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| Directeur de la Publication p. i. Alain Blaise Batongue |
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» Quotidienmutations
INTERVIEW | 29 May 2008
Jean Blaise Gwet : Je fais confiance à Dieu
Jean Blaise Gwet alias Lucky Gwet, est un homme atypique. Si les tracasseries et le harcèlement fiscal auxquels sont confrontés parfois les hommes d'affaires au Cameroun ont finalement eu raison de sa patience, l'obligeant à quitter le pays pour s'installer en France où il continue ses activités, il n'a cependant jamais oublié sa terre natale, dont il prend des nouvelles à longueur de journée comme un nourrisson quêtant le souffle de vie. Entretien mené par Martin Stéphane Fongang et Modeste Mba Mballa (Correspondance particulière)
 Plutôt fier homme et passablement sûr de lui, il aime à rappeler qu'il est " le créateur de la 1ère marque africaine de l'électronique et de l'électroménager (LG Lucky Gwet) ", que " plusieurs Camerounais me connaissent plus sous le nom de monsieur " LG " pour certains et monsieur " Lucky Gwet " pour d'autres. Je suis également le créateur de la marque de téléphone. " JET Worldphone " que plusieurs ménages camerounais utilisent à ce jour. Je suis celui qui fut le sponsor officiel des coupes du Cameroun : En 1998 Dynamo de Douala contre Canon de Yaoundé. De 1999 Canon de Yaoundé contre Coton Sports de Garoua. De 2000 Kumbo Striker contre Canon de Yaoundé. Je suis celui qui fut le 1er sponsor de l'ascension du Mont Cameroun pendant plusieurs années après Guinness Cameroun, et reste le seul Camerounais à l'avoir fait à ce jour.
Je suis celui qui fut pendant plusieurs années successivement de 2001 à 2004, le sponsor officiel des mini marathons de la ville de Yaoundé les 24 Mars et du 6 Avril à l'occasion des anniversaires du Rdpc et des anniversaires de l'ascension à la magistrature suprême du Président de la République Paul Biya, organisés par le Cepas. " S'il a bien volontiers accepté de commenter les dernières évolutions de l'actualité du Cameroun, il n'oublie jamais de rappeler les tribulations des hommes d'affaires au Cameroun. Tout en appelant, sur un ton ferme et manifestement convaincu, autant les Camerounais que les Africains à une consommation des labels africains pour résorber le chômage et relancer l'industrialisation du continent.
Vous semblez plus vivre en France qu'au Cameroun. Comment l'acteur économique que vous êtes est-il parti du Cameroun et pour quels projets ? Je suis, comme vous le dites, un véritable acteur économique, celui qui s'adapte à la mondialisation contre vents et marées. Cependant, ma venue dans la cour des géants, en Europe, a été prématurée même si aujourd'hui j'en remercie le Seigneur. La première raison qui m'ait poussé à tout abandonner au Cameroun et à partir loin, mais alors loin, a été le découragement total de voir un si beau pays avec des opportunités et richesses multiformes, des hommes hautement qualifiés, brillants et battants, prêts à tout donner pour la gloire et l'honneur de leur pays. Au lieu d'être encouragé à faire plus, à aller de l'avant, à créer des emplois, vous devenez plutôt une cible qu'on doit abattre à tout prix. Vulgairement, ils demandent : " il veut nous montrer quoi? " En voulant faire du bien pour votre pays, vous devenez plutôt la cible de tout le monde, même celle des fantômes à la merci de toutes les tracasseries, aussi bien fiscales, douanières, calomnies, coups bas, de la déstabilisation de votre famille, vos amis, et j'en passe. A la fin, vous vous retrouvez à tourner en rond comme un individu ridicule, qui est obligé de choisir l'une des deux solutions qui lui restent, soit entrer dans la corruption, les sectes et autres réseaux mafieux, soit, quand il est noble et confiant en soi, prendre ses clics et ses claques, dire m… en laissant tout tomber, et recommencer à zéro ailleurs et loin. Voilà comment je suis parti du Cameroun.
Vous semblez cependant vous être rapidement adapté… Heureusement, à quelque chose malheur est bon; il se trouve que le secteur d'activité qui est le mien et dans lequel j'exerce, est un secteur de géants et de très hautes technologies qui nécessite une maîtrise et une parfaite connaissance du terrain et des acteurs parmi lesquels les plus connus sont : Philips, LG, Sony, Samsung, Toshiba, Nokia etc.…… D'où la nécessité de proximité qui m'oblige à avoir une base aujourd'hui en Europe et bientôt en Chine, non seulement pour mieux comprendre, apprendre à maîtriser les hautes et nouvelles technologies de ce secteur, mais aussi et surtout aider à donner l'occasion à l'Afrique désormais de ne plus être en décalage par rapport à l'Europe, sur les dernières technologies qui arrivent sur le marché mondial, et qui n'arrivent en Afrique que lorsque leurs normes sont devenues obsolètes. On se retourne alors vers l'Afrique, une des poubelles du monde. Aujourd'hui, ma présence en France a pour objectif de profiter de cette mondialisation positive pour laquelle le progrès technologique et scientifique de l'Europe et de l'Asie doit contribuer au progrès technologique et scientifique de Lucky Gwet pour le bénéfice et l'industrialisation du Cameroun et de l'Afrique.
Vous êtes quand même parti du Cameroun en laissant des casseroles, comme cette affaire d'abus de confiance sur plusieurs dizaines de millions de nos francs avec Edouard Etonde Ekoto, qui est encore pendante dans les tribunaux de Douala… L'exemple que vous citez fait partie des situations pour lesquelles j'interpelle directement le président de la République, Paul Biya, et le Vice-Premier ministre chargé de la Justice à voir en profondeur le dossier de la corruption dans le système judicaire du Cameroun. Tous les abus que j'ai subis dans ce pays, à tous les niveaux et pour lesquels je ne demande aucune réparation, sont les mêmes que vivent tous les jours, des millions de Camerounais qui n'ont aucun moyen de défense. Ces injustices doivent servir d'exemples et de bases pour aider à mettre de l'ordre au Cameroun. Comment un homme peut se lever un matin et dire que vous lui devez 120 millions de Fcfa. Ensuite ce n'est plus 120 millions de Fcfa, c'est 240 millions de Fcfa avec les intérêts de retard. Sans aucune preuve, ni règle. Il ne vous a jamais donné un chèque, il ne vous a jamais fait un quelconque virement bancaire, d'aucun compte que ce soit, encore moins, vous donner des espèces. Rien, aucune preuve, ni trace, ni justificatifs. Il est impensable et anormal que, dans un pays de droit, qu'un homme se lève sans aucun justificatif, et obtienne d'un juge, une hypothèque provisoire sur votre maison. Dans un pays de droit, c'est inimaginable mais vrai au Cameroun. Voilà un exemple de camerounais méchant dans le vrai sens du terme, qui prouve qu'on vit au Cameroun sur une autre planète. Un homme qui a l'argent, le pouvoir, et les honneurs. Comme si tout cela ne lui suffisait pas, il vous humilie jusqu'au plus bas niveau. Il décide alors de vous tuer en vous laissant la vie sauve. Je fais confiance en Dieu et suis sûr qu'il saura trouver une solution à ce problème qui contribue à salir l'image du pays à l'extérieur. Le combat pour l'injustice, l'inégalité, la chance pour tous au Cameroun, ne fait que commencer. L'objectif, n'est plus nous, mais se battre pour donner une chance aux générations futures, et je suis prêt à mourir pour ça. Ce n'est pas la guerre mais il faut une place, un mérite et une justice pour tous dans notre Pays.
Le Cameroun a vécu à la fin du mois de février et début mars de graves émeutes. Comment peut-on interpréter ces violentes manifestations ? Pour tout vous dire, je suis très inquiet. Il y un malaise profond à tous les niveaux au Cameroun. Du plus haut niveau, en passant par les hommes en uniforme, jusqu'au niveau le plus modeste. Des solutions urgentes s'imposent dans le but de remettre tous les Camerounais ensemble vers les mêmes objectifs : La paix, la stabilité politique et économique vers la poursuite de la transition, dans la stabilité des institutions avec une croissance renforcée, certaine et durable.
Près de 2000 jeunes ont été arrêtés et jugés au terme de procès expéditifs. Y a t-il un message d'espoir à adresser aux jeunes Camerounais qui ne vivent pas des moments très heureux aujourd'hui? Je partage les souffrances des parents dont les enfants ont perdu la vie lors des émeutes de février dernier ; je partage les peines qu'éprouvent les parents des enfants qui restent emprisonnés à ce jour ; je partage et vis profondément et sincèrement devant Dieu les souffrances de la jeunesse camerounaise. Mon combat a toujours été d'aider cette jeunesse et notre génération, à relever les défis dans la légalité et la transparence. Tant que Dieu m'accordera un souffle de vie, j'irai jusqu'au bout de mon combat et de mon engagement aux côtés de la jeunesse camerounaise et africaine pour son honneur et son avenir. Cela dit, j'approuve la mesure de clémence qui vient d'être prise par le chef de l'État, Paul Biya, envers tous ces enfants emprisonnés dont la plupart, même s'ils ont été entraînés par des mains invisibles, exprimaient avant tout leur mal vivre et leur volonté de se voir proposer des changements.
Vous êtes un observateur attentif de la scène politique camerounaise. Comment interprétez-vous les dernières arrestations des anciens ministres et d'un directeur général jusque-là en fonction? Savez vous ce qui m'a poussé un matin à tout abandonner au Cameroun et partir? Je vais vous le dire aujourd'hui. Je lance ma campagne sociale de lutte contre la pauvreté au Cameroun au mois de décembre 2004 en mettant en vente au prix de 135 000 Fcfa CFA le réfrigérateur de 150 litres. La publicité est disponible en dernière page de couverture dans les journaux Cameroun Tribune du mois de décembre 2004. Campagne baptisée "Réfrigérateur pour tous", devant aider plusieurs ménages camerounais à petits revenus d'avoir, enfin, l'occasion de s'acheter un réfrigérateur. Le jour même où je lance ma campagne à la radio, télé, et presse, les représentants du fisc se présentent en mon absence dans mon bureau et mes magasins. Ma secrétaire me joint au téléphone, en m'informant qu'ils sont là, avec pour instruction d'encaisser un recouvrement d'impôts, de 3 600 000 Fcfa ou de fermer les magasins. Je prends le téléphone et demande à ces personnes de me donner 48 heures, le temps que je revienne de voyage. Ils m'ont répété avoir des instructions pour fermer et qu'il n'y avait rien à faire. Ils ont bousculé tous les clients dehors, mis tous les employés dehors et fermé tous les magasins et bureaux. Dites- vous bien qu'au moment où ma publicité passe à la radio, à la télé, dans les journaux, et tous les jours, les clients accourent pour venir acheter le "Réfrigérateur pour tous". Que trouvent-ils? Des scellés sur les magasins. Alors là, mes ennemis voulaient m'atteindre : ils avaient trouvé le bon moyen de blesser mon amour propre. J'ai décidé, depuis ce jour là de tout laisser tomber au Cameroun et de partir loin de ce monde où les gens sont méchants. Les containers de marchandises que j'avais en stationnement au port de Douala, payés d'avance, j'ai décidé de leur en faire cadeau et ne plus jamais en entendre parler du Cameroun. Voilà comment des fonctionnaires mettent la pression fiscale au Cameroun, contribuant ainsi à la fermeture de nombreuses entreprises, au chômage de plusieurs milliers de Camerounais sans aucune indemnité ; les uns trouvent la mort, d'autres celle de membres de leur famille en raison du manque du strict minimum pour acheter une boite de médicaments. Sans compter tous les autres préjudices qui découlent de ces fermetures. Pendant ce temps, où est l'argent du contribuable ? Dans la poche du colonisateur. Ce que j'ai vu au Cameroun de mes concitoyens me coupe le souffle. Quand je vois tous ces morts, tous les jours, sur l'axe lourd Yaoundé - Douala, Yaoundé - Bafoussam, et en mémoire, le cliché d'un grand Professeur que le Cameroun à perdu sur l'axe Edéa et Douala en la personne du regretté Roger Gabriel Nlep, faute de soin d'urgence, et qu'à ce jour, ni l'assemblée nationale, ni le ministre de la Santé, n'aient pensé jusqu'à l'heure actuelle mettre des dispensaires d'urgence sur ses axes, je me demande si nos hommes travaillent pour eux ou bien pour le peuple? La réponse est là, avec ce cas du Ministre de la Santé. Et, ça me rappelle le geste d'un ancien Président, qui, pour mettre fin à la corruption dans son pays, a aligné toute la gangrène devant un peloton d'exécution. Heureusement, je suis contre la peine de mort, mais comment ne pas comprendre son geste?
L'autre préoccupation majeure des Camerounais qui sont sortis dans les rues était liée au projet du Président de la République de réviser la constitution de 1996, notamment l'article 6 alinéa 2 sur le nombre de mandats du Président de la République. Quel est votre commentaire, au moment où l'Assemblée nationale à forte majorité RDPC vient de voter l'amendement visant à changer cet article? J'ai trouvé injuste, et ce qui me choque c'est qu'à l'heure où nous traversons une période difficile, marquée par le chômage des jeunes, la crise alimentaire mondiale, la hausse des prix, la baisse du pouvoir d'achat des ménages, et les trous dans les caisses de l'État, au moment même où les enfants crient dans les rues à la recherche de quoi manger, de quoi payer leur scolarité, les députés augmentent leurs avantages (et de combien?) avec l'argent de tous les Camerounais qu'ils se partagent entre eux. Deux milliards cinq cent millions sortis des caisses de l'État. On semble assister à une certaine malédiction des partis politiques au Cameroun. Pensez-vous que ces partis politiques peuvent encore inverser le cours de l'histoire au Cameroun? Non et trois fois non! Il faut des forces nouvelles, portées par de nouveaux hommes animés dans l'âme et dans le cœur d'un amour profond pour le développement du Cameroun et de son peuple, mais aussi et surtout, pour le développement de l'Afrique. La classe politique actuelle a montré ses limites.
Que doivent faire les jeunes? Rester sur place ou s'exiler à leurs risques et périls ? Surtout ne pas partir. Je suis bien placé pour savoir qu'en partant, on ne résout rien. Je dors et vis pour mon pays et je souhaite que ceux qui ont la chance d'y vivre travaillent pour son développement. J'en suis parti pour des raisons que j'ai déjà évoquées et j'exhorte les jeunes, surtout eux dont le régime a le plus peur en raison de leur capacité à se mobiliser en masse, à rester calme, dans la patience. Je prends un cas qui m'est resté à la gorge à ce jour. Lors de la climatisation des services du Premier ministre, à la même époque, j'avais lancé un programme social de climatisation pour tous au Cameroun en mettant en vente le Split à 350 000 Fcfa. J'ai fait une offre au chef du gouvernement de l'époque qui m'a assuré qu'il ne pouvait prendre des équipements ailleurs, compte tenu de mes prix imbattables que j'avais. Malheureusement, entre ce qui se dit et ce qui se fait, c'est le jour et la nuit. Hé oui, au lieu de prendre des climatiseurs chez moi à 350 000 Fcfa, ils ont acheté les équipements moins performants que les miens, pour lesquels la livraison, en plus, n'était pas conforme, à plus de 2 000 000 Fcfa. Pour un total d'au moins 250 climatiseurs.
Le cas le plus récent est en rapport avec les dernières visites du Chef de l'État en France et le dernier déplacement du Premier Ministre et de sa suite à Monaco : des budgets de plus de 100 000 000 Fcfa chaque fois ont été dépensés… Voyant tous ces efforts du Président de la République et de son Chef de Gouvernement, à la recherche des investisseurs et promotion de notre pays, ma position au sein des organes des Pme et Pmi en France, m'oblige à servir mon pays. Je propose donc mes services gratuitement au chef du département du Commerce pour qu'il obtienne tous les accords du Gouvernement, nous permettant de préparer l'arrivée des Pme, Pmi, et artisans Français au camerounais, cela pouvant aider à nouer de nouveaux partenariats devant servir à la création de plusieurs emplois dans notre pays. Malheureusement, les membres de notre gouvernement préfèrent souvent reprendre ces initiatives et les donner à leurs proches, qui ne pourront jamais atteindre les mêmes objectifs que vous. Quand ils ne les mettent pas tout simplement dans les tiroirs ou aux oubliettes. En conclusion, les membres de notre gouvernement veulent tous devenir des politiciens, au service du parti majoritaire, en oubliant leur mission principale : les attentes du peuple et du chef de l'État.
Quel sentiment avez-vous lorsque vous voyez un pays producteur de pétrole et ayant d'énormes potentialités énergétiques subir à longueur de journée le délestage et des coupures d'eau et être continuellement la proie du choléra? C'est un scandale. L'horreur absolue que de voir ce que Dieu a fait du Cameroun et ce que les Camerounais eux-mêmes en font. Deuxième potentiel hydroélectrique d'Afrique et pas un jour sans coupure de courant. Des projets, toujours des projets de barrages. Entre temps, l'économie stagne du fait de l'insuffisance de l'énergie électrique. Le gouvernement devrait avoir honte. Dans un monde de plus en plus compétitif qu'est ce qui peut être fait au niveau du Cameroun pour aider les entreprises (créatrices d'emploi à valeurs ajoutées) qui œuvrent dans divers domaines ? Le seul problème est celui du choix des hommes et doit d'abord passer par un changement profond de mentalité et de comportement des membres de gouvernement et des responsables de budget. Ils doivent être des serviteurs au service de tous les Camerounais, devant aider à la promotion de toute entreprise relevant de son département, avec pour priorité, encourager les entreprises créatrices d'emplois à valeurs ajoutées. Alors qu'aujourd'hui, on assiste à un scandale généralisé à tous les niveaux. Très souvent, la plupart des responsables de notre pays ont coutume, une fois nommés à une quelconque responsabilité, d'aller chercher, soit des Libanais, soit des Indiens, si non, ils vont au village, prendre le cousin planteur, la sœur couturière, la belle- sœur vendeuse de bouillie, et voilà notre nouvelle équipe d'hommes d'affaires du ministre dont le règne durera aussi jusqu'au prochain remaniement. Ils ont tous les marchés, ils n'ont pas d'employés, ils n'ont qu'une petite patente de 50 000F CFA, leurs voitures remplacent leur bureau. Pour réaliser leurs marchés, ils prennent l'avion, ils vont tout acheter en France.
Vous avez participé au dernier sommet de l'Union Africaine comme Homme d'affaires invité. Pourquoi l'Afrique ne décolle pas contrairement à l'Asie ? Je vous remercie de revenir sur le dernier sommet de l'Union Africaine qui s'est tenu au mois de janvier dernier à Addis-Abeba en Éthiopie, sommet auquel avait pris part également, le Président Paul Biya. Ma présence à ce sommet était sur invitation spéciale de l'Union Africaine pour représenter tout le secteur privé du Cameroun, y compris les ONG et la société civile. Outre cette simple présence, j'étais également co-président d'une des trois sous -commissions. Elles avaient pour tâche l'analyse profonde de tous les obstacles qui minent l'Afrique dans son Industrialisation, propositions de solutions, recommandations aux Chefs d'états africains pour un partenariat plus juste, avec pour objectif principal, l'aide, le soutien, l'accompagnement, la mise en place des mécanismes économiques et financiers devant aider le secteur privé africain dans son développement, et son industrialisation. L'Afrique a tout pour décoller, il faut des gestionnaires africains dotés d'amour dans leur cœur pour leur pays et pour l'Afrique. Malheureusement, il n'y a que des bandits avides d'argent qui se succèdent. Le grand obstacle, c'est l'Afrique noire, et plus particulièrement, l'Afrique centrale.
L'Afrique tarde toujours à mettre sur le marché mondial des projets " made in Africa ". Comment comprendre cela? Cela se justifie par un point important. C'est vrai qu'il faut des infrastructures en Afrique. Mais le point le plus important est le manque de volonté politique des dirigeants africains et surtout camerounais à soutenir des initiatives dans lesquelles ils n'ont aucun intérêt. 1ér exemple : j'avais à l'époque une usine d'assemblage de postes de téléphone " made in Cameroun " sous ma propre marque " JET Wordphone " distribués par le ministère des PTT de l'époque. Il a fallu qu'un ministre vienne dans ce département, pour que toutes les unités d'assemblage de postes de téléphones de l'époque au Cameroun disparaissent. Uniquement pour la simple raison qu'il passait toutes les commandes à ses propres amis qui prenaient l'avion et allaient s'approvisionner en Europe. En conséquence, il a contribué à faire disparaître le secteur et à la mise de tous les employés au chômage.
Il y a un second exemple? Oui. C'est le cas LuckyGwet dont les appareils sont utilisés dans tout le Cameroun, dans toutes les administrations, à la présidence de la République, à l'Assemblée nationale, la garde présidentielle, la gendarmerie, la police, les ministères et la plupart des ménages au Cameroun. Depuis que je me bats dans ce programme créateur de plusieurs milliers d'emplois au Cameroun, avec pour ambition finale, le transfert de technologies dans notre pays, je n'ai jamais eu le soutien du Cameroun si minime soit-il. Aujourd'hui je profite de cet espace que vous m'offrez pour lancer un appel au gouvernement. Car l'heure est grave, il faut créer des emplois et donner du travail à nos frères. Pour cela, j'ai besoin du soutien du gouvernement, et de financements nécessaires pour créer dans les 4 mois à venir des agences LuckyGwet dans chaque province du Cameroun, et créer ainsi, au moins entre 50 et 100 emplois immédiatement et 250 à 500 emplois dans l'année qui suit avec pour objectif final, l'implantation d'une usine de fabrication de téléviseurs LCD, plasma, Ordinateurs, des réfrigérateurs, climatiseurs et voire pourquoi pas d'autres appareils de notre large gamme de produits. Il est temps que le gouvernement corrige sa vision sur la politique économique de notre pays, et utilise l'argent à créer de l'emploi, et de la valeur ajoutée. Ces grosses multinationales ne viendront jamais installer des usines en Afrique. C'est à nous de le faire. Et pour cela, nous devons commencer à encourager et à consommer nos propres produits et nos labels, l'industrialisation de l'Afrique ne sera possible que si on le comprend un jour. Les Africains doivent arrêter les théories et de faire de beaux discours. Ils doivent passer aux faits...
Dans un Cameroun de demain, comment réparer les impairs et injustices qui ont été commis ? Comment penser l'avenir, comment penser demain ? Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. N'imaginons pas notre pays, vivons-le en travaillant au départ de ceux qui freinent son épanouissement pour un changement dans la préservation et la modernisation des acquis. La continuité et l'amélioration du système existant avec la participation de tous les Camerounais. Je ne suis pas partisan d'une chasse aux sorcières mais d'une commission "vérité et réconciliation" qui remettrait tous les fils et les filles ensemble pour travailler main dans la main, pour un changement profond des Camerounais et du Cameroun.
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