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| Directeur de la Publication p. i. Alain Blaise Batongue |
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» Quotidienmutations
VIVRE AUJOURD'HUI | 15 May 2008
Regard : Famille africaine
Disons-le tout de go : il n’est pas harmonieux pour un enfant de vivre dans une famille monoparentale. Eugène Dipanda
L’idéal, c’est en effet de connaître, à la fois, cette joie que procurent les caresses, les repas chauds et les conseils précieux d’une maman ; et ce souffle viril du père qui vous ramène à l’ordre lorsque vous tentez de déraper dans votre comportement, ainsi que cette facilité à vous tirer d’affaires, lorsque vous faites face à un problème financier. La réalité, aujourd’hui, n’est pourtant plus celle-là. Le contexte socioéconomique dans lequel nous vivons a détruit bien de familles. Au point où, rencontrer un père, une mère et leurs enfants vivant sous le même toit est carrément devenu une exception. Surtout dans les tranches d’âge plus jeunes. Quelquefois, c’est le père qui se retrouve seul à élever un ou deux enfants, parce que leur mère a décidé de "punir" ainsi le géniteur ; si elle n’est pas simplement aller chercher fortune ailleurs. Mais, très souvent, c’est la mère qui porte ce fardeau. Avec ce que cela comporte comme déséquilibres et souffrances. Mais, est-ce véritablement un drame ?
Parce que nous sommes en Afrique, avec les réalités qui sont les nôtres en terme de solidarité et d’élargissement du noyau familial, l’absence d’un parent aux côtés de sa progéniture ne devrait pas pour autant avoir un impact sur la vie de ce dernier. On a vu, dans certains cas, des enfants atteindre la maturité sans véritablement savoir qui était leur vrai père, ou même avoir l’identité de celle qui les a mis au monde. Certaines jeunes filles, du fait du décès d’une sœur au moment de l’accouchement, héritent souvent ainsi, des enfants dont elles n’ont jamais connu la douleur. Qu’elles aiment et chérissent pourtant, sans que ni le concerné, encore moins la société ne sache où se trouve la vérité. C’est que, il n’y a pas longtemps en Afrique, un enfant n’appartenait pas qu’à ses géniteurs. Dès qu’il était né, il était celui de la communauté. Laquelle le formait et le forgeait sans discrimination. De son côté, l’enfant avait donc un devoir de respect vis-à-vis de ses pères et de ses mères. D’aucuns, inconsciemment, allaient même jusqu’à accorder plus de respect à l’oncle qu’au vrai père. Un fait remarquable ! Qu’en est-il donc aujourd’hui ?
Il n’est, en effet, pas besoin d’observer dans une boule magique, pour se rendre compte que la société dans laquelle nous évoluons perd de plus en plus ces valeurs si chères à l’Afrique. La solidarité, désormais, a cédé la place à un individualisme aigu. La cellule familiale a explosé en mille morceaux ; au point où, il arrive très souvent à des enfants issus d’un même ventre, de se regarder en chiens de faïence ou, plus grave, de se détester. Conséquence, chacun supporte seul, dans un coin égaré, le poids de la vie. Qui s’avère généralement plus lourd à supporter lorsqu’on a connu des déboires après un amour fructueux, c’est-à-dire celui duquel sont nés des enfants. Alors, on parle de la place et de la fonction du père dans une famille ? Peut-être, faudrait-il d’abord que la famille africaine essaye de retrouver ses valeurs d’antan?
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