Directeur de la Publication Alain Blaise Batongue
   

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SYMBIOSE | 31 Dec 2008
Protection de la nature : La crise financière menace l'environnement
Les participants au forum international des médias ont fait ce constat las de leurs travaux.
Marie Robert Eloundou à Viterbo (Correspondance particulière)

L'Ong Greenaccord dont le siège est à Rome (Italie), a poussé un cri d'alarme à l'occasion des assises du sixième forum international des médias pour la protection de la nature, du 25 au 28 novembre 2008. A l'occasion, des journalistes et experts réunis à Viterbo, une banlieue de la capitale italienne, ont échangé sur l'impact aggravant de la crise financière internationale sur la dégradation de la nature. "La biodiversité est inséparable des problèmes de croissance économique et de développement", a déclaré d'emblée Gian Paolo Marchetti, le président de Greenaccord.

Si la thématique retenue cette année: "Environnement et développement des pays du Tiers-monde", a semblé trop large, elle n'aura pas été moins fondamentale, de l'avis l'universitaire américain Joseph Tainter, chef du département environnement et société de l'Utah State University. "La crise financière internationale va cristalliser plus d'attention, mobiliser plus d'énergie et absorber de moyens colossaux. Le risque pour les questions environnementales d'en subir les conséquences est évident". D'autres voix se sont jointes à la sienne pour marquer leurs inquiétudes face au contexte mondial qui induit des projections plus qu'alarmistes.

On aura ainsi retenu l'indignation du journaliste burundais Gabriel Nikundana. "Globalement, les moyens colossaux que va mobiliser la communauté internationale (Etats et institutions) pour juguler la crise financière entraîneront forcement une certaine contraction des disponibilités, laquelle se répercutera sur les aides et prêts divers à l'Afrique". Le rédacteur en chef de la radio Isanganiro émettant à Bujumbura (Burundi), croit savoir que la crise économique est un obstacle à la lutte contre le changement climatique notamment qui nécessite des moyens importants au plan de l'adaptation des transferts de technologie. D'autant que le gaz carbonique et autres fluides nocifs émis par les industries lourdes et les moteurs à essence ne cessent d'endommager la couche d'ozone qui protège la terre des rayons du soleil en dépit des promesses faites par les pays occidentaux (plus gros pollueurs), de réduire les quantités de gaz émises par leurs Etats respectifs.

C'est pour cette raison que de nouvelles normes ont été fixées, et un mécanisme international mis en place afin de pénaliser les pollueurs en cas d'infraction. Les pays pauvres bénéficient de ce système grâce aux dons qu'ils reçoivent pour mettre en œuvre des projets permettant d'éliminer des gaz à effet de serre. L'incidence de la crise financière sur ce dispositif de lutte contre la dégradation de la nature est susceptible de compromettre et la lutte contre la dégradation du climat mondial au moment où l'Onu constate la croissance des émissions de gaz à effet de serre. Ces prévisions non moins sombres interpellent les journalistes dans leurs actions dans la lutte contre le changement climatique.

Surtout que le président de la République italienne Giorgio Napolitano, parrain du sixième forum international des médias pour la protection de la nature, "la presse a un rôle important dans la prise de conscience collective sur la question de l'environnement". En guise de réponse, le journaliste burkinabé Moussa Sawadogo définit la mission de la presse dans ce combat: "Le rôle positif de la presse est alors de voir comment les autorités et les différents acteurs agissent pour préserver l'environnement à partir des connaissances existantes d'une part et d'autre part comment ils mettent en œuvre les solutions d'adaptation pour réparer les dégâts causés par le changement climatique. Donner des informations concrètes est la base pour une prise de conscience collective. En procédant ainsi, le journaliste rejoint les acteurs environnementaux dans un même combat: après la recherche, il faut communiquer et éduquer".
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