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VIVRE AUJOURD'HUI | 15 May 2008
Emilienne Mbida Ella : La quadra aux deux gaillards
Son autorité est insuffisante pour assujettir ses deux adolescents à une discipline minimale.
Jacques Eric Andjick

Le thème de la journée internationale de la famille, qui se célèbre ce jeudi 15 mai 2008, est évocateur : "La place et la fonction du père dans la famille, responsabilité et défi". Certaines familles dont le père est pourtant encore en vie, ne peuvent cependant pas compter sur lui dans l’éducation des enfants. C’est le cas d’Emilienne Mbida Ella, célibataire, mère de deux enfants (19 et 18 ans), qui dit éprouver beaucoup de peine à éduquer seule ses enfants. "Etant donné que leur père les a toujours ignorés", se plaint-elle. Agée d’une quarantaine d’années, Emilienne qui n’a jamais travaillé, est commerçante au marché du Pk 10 à Douala depuis plusieurs années. "C’est grâce à mon petit commerce que je parviens à payer l’école de mes garçons. Et cet argent porte ses fruits. Puisque mon fils aîné est en terminale D à l’institut Saint Louis, et le second est en première F3 à l’Ist", dévoile-t-elle.

Mais, malgré le fait que ses deux enfants semblent bien poursuivre leurs études, leur comportement demeure assez bizarre. "Le fait qu’il n’y ait pas un père à côté pour les gronder ou même les chicoter quand ils déconnent, installe un laisser-aller total à la maison. Mes enfants rentrent à la maison quand ils veulent, et amènent avec eux qui ils veulent. Ils mettent la musique jusqu’au petit matin. Au point où, je suis fatiguée de parler", déplore la dame. Mais cette dernière, qui n’a pas de loyer à payer à la fin du mois, puisqu’elle habite avec ses enfants dans une case laissée par son feu père, reconnaît cependant que ses deux adolescents lui prêtent main forte dans la recherche de l’argent pour la famille.

"Le peu d’argent que je peux gagner au marché, ne sert qu’à manger et à payer la pension. Mais comme j’ai inculqué très tôt la notion de travail et de bricolage à mes garçons, ils font régulièrement des jobs d’électricité et de maçonnerie au quartier, qui leurs permettent de payer leurs tenues de classe, leurs petites fringues et parfois même leur transport pour aller à l’école, lorsque je n’en n’ai pas la possibilité", explique t-elle. Emmanuel et Hilaire Mbida, ses enfants, révèlent cependant que le fait de ne pas connaître leur père est souvent frustrant. "Plusieurs fois, nos amis du quartier nous ont traités d’enfants bâtards", indiquent-ils. "Lorsque nous avons une réunion de parents au quartier, je constate beaucoup plus le dédain et le mépris des voisins mariés à mon égard", poursuit leur mère.
Outre l’autorité sur les enfants et plus de considération, Emilienne est convaincue que la présence d’un père la soulagerait énormément du fardeau des charges de la famille.
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