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| Directeur de la Publication Alain Blaise Batongue |
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» Quotidienmutations
POLITIQUE | 31 Dec 2008
Jamais d'impasse pour Bush
Il existe dans une démocratie digne de ce nom, des moyens de protester contre les injustices : on peut manifester (pacifiquement) dans la rue. Par Xavier Messè
On peut tenir des conférences pour ceux qui disposent des capacités matérielles. On peut écrire des articles dans des journaux ou publier des livres pour ceux qui ont des armes intellectuelles. Il y en a qui utilisent cet ensemble de moyens pour dénoncer et condamner les injustices de toute nature, l'essentiel étant de s'exprimer convenablement et librement dans une démocratie pour dénoncer les maux et travers d'une société. Ailleurs, d'autres personnes vont jusqu'au sacrifice de leur vie pour protester. Ces kamikazes ne sont pas toujours des personnes instrumentalisées et manipulées. Parmi eux, il existe des personnes excédées, humiliées dans leur âme, dans leur communauté ou dans leur croyance. Le don de leur personne devient le seul moyen d'expression qu'elles retiennent en posant des actes symboliques qui alertent l'opinion.
Nous avons encore en mémoire l'étudiant Yann Palach qui s'immola par le feu sur la place publique à Prague, lorsque l'Urss envahit son pays la Tchécoslovaquie en 1968. Une rue porte son nom à Prague aujourd'hui. L'Irak, ce vieux pays millénaire a contribué à façonner la mémoire collective de l'humanité. Au-delà de ce mérite incontestable de conservation, c'est un peuple fier et jaloux de son historicité, conscient d'être un pan de l'épicentre du patrimoine culturel mondial. Voilà qu'un matin, sur la base de montagnes de mensonges, George Bush, alors président des Etats-Unis, a envahi ce pays, le déstabilise, tue ses dirigeants, contraint les millions de personnes à la vadrouille, à l'exil. Ce président-là, au crépuscule de son règne totalement raté, pousse le toupet, voire l'inconscience et la provocation en se rendant à Bagdad pour dire " au revoir " aux Irakiens comme le ferait un véritable ami.
Mountazer al Zaï, ce journaliste irakien qui assistait à la conférence de presse de Bush, a troqué sa plume contre ses chaussures qu'il a lancées sur la face du président américain. Ce geste fort symbolique a rappelé à George Bush que les Irakiens humiliés, l'Irak spolié, il existe dans ce pays des personnes qui utiliseraient l'arme dont elles disposent pour protester, laver ne serait-ce que symboliquement cette humiliation. Mountazer al Zaï l'a fait. Il rappelé par ce geste que Bush ne sera jamais l'ami de l'Irak. Mountazer est un héro. Une place, une rue ou une place porterait un jour son nom en Irak. En revanche, il n'est pas acquit que le nom de George Bush soit un jour attribué même à une impasse.
Une absence qui réjouit
Maroua avait fini de faire sa toilette des beaux jours. Cette ville déjà reconnue comme soucieuse de sa propreté attendait ses visiteurs. Le Fenac lui donnait certes l'opportunité de remettre ses beaux habits. Mais cette grande toilette dissimulait une autre raison : le président Paul Biya avait manifestement donné son accord de se rendre à la 7ème édition du Fenac. Sa résidence bâtie majestueusement sur le versant nord de la colline sur laquelle est juchée celle du gouverneur de la région de l'Extrême nord avait reçu à la hâte des aménagements appropriés. Dès l'annonce de la très probable arrivée du chef de l'Etat à Maroua, le gouverneur Amadou Tidjani parti en pèlerinage à la Mecque, avait rejoint précipitamment sa ville, s'obligeant un itinéraire tortueux et onéreux à condition d'arriver dans sa ville avant le Prince. Ici et là, la sécurité était renforcée dans cette métropole.
Trois jours avant l'ouverture du Fenac, une autre information vient infirmer la première : Paul Biya ne sera pas de la fête! La tension retombe. Le festival peut commencer, naturellement, sans excès de sécurité. Un fonctionnaire du Minesup originaire du grand nord commente : " Paul Biya n'a pas apprécié la pression dont il était l'objet de la part des députés du Septentrion au sujet de l'entrée des ressortissants de ce secteur à L'Ens… ". Un festivalier de son côté se réjouit : "S'il [le président] était venu ici, la Gp aurait cerné la ville et le festival aurait perdu de sa spontanéité. " Quels qu'en soient les cas, Paul Biya à Maroua pendant le festival, l'histoire de la République l'aurait retenu. Cette visite aurait fait des heureux : les hommes politiques de l'Extrême Nord. Elle aurait fait des moins heureux : les festivaliers. Et comme c'est eux qui faisaient l'évènement, ce non visite n'est pas en fait, une si mauvaise chose.
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