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| Directeur de la Publication p. i. Alain Blaise Batongue |
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» Quotidienmutations
POLITIQUE | 15 May 2008
20 mai : Le Sdf ne défilera pas dans le Littoral
La coordination du parti dans cette province l’a fait savoir au gouverneur hier. Eugène Dipanda
On en parlait de plus en plus dans les coulisses du Social Democratic Front (Sdf) à Douala. C’est donc chose faite depuis hier, mercredi 14 mai 2008. A travers une lettre signée de M. Jean Michel Nitcheu, président provincial du Sdf pour la province du Littoral, le parti de Ni John Fru Ndi vient clairement d’informer la plus haute autorité administrative de la province, qu’il ne prendra pas part au défilé du 20 mai prochain. La raison de ce renoncement : l’arrêté de M. Faï Yengo Francis signé le 15 janvier 2008, et interdisant toute manifestation publique sur "son" territoire de commandement. "En date du 15 janvier 2008, vous avez signé un arrêté interdisant les manifestations publiques sur toute l’étendue de la province du Littoral. Cet arrêté non limité dans le temps et l’espace constitue une entrave grave aux libertés fondamentales pourtant garanties par les lois de la République", lit-on en substance dans la lettre dont Mutations a reçu copie.
"Le Sdf Littoral conditionne sa participation à la fête de l’Unité nationale par la levée sans ambiguïté et sans équivoque de votre arrêté. Tant qu’il sera en vigueur, cet arrêté aura pour conséquence malheureuse d’exclure une bonne partie de la population du Littoral des festivités marquant cette célébration. Vous serez responsable devant l’histoire de la province du Littoral…", écrit notamment M. Jean Michel Nitcheu au gouverneur du Littoral. Depuis la date de signature de l’arrêté querellé, la plupart des manifestations publiques pacifiques que les partis politiques et même des associations civiles ont tenté d’organiser dans la province du Littoral, et principalement celles qui avait trait au combat contre la modification de la Constitution du 18 janvier 1996, ont brutalement été étouffées par les forces de l’ordre, sur instruction des autorités de la province.
Conditions Dans le même temps pourtant, le gouverneur de la province du Littoral a autorisé la tenue de certaines manifestations publiques à Douala, à l’instar des spectacles de musique de Sean Paul et de Booba ; des meetings politiques relatifs à la célébration de l’anniversaire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) ; des tournées parlementaires des élus du parti au pouvoir ; des carnavals culturels ; et, plus récemment encore, du défilé des travailleurs le 1er mai. Autant de "violations" de l’arrêté de M. Faï Yengo Francis, que la classe politique locale a constamment décriées. Pour ce qui est de la décision du Sdf signifiée au gouverneur hier, le président provincial de ce parti dans le Littoral lui fait savoir que " (…) Les festivités de la fête de l’Unité, à l’instar du défilé que vous présidez illégalement tant que votre propre arrêté ne sera pas levé, se célèbre dans les lieux publics. De même que les réjouissances qui suivent le défilé. Les lieux publics étant frappés d’interdiction par votre arrêté antidémocratique, vous comprenez que je ne saurais jeter en pâture et exposer à la soldatesque la vie des militants dont j’ai la charge.". Pour l’instant, dans ce contexte d’interdiction des manifestations publiques dans le Littoral, les autres partis politiques de l’opposition n’ont pas encore indiqué s’ils prendront part ou non au défilé de mardi prochain à Douala et ses environs. D’autre part, rien, jusqu’à présent, ne laisse penser que le gouverneur Faï Yengo Francis abrogerait les termes de son arrêté avant le 20 mai 2008.
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