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VIVRE AUJOURD'HUI | 31 Dec 2008
Affaire Lapiro : Ndinga Man devra attendre…
Hier, la Cour d'appel du Littoral a renvoyé le procès de l'artiste au 27 janvier 2009.
Eugène Dipanda

Ceux qui avaient encore espoir que M. Lambo Sandjo Pierre Roger (Lapiro de Mbanga) pourrait passer la Saint Sylvestre en compagnie de sa famille, se sont vite rendus à l'évidence. Hier, mardi 30 décembre 2008, la seconde audience de l'artiste à la Cour d'appel du Littoral s'est avéré aussi brève que le premier rendez-vous d'il y a un mois avec les juges. L'affaire pour laquelle Lapiro de Mbanga est poursuivi, entre autres crimes, pour "complicité de pillage en bande", a en effet été renvoyée à la date du 27 janvier 2009. Raison évoquée : la mise en état du dossier de procédure et la citation du ministère des Finances comme partie civile au procès.

Le 25 novembre dernier, l'affaire avait en effet été remise au 30 décembre 2008, pour "retour des citations des parties civiles et composition régulière de la cour". Il s'avère cependant que devant le collège des juges de la chambre criminelle de la Cour d'appel du Littoral hier, non seulement les absences de la Société des plantations de Mbanga (Spm) et celle de la Société des eaux minérales du Cameroun (Semc), toutes deux parties civiles dans le cadre de cette procédure, ont été observées ; en plus, une autre partie civile, le ministère des Finances en l'occurrence, n'a pas reçu de citation à comparaître. Un prétexte de renvoi qui a suscité quelques échanges entre les avocats de Lapiro de Mbanga et les juges ; Me Lévy Deffo estimant notamment que le ministère des Finances n'est jamais intervenu dans cette affaire, et que c'est plutôt le Centre divisionnaire des Impôts de Mbanga qui est concerné ici.

Un argument que la Cour a aussitôt rejeté, prétextant que le centre des Impôts de Mbanga n'est qu'un démembrement du Minfi, qui en assure la tutelle. Autre sujet de discussion soulevé par Me Deffo, la non communication à temps de la liste des témoins du ministère public à la défense, tel que le prévoit la loi. Et là, la sortie d'une avocate générale représentant le ministère public a surpris plus d'un. "Nous n'avons pas de témoins", a-t-elle laisser entendre, alors que, le même ministère public avait fait comparaître une dizaine de témoins à charge au Tribunal de grande instance du Moungo. En tout cas, la défense de Ndinga Man dit avoir "pris acte" de cette déclaration, et promet de s'y appuyer lors de la prochaine
audience.

Hier, Lapiro de Mbanga est apparu décontracté comme d'habitude. Il avait revêtu une tenue entièrement blanche, avec un tee-shirt flanqué d'une mention pour le moins curieuse : 2011, c'est demain. En cette veille de nouvel an, de nombreux parents et ses quatre enfants ont effectué le déplacement de Douala pour venir souhaiter leurs vœux de courage à leur papa condamné à trois ans de prison ferme le 25 septembre 2008 à Nkongsamba. Selon les accusateurs, Lapiro de Mbanga aurait pris une part active dans les émeutes de la faim qui ont paralysé une partie du Cameroun en février dernier. Ce que l'accusé nie en bloc depuis le déclenchement de la procédure. L'opinion, elle, y voit un procès politique du fait de l'engagement du chanteur contre la modification de la Constitution de son pays intervenue il y a quelques mois.
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