont des autorités policières à l’aéroport de Nsimalen témoignent à travers une attestation. L’avocat conclut donc : " On lui a clairement dit de ne plus revenir. "
Mais pourquoi une telle sanction peut-elle être prise par une compagnie qui cherche à faire des profits à travers ses clients ? Le témoignage de la journaliste d’Africultures, Bibish Marie-Louise Mumbu, publié sur le site internet de ce média panafricain raconte la scène qui a provoqué le différend provoqué par l’expulsion d’un sans-papier lors d’un vol de Sn Brussels entre Bruxelles et Yaoundé le 16 mai. " Un homme, menotté dans le dos, la tête maintenue vers le bas dans un sarcophage et entre ses jambes, s'agite, tenu en laisse par deux policiers. On est en deuxième cabine dans l'avion et les enfants commencent à pleurer et poser des questions. Hermine, Camerounaise d'origine et ce qu'on ignore tous à ce moment-là, travaille à la mairie de Chevilly en France. Elle gueule plus que nous tous, dit que ça ne se fait. "On" attrape son mari pour la calmer, et quand elle veut savoir où "on" l'amène, "on" la descend de l'avion par l'arrière, "on" la plaque au sol et elle a un coude qui l'étrangle à l'étouffer. "

Au bas de l’échelle, l’affaire ne s’est donc point achevée et elle continue comme celle de Ebenizer Folefack, ce Camerounais retrouvé mort le 27 avril dans un centre de rétention en Belgique –suicidé d’après la police belge, assassiné selon des défenseurs des droits de l’homme-, après une tentative ratée d’expulsion dans un vol de Brussels Airlines. Le Collectif Folefack a exigé de la compagnie qu’elle réadmette sur ses vols Serge Fosso –lequel a porté plainte contre le transporteur- qui s’était opposé à l’expulsion du défunt. Ce que Brussels Airlines a refusé le 22 mai. La réponse de Philippe Fontaine le vice-président de Brussels Airlines souligne en plus que la compagnie : "n’a aucun pouvoir décisionnel en matière d’accès et de séjour des ressortissants étrangers sur le territoire belge et elle a, en principe, l’obligation légale de les ramener dans leur pays ". En clair, elle ne peut s’engager comme le demandait le collectif à ne plus transporter les expulsés. C’est ce que rapporte le site d’information Camer.be, animé par des Camerounais de Belgique.
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