Directeur de la Publication Alain Blaise Batongue
   

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SUPPLEMENT COM | 11 Nov 2008
Bakassi : Les otages embrouillent les quotidiens
Affirmations et démentis se sont succédés dans la presse au sujet de cette actualité dont on n'a pas fini de parler.
Parfait Tabapsi

Comme nous l'écrivions dans ces colonnes vendredi dernier, bien malin qui pourra pérorer sur le sort de Faustin Boyomo et Zéphirin Boloko, les deux Camerounais qui ont été enlevé avec huit étrangers dans les eaux territoriales camerounaises dans la nuit du 30 au 31 octobre dernier par un groupe se réclamant des Bakassi Freedom Fighters. Une "prise d'otages" qui a fait couler salive et encre depuis lors dans la presse camerounaise. Elle qui, dans un élan patriotique a chassé sur les terres des ravisseurs.

Dans sa livraison du lundi trois novembre, La nouvelle expression écrit : "on ne sait encore rien des revendications des ravisseurs qui disent avoir fait parvenir leurs revendications au gouvernement camerounais depuis trois mois pour des négociations de paix et n'ont pas reçu de réponse. Mais en attendant, le colonel Dari a affirmé à la chaîne Europe 1 que " nous ne l'avons pas fait pour l'argent. (....) " En même temps, il a affirmé qu'ils ne veulent " pas exactement "l'indépendance de la péninsule de Bakassi." Plus loin, un autre article fait état de ce que " Les Bakassi Freedom Fighters (Bff) peuvent au moins se prévaloir d'une victoire qui, à défaut d'être éminemment politique, revêt un caractère symbolique : le retour précipité de Paul Biya, jusque là en villégiature en Suisse." Tout en mentionnant que les Bff sont une "Excroissance du Conseil de défense et de sécurité du delta du Niger (Niger Delta Defense and Security Council".

Trois jours plus loin et après le ramdam des agences de presse et le passage de M. Dari sur les antennes des radios internationales, Le Messager s'interroge : "A-t-on tué des otages à Bakassi?" Dans l'impossibilité d'avoir une source indépendante, le journal de Pius Njawe se retourne vers les sources officielles pour s'entendre dire au niveau de la cellule de crise mise sur pied par le ministère de la Défense que "On est juste là pour recueillir les informations. Nous allons transmettre à notre hiérarchie". Il n'en saura pas plus du côté de la mission diplomatique française pour qui "La discrétion s'impose". D'où la conclusion alarmante : "Il n'est donc pas exclu que les Bakassi freedom fighters (Bff) soient en train de manipuler l'opinion. Ou alors le contraire."

Le lendemain, Le jour titre : "Bakassi : l'armée nigériane attaque les preneurs d'otages". Une tentative manquée de libération qui aurait eu lieu la veille et qui a pour bilan un blessé "de race blanche" parmi les otages. A l'intérieur, l'article indique aussi que "des officiels du groupe Bourbon sont rentrés en contact avec les otages mardi 4 novembre autour de 21 heures". Le lendemain et à la même place, on peut lire que "Les rebelles nigérians menacent les intérêts pétroliers français", eux qui "accusent Paris d'avoir commandité l'attaque de leur base par la marine nigériane". Mais déjà, les familles s'interrogent sur ce qui advient de leurs ressortissants. Surtout que les ravisseurs n'ont pas manqué de semer la confusion et le doute dans les esprits en revenant sur les informations liées à la mort d'un otage et dont Mutations en avait fait l'ouverture de l'édition du jeudi 6 novembre dernier.
Du côté des analystes, on ne manque pas de faire le lien avec d'autres événements comme le braquage des banques à Limbe, les assauts répétés du Groupe le Delta du Niger.

C'est ce qui semble ressortir de l'édition d'hier de La Nouvelle Expression où on peut lire : "En localisant l'ensemble de ces événements dans le Golfe de Guinée, on peut se demander s'il n'y a pas une corrélation avec les enjeux géostratégiques de cette région et de son statut. On peut même aller jusqu'à postuler que l'Accord de Greentree, n'a été qu'une feuille de vigne qui cache des questions stratégiques bien plus profondes. Avec ces réserves on pourrait par conséquent supputer que les Bakassi Freedom Fighters ou même les hommes du " Cdt " Ebi Dari, sont des groupes qui, dans la confusion des remises en cause des Etats du Golfe de Guinée, pourraient être instrumentalisés à des fins politiques". En attendant d'y voir plus clair, peut-être faudrait-il garder espoir avec ces propos de l'ambassadeur tunisien à Yaoundé qui disait vendredi dans le même journal "Dans ce genre de situation, il faut s'armer de patience, faciliter la tâche au négociateur".
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