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| Directeur de la Publication Alain Blaise Batongue |
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» Quotidienmutations
ECONOMIE | 31 Dec 2008
Consommation : Reculade devant les rayons des commerces
Le ravitaillement à la veille de Noël explique cette baisse de l'effervescence. Sainclair Mezing
Plus besoin de se lever aux aurores pour avoir un taxi à destination du centre ville à Yaoundé. Encore moins proposer une forte somme d'argent pour voyager en surcharge après de longues heures d'attente au bord d'une rue assaillie par une clientèle nombreuse. Une situation qui semble également avoir eu raison sur la déferlante vers les magasins et autres lieux de vente. Ce n'est plus vraiment la grande bousculade que la capitale a vécue la semaine dernière. Les bouchons constatés jusque-là ont pratiquement cédé place à la fluidité des jours ordinaires. Dans les grandes surfaces, l'on peut désormais circuler avec aisance sans risque de se voir bousculer à défaut de se faire dépouiller. Au supermarché Casino, ancien Score, serveuses et serveurs, le regard dans le vide, se tournent les pouces.
Des minutes durant, pas grand monde devant les guichets, comme ce fut le cas la semaine dernière à pareil moment. Juste quelques clients déambulent à travers différents rayons pour contempler les articles sans que certains ne daignent en acheter. Tandis que de l'extérieur, quelques badauds lèchent les vitrines. Le spectacle n'est non plus reluisant chez Arno. En lieu et place des clients, certains vigiles et personnels, certainement dans le but de chasser l'oisiveté, préfèrent eux-mêmes faire le tour des rayons. Abordant avec une grande gentillesse le moindre visiteur qui s'aventure par là. Au marché du Mfoundi, les vivres sont sur les étals, mais attendent toujours désespérément acheteurs. Ici, le moindre passant est hélé par certaines revendeuses qui par moments sont tout simplement réduites au sommeil. Au marché de Mokolo, les bayam sellam se trouvent parfois dans l'obligation de baisser le prix des vivres.
Dans l'espoir d'attirer la clientèle. Même jusque-là, il faut attendre des minutes durant pour voir quelque client s'approcher. Cette baisse de l'affluence ne va pas sans avoir de motivations. Chacun y allant de son cas personnel pour expliquer cette situation. Pour Eléonore Mbolo, ménagère au quartier Anguissa, "le peu d'engouement des gens dans les magasins est dû au fait que beaucoup non seulement n'ont pas d'argent, mais ont fait un ravitaillement global pour les deux fêtes." Louis Tsafack, commerçant au marché central, justifie ce recul de la clientèle par le "faible pouvoir d'achat des populations et de la cherté du coût de la vie." Marguerite Bidja, femme au foyer à Nlongkak, trouve que "les gens ont beaucoup fait les courses pour Noël. Ce qui fait que les gens ont encore beaucoup de réserves dans les frigos et congélateurs."
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